|
 Sobika.com : Les mentalités ont beaucoup changé à
Madagascar, c’est un fait mais qu’en est-il du pouvoir d’achat des
Malgaches qui à l’instar du Franc Malgache, ne cesse de se déprécier
et décrédibilise ainsi la politique du gouvernement ?
SEM JPR : Effectivement c’est une réalité que l’on observe. Mais
de l’avis même des spécialistes, cette réalité est apparue
à la suite de l’émergence de notre monnaie nationale, l’Ariary. Il
faut inscrire cela dans le contexte international, ce sont des problèmes techniques,
beaucoup plus que la traduction d’une situation que je dirai conjoncturelle. Car sur
le plan de la conjoncture économique, les choses, sans
qu’elles soient parfaites bien entendu, vont plutôt dans le bon sens. Quand
vous avez une croissance, pour l’année 2003, qui est a
hauteur de 9,6%, et un taux d’inflation qui est maintenant connu, -1%
environ, c’est vous dire qu’en terme de pouvoir d’achat et par rapport à
la conjoncture, vous avez là plutôt une situation favorable.
Maintenant, il est vrai que ce n’est pas en quelque mois
de sortie de crise que tout d’un coup, même avec une conjoncture favorable,
l’on va obtenir un pouvoir d’achat en augmentation significative.
Ce qu’il faut retenir c’est que les bases de
l’économie malgache sont là, sont renforcées, ce qui a permis cette,
et on ne peut pas encore parler certes d’expansion on en est
pas encore là, mais de croissance. Avec une croissance soutenue on
obtiendra une expansion et l’on s’y retrouvera au niveau social, au
niveau du pouvoir d’achat. Je dirai qu’il est trop tôt pour avoir
une appréciation quand à ce pouvoir d’achat et sur la question de
savoir si oui ou non la politique économique du gouvernement est la
bonne pour retrouver cette expansion que tout le monde souhaite.
Mais les faits sont la, les bases sont favorables.
Et cette réalité est constatée non seulement pas les observateurs
locaux mais aussi par les bailleurs de fond qui nous disent que
Madagascar est sur la bonne voie et cela depuis la deuxième réunion
des amis de Madagascar, en Octobre dernier.
 Sobika.com : Qu’en est il de la notation de la
Coface ?
SEM JPR : La Coface est un organisme très prudent,
par définition. Et par définition, cette prudence peut
éventuellement aller vers une sorte d’excès de prudence. C’est un
organisme de réassurance et il faut le comprendre. Et il ne faut pas
nécessairement prendre le classement établi par la Coface comme
étant la traduction d’une "réalité vérité". Il faut prendre en
compte que c’est un organisme dont la mission est d’être très
prudente en ce qui concerne notamment le classement de Madagascar et
qui peut l’amener a être en deçà de la réalité et c’est l’une des
actions que nous souhaitons mener, c’et a dire de servir à la coface
la réalité des choses à Madagascar pour que nous ayons une notation
qui corresponde cette fois ci à la réalité.
M
Andrianarisoa (conseiller économique) : Pour en revenir au pouvoir
d’achat, il est normal que le pouvoir d’achat soit encore très bas
car il ne faut pas oublier que toute une partie de l’économie a été
arrêtée pendant 6 mois donc il faut bien voir que les Malgaches
n’ont pu commencer a travailler réellement qu’en 2003. Il a fallu
faire revenir les entreprises de la zone franche, relancer les
industries nationales
 Madanight : Au 16 Mars 2004, l’Etat Malgache a
fait Etat de 125 morts, 165 disparus et 125 000 sans abris suite au
passage du cyclone Gafilo. Vous revenez donc d’un séjour à
Madagascar, confirmez vous ces chiffres et quelle est la situation
actuellement ?
SEM JPR : Les
chiffres que vous avez sont les derniers, je les confirme [NDLR : malheureusement, depuis
cette conférence de presse, le bilan s'est encore alourdi]. Ce qu’il faut
dire à propos de ce cyclone c’est que jamais Madagascar, depuis
plusieurs années maintenant, n’a connu de telles
violences. Non seulement ce cyclone a été violent mais il
y a eu 3 cyclones successifs qui ont couvert Madagascar
dans tous les sens. Elita est venu de l’Ouest, ce qui
est inhabituel à Madagascar, avec une telle violence et avec un aller
retour. Même chose pour Gafilo qui lui est
venu de l’Est, avec une violence décuplée par rapport a Elita. D’ou le
nombre très importants de victimes et de destructions.. Soavinandriana, Antalaha complètement
détruits, le bilan est lourd.
Les autorités Malgaches prennent les choses en
main, appuyées par la communauté internationale qui est réagi très
rapidement pour venir en aide. Ces réactions sont venues de nombreux
pays et même de pays avec lesquels nous n’avons pas habituellement
de relations particulières. Je pense à l’Arabie Saoudite, la Libye
chez qui s’est tenu le dernier sommet de Syrte et auquel le
Président de la république et notre ministre des affaires étrangères
ont participé avec succès.
J’en profite pour rendre hommage à l’ensemble de
la communauté malgache de France car vous savez qu’elle s’est
mobilisée et continue de le faire ce qui nous a permis quand on est
venu a Madagascar, d’amener avec nous 500 kilos d’effets
vestimentaires, de chaussures et de médicaments plus une somme
certes pas énorme mais c’est l’intention qui compte, une somme de 11
millions de Francs Malgaches. Mais ce n’est qu’un début parce que si
vous visitez nos locaux, ceux ci sont pleins de cartons qui nous
restent a acheminer de la part de la communauté malgache de France.
A mon initiative, l’organisation mondiale de la francophonie a
répondu assez rapidement à ma demande d’aide puisqu’elle a alloué à
l’Etat malgache une somme de 15 000€
Sur ces catastrophes, il y a eu une mobilisation
et une volonté très forte de reconstruction afin d’essayer de
résoudre ces problèmes sur le long terme et c’est ce qui se fait a
Madagascar, de part les moyens dont disposent les autorités
malgaches avec l’aide de la communauté internationale.
 Sobika.com : les effets de ces cyclones sur
la croissance ?
SEM JPR : Je ne suis pas un économiste mais
nécessairement, cela aura des effets sur l’économie locale. Mais
l’essentiel est la volonté de reconstruction et de réhabilitation et
je n’ai aucun doute sur cela. Des plantations de vanille ont été par
exemple ravagées par Gafilo. J’ai par exemple bavardé avec certains
producteurs de vanille et nous ne doutons pas de la capacité de
réaction de ces planteurs pour aller de l’avant.
M Ralison (conseiller économique) : Par rapport a l’économie, comme vous
le savez, le dossier Madagascar est à l’étude au FMI et nous venons
d’apprendre l’accord de déblocage d’une première tranche pour le
programme de réduction de la pauvreté. Cela pour faire suite à la
polémique qu’il y a eu de cela quelques semaines, suite aux
déclarations de Monsieur Manandafy lui même.
SEM JPR : Le Président de la République a des
relations personnelles avec notamment le directeur du FMI, avec le
Président de la communauté européenne, M Prodi, avec le Président de
la banque mondiale, avec tous les responsables de nos bailleurs
multilatéraux et bilatéraux. Ce qu’il faut souligner est que le
Président de la république a pris un certain nombre d’initiatives et
continuera a en prendre d’autres qui sortent un peu pour certaines
de l’orthodoxie de gestion de ces organisations internationales et
je pense notamment au FMI. Orthodoxie de gestion qui il faut bien le
reconnaître impose au bénéficiaire de l’aide internationale des
positions, des décisions qui trop souvent vont a l’encontre du
développement de ces pays la. Or le Président de la république
lorsqu’il a par exemple décidé de la détaxation d’un certain nombre
de produits a l’importation et d’autres mesure du meme esprit est
sorti de cette orthodoxie de gestion mais qui, sur la durée, sont
adaptées a cette nécessité de donner un coup de fouet a l’économie
malgache et c’est le cas. Et finalement, et c’est le cas du
directeur général du FMI, ils ont reconnu que ces mesures sont de
nature a relancer l’économie malgache. Et n’oublions pas que cette
mesure a été prise pour une durée de 2 ans.
M
Andrianarisoa : Un changement de
mentalité s’impose chez les Malgaches, que ce soit à Madagascar ou ici
en France. Avec l’avènement de ce dynamique Président de la
République qui a changé beaucoup de choses depuis, on pense que cet
homme pourra tout faire, que ce sera M. Ravalomanana qui va faire
remonter la croissance en une année. La lutte ne se termine pas avec la
mise en place d’un homme et il faut que tous les Malgaches en
prennent conscience. Et il faut que la presse malgache prenne conscience
du rôle important qu’elle doit jouer, non pas en tant que presse de
"commentaires" mais presse d’informations.
 Tim France : Pour en revenir au cyclone et pour
rassurer nos compatriotes de la diaspora, comment se passe
l’attribution des dons à Madagascar?
SEM JPR : Très
simple. Voici un aperçu de la chaîne complète : a
la réception des colis à l’ambassade, des dons, on enregistre nominalement.
On sait qui a donné et on attribue à chaque donateur
un récépissé. L’ambassade s’occupe ensuite de l’acheminement qui est une opération
pas simple du tout. Nous avons du négocier avec toutes les
compagnies aériennes qui desservent Madagascar (Air Madagascar, Air France
et Corsair) qui nous ont ainsi accordé des facilités pour le
fret. L’acheminement est donc gratuit, l’ambassade ne prend en charge que
les frais annexes.
Sur place, un seul organisme centralise tous les
dons : le conseil national de Secours (CNS) que nous avons vu
fonctionner lors de notre passage à Madagascar pour la remise des
dons de nos compatriotes. Cette cérémonie solennelle a fait l’objet
de quelques articles dans la presse locale. Au sein de l’ambassade,
c’est M. Ralison qui s’occupe donc de cette cellule d’urgence que
nous avons mise en place.
 Madanight : Que pouvez vous nous dire par rapport
à l’affaire du ferry Samson ? La responsabilité de l’Etat Malgache a
été mise en cause. Des familles des victimes, comoriennes et
malgaches portent plainte.
SEM JPR
: Je dois
vous avouer que je n’ai pas beaucoup d’éléments la dessus. Le ferry
est semble-t-il géré par une entreprise indépendante. La responsabilité de
l’Etat Malgache je ne la vois pas. Dès lors qu’un bâtiment est
exploité par une société privée, c’est la responsabilité de cette société que
d’assurer tous les moyens de sécurité en l’occurrence. Est ce que
le navire en question répondait a tous les critères de sécurité,
je ne sais pas, je n’ai pas d’éléments de réponse et
d’information.
Mais une enquête
est donc diligentée et il appartient a cette enquête de déterminer
ou se trouve les imputabilités et au delà, les responsabilités. Donc
attendons.
 Sobika.com : A Madagascar, pourquoi le GUIDE
(Guichet Unique d'aide à la création d'entreprise) n’enregistre-t-il
pas un taux satisfaisant de demandes ? Qu’est-ce qui freine ?
SEM JPR : Il n’y a
pas de freinage. Tout simplement, la aussi, c’est une question de temps.
Il faut d’abord que les investisseurs eux-mêmes prennent conscience de l’existence
a Madagascar d’un terrain favorable. Et c’est d’ailleurs dans cet esprit
la que l’ambassade organise des missions économiques pour
forcer un peu la main aux investisseurs potentiels. Donc
pas de frein, les autorités malgaches font
tout pour créer des conditions favorables. Avec la
France, notons par exemple cet accord sur la protection
réciproque des investissements. C’est une première parmi les pays en
développement, seul Madagascar a signé un tel accord. Il y a, comme
vous le rappelez fort justement, le G.U.I.D.E. Le nom est d’ailleurs
prédestiné, puisque c’est autant pour faciliter que pour guider
les investisseurs dans leurs démarches a Madagascar. Et n’oublions
pas l’arsenal législatif et réglementaire qui donne un environnement
juridique tout a fait incitatif.
Il faut encore
progresser dans la libéralisation mais on ne peut pas
non plus libéraliser totalement, comme le souhaitent certains investisseurs étrangers
certains secteurs qui nécessitent encore des protections . Par exemple, l’agriculture car
ce sont des secteurs stratégiques et tous les pays ont des
secteurs stratégiques qu’il faut encore protéger avant qu’ils ne
s’ouvrent aux pays étrangers. Mais il y a des
fenêtres, des entrées possibles pour les étrangers , ce
n’est pas une fermeture hermétique.
Donc pas de frein mais plutôt des ouvertures. Mais
des ouvertures contrôlées, c’est normal. Nous sommes un pays qui
souhaitons réhabiliter tous nos secteurs d’activité qui pour
certains nécessitent une injection d’investissements qui viennent
soit des capacités intérieures soit des investisseurs étrangers.
L’essentiel est de trouver un bon compromis entre les deux de sorte
que l’économie malgache se développe de façon harmonieuse et c’est
le sens que nous donnons à nos partenariats afin que Madagascar ne
devienne pas un pays de simple exploitation. Nous sommes un pays qui
rengorgeons de ressources considérables mais pour autant nous ne
souhaitons pas être réduit a une simple terre d’exploitation, nous
souhaitons maîtriser l’exploitation de nos ressources
 Sobika.com : quelles sont les incitations que vous
envisagez pour le retour des malgaches de la diaspora a Madagascar ?
Les aides, etc.
SEM JPR : Bonne question.
Le Président Ravalomanana est tout a fait conscient de cela, c’est
l’un des sujets sur lesquels nous avons parlé et discuté avec lui.
Et il nous dit ceci : évidemment il y
a un gisement en termes de compétences qu’il convient d’exploiter pour que ce capacités
puissent servir Madagascar. Mais est ce que pour autant il faut accorder à
ces Malgaches de l’extérieur un régime préférentiel ? La question
se pose mais je dirais qu’il n’est pas pensable d’accorder une sorte
de préférence sur le plan social, sur le plan fiscal, financier.
Il ne serait pas justifiable d’accorder a ces Malgaches la
un régime privilégié.
Donc entre ce principe et celui d’inciter les
Malgaches de l’extérieur a s’intéresser davantage a Madagascar non
seulement dans le domaine économique mais dans tous les secteurs,
oui il y a des initiatives a prendre mais la aussi, il faut bien
évaluer les choses. Vous imaginez les problèmes que cela poserait
dans la vie politique si jamais les gens sentent qu’il y a un régime
privilégié accordé aux malgaches de l’extérieur, tout simplement
parce qu’ils sont de l’extérieur ? Donc il y a matière a réflexion
sur ce point particulier pour "inciter ". C’est tout le sens des
projets que nous avons ici à l’ambassade. Nous annoncerons un
certain nombre d’initiatives vers le mois de Mai. Nous sommes la
pour faciliter les choses mais il appartient aux créateurs et aux
porteurs de projets d’assurer eux mêmes leur compétitivités vis a
vis des opérateurs étrangers par exemple.
M.
Randrianarisoa : La
législation à Madagascar permet à tout le monde, étranger ou malgache, d’avoir toutes les
incitations possibles. Vous avez le choix entre le régime de droit commun
ou le régime de la zone franche. En optant pour le
régime de la zone franche, vous avez des déductions fiscales
de 5 jusqu'à 15 ans. Et cela est valable
pour n’importe quel malgache de madagascar, de France ou d’ailleurs.
Pour le régime de droit commun, vous pouvez demander à l’Etat malgache une
exonération de taxes sur les intrants ou sur la TVA par exemple. Mais on ne peut
pas légiférer dessus, ce sont des négociations de gré à gré entre les entreprises et
l’Etat.
Et pour en revenir a des aides spécifiques aux
malgaches de l’étranger, imaginez le tollé que cela provoquerait sur
place. Et nous recevons beaucoup de nos compatriotes a l’ambassade
qui souhaitent investir sur place et la première chose qu’ils
demandent est : "quelles aides pouvons nous avoir? Que peut faire
l’Etat pour nous, que va-t-il me donner ?" Et la je leur demande :
"quel est votre projet ?". Et la réponse est souvent : "Je n’ai
pas de projet".
SEM JPR : Entendons nous bien par rapport à ce que
vient de dire M. Randrianarisoa. Des aides oui, mais des aides qui
s’inscrivent dans un ensemble de dispositifs incitatifs. C’est le
mot incitatif qu’il faut retenir. L’aide ne viendra que si vous
entrez dans le dispositif incitatif qui est mis en place.
Nous sommes disposé au sein de l’Ambassade a
conduire des missions économiques vers Madagascar, composés
exclusivement d’opérateurs malgaches désireux d’investir à
Madagascar. Mais ces missions ne concerneront que des projets
particuliers, ce ne seront pas des projets de prospection mais bien
d’investissement. Ce seront donc des projets bien définis, bien
décrits sur tous les aspects économiques, techniques et financiers
renseignés.
M.
Randrianarisoa : Nous avons emmené 4 missions
d’opérateurs économiques étrangers à Madagascar depuis le début de
notre installation à l’ambassade. Lors de la première mission, nous
avons emmené 22 entreprises à Madagascar. Sur ces 22 entreprises,
cela s’est traduit par 15 installations.
 Madanight : Quel est votre position officielle sur
des initiatives comme le L.I.E.N ?
SEM JPR : Aucune. Pourquoi voulez vous que nous
ayons une position officielle sur une initiative privée qui n’a rien a
voir avec mes activités ? Encore une fois, c’est l’exercice d’une
liberté qui est celle de tout un chacun. J’appelle tout simplement
au sens des responsabilités et je n’ai pas de position officielle a
faire valoir.
M.
Randrianarisoa : Le Président Ravalomanana nous
a précisé clairement qu’il n’appuie pas, qu’il n’a donné aucun ordre
à qui que ce soit sur ce projet. D’après ce que l’on a lu ici et là
on pourrait penser le contraire, qu’il y a l’appui du Président:
hors ce n’est absolument pas le cas
SEM JPR : C’est ce que je disais dans ma
déclaration préliminaire, le Président de la république n’a donné
aucune mission, aucun accord que ce soit par rapport à la prise de
position de ces gens qui composent le LIEN. Le Président de la
république n’est impliqué en rien la dedans et encore une fois, je
le précise, le Président de la république a son ambassadeur ici, le
Président de la république a son ambassade ici et seuls ceux la le
représentent et sont a même de délivrer un message soit directement
de sa part , soit indirectement. Nous sommes la représentation de l’
Etat ici et personne d’autre n’a le droit de le faire.
 Sobika.com : Nous avons réalisé une interview il y
a quelque temps vous mettant directement en cause lors de la visite
officielle du Président de la république. Votre sentiment la dessus
?
SEM JPR : Je vois a qui vous faites allusion.
C’est une personne qui a souhaité s’incruster de façon indue lors de
la visite officielle du Président de la république. Et on ne
s’incruste pas de façon indue.
M.
Randrianarisoa : M Rajaonarivony a déclaré que nous l’avons
"dégommé" de cette mission, à savoir la communication du
Président à Paris. Croyez vous franchement que si c’était un ordre Présidentiel,
cela se serait passé comme cela ? On n’agit pas a l’encontre
des ordres du Président. Pour M. Rajaonarivony, avec les personnes qu’il a
cité, dont Mireille Rakotomalala, était ce la voie légale ou bien
la voie légale c’est le Président qui dit a
son ambassadeur : "occupez vous de ma communication ?"
A partir de ce moment là, il était tout naturel
que M. l’ambassadeur signifie à M Rajaonarivony que le Président lui
avait demandé d’assurer sa communication. Que cela soit clairement
dit par rapport a tout ce qui s’est raconté.
 Madanight : M. Rajaonarivony a donc déclaré qu’il
avait reçu des instructions du ministère de la communication, en la
personne de Mireille Rakotomalala. Tout cela ne fait-il pas un peu "
conflit" ?
SEM JPR : Non, il n’y a pas de conflit. Il y a eu
tout simplement, je le redis encore une fois, tentative
d’incrustation indue et cela n’est pas acceptable pour une situation
aussi importante puisqu’il s’agissait d’assurer la communication du
Président de la république a l’occasion de sa visite officielle.
Donc la dessus il faut être intraitable, je l’ai été et j’assume
complètement les décisions que j’ai prises
 Sobika.com : Pourquoi ne pas avoir passé un
communiqué ?
SEM JPR
: Mais pourquoi voulez vous que
l’on donne de l’importance à quelque chose qui
n’en a pas ? Pourquoi publier un communiqué sur un incident malheureux
en soi ? Nous assumons des responsabilités qui sont des
responsabilités Etatiques. La diplomatie est une affaire d’Etat ce n’est pas une
affaire d’initiatives privées. Or certains s’en sont saisi pour prétendre, et je fais
la allusion par exemple au KmmR (relations Internationales), représenter la diplomatie malgache.
Rien n’empêche de suggérer des idées mais pas de
saisir de cette mission éminemment Etatique qu’est la diplomatie. Il
faut être culotté pour essayer d’outrepasser cette mission, je suis
très respectueux des prérogatives et des personnes et quand il
s’agit de faire valoir ces prérogatives et de respecter les
personnes, je suis intraitable. Je suis très critiqué la dessus,
certains disent de moi "il se prend pour qui ?", mais non, j’ai mes
responsabilités a prendre et je les assume. Donc voilà ce que l’on
peut dire sur cet incident ridicule.
 Madanight : Certaines personnes ont été investi a
certains moments du titre d’ambassadeur chargé de représenter le
Président de la République. Qu’en est-il exactement de tout cela ?
SEM JPR : Je
suis le premier concerné puisque cette personne à qui vous faites allusion avait
exactement la même mission que moi même. Or a cette époque, cette personne a
prétendu qu’elle était l’ambassadeur itinérant et le représentant personnel et
exclusif du Président de la république. Or j’avais la même mission que
lui. Et est-ce que j’ai clamé haut et fort auprès
des malgaches que je suis moi ambassadeur itinérant ?
J’ai, pour tout
vous dire, puisque vous posez la question, signalé cette situation au Président
de la république car pour moi il était déjà Président de la république
puisque cela a commencé au mois de janvier 2002 et que j’ai été moi
même missionné des le mois de Décembre, quand il est
venu. Mais je me suis très vite aperçu que je ne pouvais
pas travailler avec une telle personne puisque le Président de
la république a souhaité que nous travaillons en tandem.
J’ai dit très nettement au Président de la
république : "je ne peux pas travailler avec cette personne, vous
lui confiez la totalité de la mission si vous le souhaitez, je reste
a votre disposition mais je ne peux pas travailler avec cette
personne." Et il m’a répondu très nettement : "Continuez" . Et
donc j’ai continué, à ma façon en travaillant tous ces milieux
politiques français, de mon réseau si je puis dire, de mes
connaissances et lui faisant la même chose, seulement avec une
grande différence des sens de la responsabilité et de caractère, il
s’est comporté comme vous savez.
 Madanight : C’est à dire ?
SEM JPR : Vous avez pu observer comment il se
comportait ! On ne va pas refaire l’histoire , ce n’est pas
intéressant.
 Madanight : L’équipe Présidentielle n’est pas
vraiment issue du sérail politique. Cela ne risque-t-il pas de poser
problème ?
SEM JPR
: Non. Le Président de la république n’est
pas obligé de s’entourer de politiques. L’essentiel pour le Président
de la république est que ses idées, ses décisions puissent être transmises
notamment au niveau gouvernemental, de façon efficace. Regardez par
exemple l’équipe du Président Chirac. C’est une équipe
composée de technocrates, a part peut être M Jérôme Monod qui
est le conseiller du Président Chirac et qui peut être considéré
comme un homme politique. Mais pour le reste, ce sont
des technocrates, des gens avant tout compétents, capables de transmettre
les messages et instructions présidentiels.
Il faut qu’il y ait quotidiennement un lien
permanent, direct entre le Président de la république et en
l’occurrence le gouvernement et chacun des membres du gouvernement.
Donc voilà l’équipe Présidentielle, elle est ce qu’elle est, vous
observerez que les relations entre le chef de l’Etat et le chef du
gouvernement ainsi que les membres du gouvernement sont bonnes. Vous
observerez également que toutes les décisions Présidentielles sont
appliquées avec quelquefois quelques ajustements ici et la mais quoi
de plus normal ? Donc une équipe de technocrates, vous avez par
exemple comme conseiller spécial M Ratsirahonana, M Manandafy ou
encore M Marson Evariste. Ils sont consultés en fonction de la
conjoncture, en fonction des nécessités politiques.
|