Jerry Marcoss - Kawitry


Dah-mama Tonton Sola


Ambondrona - Ajanony

Nom d'utilisateur :

Mot de passe :



Pas encore inscrit ?



 

Point Presse Ambassade de Madagascar

Publié le 22/03/2004 05:45 par elman

 
 Sobika.com : Les mentalités ont beaucoup changé à Madagascar, c’est un fait mais qu’en est-il du pouvoir d’achat des Malgaches qui à l’instar du Franc Malgache, ne cesse de se déprécier et décrédibilise ainsi la politique du gouvernement ?
SEM JPR : Effectivement c’est une réalité que l’on observe. Mais de l’avis même des spécialistes, cette réalité est apparue à la suite de l’émergence de notre monnaie nationale, l’Ariary. Il faut inscrire cela dans le contexte international, ce sont des problèmes techniques, beaucoup plus que la traduction d’une situation que je dirai conjoncturelle. Car sur le plan de la conjoncture économique, les choses, sans qu’elles soient parfaites bien entendu, vont plutôt dans le bon sens. Quand vous avez une croissance, pour l’année 2003, qui est a hauteur de 9,6%, et un taux d’inflation qui est maintenant connu, -1% environ, c’est vous dire qu’en terme de pouvoir d’achat et par rapport à la conjoncture, vous avez là plutôt une situation favorable.
 
Maintenant, il est vrai que ce n’est pas en quelque mois de sortie de crise que tout d’un coup, même avec une conjoncture favorable, l’on va obtenir un pouvoir d’achat en augmentation significative. Ce qu’il faut retenir c’est que les bases de l’économie malgache sont là, sont renforcées, ce qui a permis cette, et on ne peut pas encore parler certes d’expansion on en est pas encore là, mais de croissance. Avec une croissance soutenue on obtiendra une expansion et l’on s’y retrouvera au niveau social, au niveau du pouvoir d’achat. Je dirai qu’il est trop tôt pour avoir une appréciation quand à ce pouvoir d’achat et sur la question de savoir si oui ou non la politique économique du gouvernement est la bonne pour retrouver cette expansion que tout le monde souhaite.
 
Mais les faits sont la, les bases sont favorables. Et cette réalité est constatée non seulement pas les observateurs locaux mais aussi par les bailleurs de fond qui nous disent que Madagascar est sur la bonne voie et cela depuis la deuxième réunion des amis de Madagascar, en Octobre dernier.
 
 Sobika.com : Qu’en est il de la notation de la Coface ?
SEM JPR : La Coface est un organisme très prudent, par définition. Et par définition, cette prudence peut éventuellement aller vers une sorte d’excès de prudence. C’est un organisme de réassurance et il faut le comprendre. Et il ne faut pas nécessairement prendre le classement établi par la Coface comme étant la traduction d’une "réalité vérité". Il faut prendre en compte que c’est un organisme dont la mission est d’être très prudente en ce qui concerne notamment le classement de Madagascar et qui peut l’amener a être en deçà de la réalité et c’est l’une des actions que nous souhaitons mener, c’et a dire de servir à la coface la réalité des choses à Madagascar pour que nous ayons une notation qui corresponde cette fois ci à la réalité.
 
M Andrianarisoa (conseiller économique) : Pour en revenir au pouvoir d’achat, il est normal que le pouvoir d’achat soit encore très bas car il ne faut pas oublier que toute une partie de l’économie a été arrêtée pendant 6 mois donc il faut bien voir que les Malgaches n’ont pu commencer a travailler réellement qu’en 2003. Il a fallu faire revenir les entreprises de la zone franche, relancer les industries nationales
 
 Madanight : Au 16 Mars 2004, l’Etat Malgache a fait Etat de 125 morts, 165 disparus et 125 000 sans abris suite au passage du cyclone Gafilo. Vous revenez donc d’un séjour à Madagascar, confirmez vous ces chiffres et quelle est la situation actuellement ?
SEM JPR : Les chiffres que vous avez sont les derniers, je les confirme [NDLR : malheureusement, depuis cette conférence de presse, le bilan s'est encore alourdi]. Ce qu’il faut dire à propos de ce cyclone c’est que jamais Madagascar, depuis plusieurs années maintenant, n’a connu de telles violences. Non seulement ce cyclone a été violent mais il y a eu 3 cyclones successifs qui ont couvert Madagascar dans tous les sens. Elita est venu de l’Ouest, ce qui est inhabituel à Madagascar, avec une telle violence et avec un aller retour. Même chose pour Gafilo qui lui est venu de l’Est, avec une violence décuplée par rapport a Elita. D’ou le nombre très importants de victimes et de destructions.. Soavinandriana, Antalaha complètement détruits, le bilan est lourd.
 
Les autorités Malgaches prennent les choses en main, appuyées par la communauté internationale qui est réagi très rapidement pour venir en aide. Ces réactions sont venues de nombreux pays et même de pays avec lesquels nous n’avons pas habituellement de relations particulières. Je pense à l’Arabie Saoudite, la Libye chez qui s’est tenu le dernier sommet de Syrte et auquel le Président de la république et notre ministre des affaires étrangères ont participé avec succès.
 
J’en profite pour rendre hommage à l’ensemble de la communauté malgache de France car vous savez qu’elle s’est mobilisée et continue de le faire ce qui nous a permis quand on est venu a Madagascar, d’amener avec nous 500 kilos d’effets vestimentaires, de chaussures et de médicaments plus une somme certes pas énorme mais c’est l’intention qui compte, une somme de 11 millions de Francs Malgaches. Mais ce n’est qu’un début parce que si vous visitez nos locaux, ceux ci sont pleins de cartons qui nous restent a acheminer de la part de la communauté malgache de France. A mon initiative, l’organisation mondiale de la francophonie a répondu assez rapidement à ma demande d’aide puisqu’elle a alloué à l’Etat malgache une somme de 15 000€
 
Sur ces catastrophes, il y a eu une mobilisation et une volonté très forte de reconstruction afin d’essayer de résoudre ces problèmes sur le long terme et c’est ce qui se fait a Madagascar, de part les moyens dont disposent les autorités malgaches avec l’aide de la communauté internationale.
 
 Sobika.com : les effets de ces cyclones sur la croissance ?
SEM JPR : Je ne suis pas un économiste mais nécessairement, cela aura des effets sur l’économie locale. Mais l’essentiel est la volonté de reconstruction et de réhabilitation et je n’ai aucun doute sur cela. Des plantations de vanille ont été par exemple ravagées par Gafilo. J’ai par exemple bavardé avec certains producteurs de vanille et nous ne doutons pas de la capacité de réaction de ces planteurs pour aller de l’avant.
 
M Ralison (conseiller économique) : Par rapport a l’économie, comme vous le savez, le dossier Madagascar est à l’étude au FMI et nous venons d’apprendre l’accord de déblocage d’une première tranche pour le programme de réduction de la pauvreté. Cela pour faire suite à la polémique qu’il y a eu de cela quelques semaines, suite aux déclarations de Monsieur Manandafy lui même.
 
SEM JPR : Le Président de la République a des relations personnelles avec notamment le directeur du FMI, avec le Président de la communauté européenne, M Prodi, avec le Président de la banque mondiale, avec tous les responsables de nos bailleurs multilatéraux et bilatéraux. Ce qu’il faut souligner est que le Président de la république a pris un certain nombre d’initiatives et continuera a en prendre d’autres qui sortent un peu pour certaines de l’orthodoxie de gestion de ces organisations internationales et je pense notamment au FMI. Orthodoxie de gestion qui il faut bien le reconnaître impose au bénéficiaire de l’aide internationale des positions, des décisions qui trop souvent vont a l’encontre du développement de ces pays la. Or le Président de la république lorsqu’il a par exemple décidé de la détaxation d’un certain nombre de produits a l’importation et d’autres mesure du meme esprit est sorti de cette orthodoxie de gestion mais qui, sur la durée, sont adaptées a cette nécessité de donner un coup de fouet a l’économie malgache et c’est le cas. Et finalement, et c’est le cas du directeur général du FMI, ils ont reconnu que ces mesures sont de nature a relancer l’économie malgache. Et n’oublions pas que cette mesure a été prise pour une durée de 2 ans.
 
M Andrianarisoa : Un changement de mentalité s’impose chez les Malgaches, que ce soit à Madagascar ou ici en France. Avec l’avènement de ce dynamique Président de la République qui a changé beaucoup de choses depuis, on pense que cet homme pourra tout faire, que ce sera M. Ravalomanana qui va faire remonter la croissance en une année. La lutte ne se termine pas avec la mise en place d’un homme et il faut que tous les Malgaches en prennent conscience. Et il faut que la presse malgache prenne conscience du rôle important qu’elle doit jouer, non pas en tant que presse de "commentaires" mais presse d’informations.
 
 Tim France : Pour en revenir au cyclone et pour rassurer nos compatriotes de la diaspora, comment se passe l’attribution des dons à Madagascar?
SEM JPR : Très simple. Voici un aperçu de la chaîne complète : a la réception des colis à l’ambassade, des dons, on enregistre nominalement. On sait qui a donné et on attribue à chaque donateur un récépissé. L’ambassade s’occupe ensuite de l’acheminement qui est une opération pas simple du tout. Nous avons du négocier avec toutes les compagnies aériennes qui desservent Madagascar (Air Madagascar, Air France et Corsair) qui nous ont ainsi accordé des facilités pour le fret. L’acheminement est donc gratuit, l’ambassade ne prend en charge que les frais annexes.
 
Sur place, un seul organisme centralise tous les dons : le conseil national de Secours (CNS) que nous avons vu fonctionner lors de notre passage à Madagascar pour la remise des dons de nos compatriotes. Cette cérémonie solennelle a fait l’objet de quelques articles dans la presse locale. Au sein de l’ambassade, c’est M. Ralison qui s’occupe donc de cette cellule d’urgence que nous avons mise en place.
 
 Madanight : Que pouvez vous nous dire par rapport à l’affaire du ferry Samson ? La responsabilité de l’Etat Malgache a été mise en cause. Des familles des victimes, comoriennes et malgaches portent plainte.
SEM JPR : Je dois vous avouer que je n’ai pas beaucoup d’éléments la dessus. Le ferry est semble-t-il géré par une entreprise indépendante. La responsabilité de l’Etat Malgache je ne la vois pas. Dès lors qu’un bâtiment est exploité par une société privée, c’est la responsabilité de cette société que d’assurer tous les moyens de sécurité en l’occurrence. Est ce que le navire en question répondait a tous les critères de sécurité, je ne sais pas, je n’ai pas d’éléments de réponse et d’information.
 
Mais une enquête est donc diligentée et il appartient a cette enquête de déterminer ou se trouve les imputabilités et au delà, les responsabilités. Donc attendons.
 
 Sobika.com : A Madagascar, pourquoi le GUIDE (Guichet Unique d'aide à la création d'entreprise) n’enregistre-t-il pas un taux satisfaisant de demandes ? Qu’est-ce qui freine ?
SEM JPR : Il n’y a pas de freinage. Tout simplement, la aussi, c’est une question de temps. Il faut d’abord que les investisseurs eux-mêmes prennent conscience de l’existence a Madagascar d’un terrain favorable. Et c’est d’ailleurs dans cet esprit la que l’ambassade organise des missions économiques pour forcer un peu la main aux investisseurs potentiels. Donc pas de frein, les autorités malgaches font tout pour créer des conditions favorables. Avec la France, notons par exemple cet accord sur la protection réciproque des investissements. C’est une première parmi les pays en développement, seul Madagascar a signé un tel accord. Il y a, comme vous le rappelez fort justement, le G.U.I.D.E. Le nom est d’ailleurs prédestiné, puisque c’est autant pour faciliter que pour guider les investisseurs dans leurs démarches a Madagascar. Et n’oublions pas l’arsenal législatif et réglementaire qui donne un environnement juridique tout a fait incitatif.
 
Il faut encore progresser dans la libéralisation mais on ne peut pas non plus libéraliser totalement, comme le souhaitent certains investisseurs étrangers certains secteurs qui nécessitent encore des protections . Par exemple, l’agriculture car ce sont des secteurs stratégiques et tous les pays ont des secteurs stratégiques qu’il faut encore protéger avant qu’ils ne s’ouvrent aux pays étrangers. Mais il y a des fenêtres, des entrées possibles pour les étrangers , ce n’est pas une fermeture hermétique.
 
Donc pas de frein mais plutôt des ouvertures. Mais des ouvertures contrôlées, c’est normal. Nous sommes un pays qui souhaitons réhabiliter tous nos secteurs d’activité qui pour certains nécessitent une injection d’investissements qui viennent soit des capacités intérieures soit des investisseurs étrangers. L’essentiel est de trouver un bon compromis entre les deux de sorte que l’économie malgache se développe de façon harmonieuse et c’est le sens que nous donnons à nos partenariats afin que Madagascar ne devienne pas un pays de simple exploitation. Nous sommes un pays qui rengorgeons de ressources considérables mais pour autant nous ne souhaitons pas être réduit a une simple terre d’exploitation, nous souhaitons maîtriser l’exploitation de nos ressources
 
 Sobika.com : quelles sont les incitations que vous envisagez pour le retour des malgaches de la diaspora a Madagascar ? Les aides, etc.
SEM JPR : Bonne question. Le Président Ravalomanana est tout a fait conscient de cela, c’est l’un des sujets sur lesquels nous avons parlé et discuté avec lui. Et il nous dit ceci : évidemment il y a un gisement en termes de compétences qu’il convient d’exploiter pour que ce capacités puissent servir Madagascar. Mais est ce que pour autant il faut accorder à ces Malgaches de l’extérieur un régime préférentiel ? La question se pose mais je dirais qu’il n’est pas pensable d’accorder une sorte de préférence sur le plan social, sur le plan fiscal, financier. Il ne serait pas justifiable d’accorder a ces Malgaches la un régime privilégié.
 
Donc entre ce principe et celui d’inciter les Malgaches de l’extérieur a s’intéresser davantage a Madagascar non seulement dans le domaine économique mais dans tous les secteurs, oui il y a des initiatives a prendre mais la aussi, il faut bien évaluer les choses. Vous imaginez les problèmes que cela poserait dans la vie politique si jamais les gens sentent qu’il y a un régime privilégié accordé aux malgaches de l’extérieur, tout simplement parce qu’ils sont de l’extérieur ? Donc il y a matière a réflexion sur ce point particulier pour "inciter ". C’est tout le sens des projets que nous avons ici à l’ambassade. Nous annoncerons un certain nombre d’initiatives vers le mois de Mai. Nous sommes la pour faciliter les choses mais il appartient aux créateurs et aux porteurs de projets d’assurer eux mêmes leur compétitivités vis a vis des opérateurs étrangers par exemple.
 
M. Randrianarisoa : La législation à Madagascar permet à tout le monde, étranger ou malgache, d’avoir toutes les incitations possibles. Vous avez le choix entre le régime de droit commun ou le régime de la zone franche. En optant pour le régime de la zone franche, vous avez des déductions fiscales de 5 jusqu'à 15 ans. Et cela est valable pour n’importe quel malgache de madagascar, de France ou d’ailleurs. Pour le régime de droit commun, vous pouvez demander à l’Etat malgache une exonération de taxes sur les intrants ou sur la TVA par exemple. Mais on ne peut pas légiférer dessus, ce sont des négociations de gré à gré entre les entreprises et l’Etat.
 
Et pour en revenir a des aides spécifiques aux malgaches de l’étranger, imaginez le tollé que cela provoquerait sur place. Et nous recevons beaucoup de nos compatriotes a l’ambassade qui souhaitent investir sur place et la première chose qu’ils demandent est : "quelles aides pouvons nous avoir? Que peut faire l’Etat pour nous, que va-t-il me donner ?" Et la je leur demande : "quel est votre projet ?". Et la réponse est souvent : "Je n’ai pas de projet".
 
SEM JPR : Entendons nous bien par rapport à ce que vient de dire M. Randrianarisoa. Des aides oui, mais des aides qui s’inscrivent dans un ensemble de dispositifs incitatifs. C’est le mot incitatif qu’il faut retenir. L’aide ne viendra que si vous entrez dans le dispositif incitatif qui est mis en place.
 
Nous sommes disposé au sein de l’Ambassade a conduire des missions économiques vers Madagascar, composés exclusivement d’opérateurs malgaches désireux d’investir à Madagascar. Mais ces missions ne concerneront que des projets particuliers, ce ne seront pas des projets de prospection mais bien d’investissement. Ce seront donc des projets bien définis, bien décrits sur tous les aspects économiques, techniques et financiers renseignés.
 
M. Randrianarisoa : Nous avons emmené 4 missions d’opérateurs économiques étrangers à Madagascar depuis le début de notre installation à l’ambassade. Lors de la première mission, nous avons emmené 22 entreprises à Madagascar. Sur ces 22 entreprises, cela s’est traduit par 15 installations.
 
 Madanight : Quel est votre position officielle sur des initiatives comme le L.I.E.N ?
SEM JPR : Aucune. Pourquoi voulez vous que nous ayons une position officielle sur une initiative privée qui n’a rien a voir avec mes activités ? Encore une fois, c’est l’exercice d’une liberté qui est celle de tout un chacun. J’appelle tout simplement au sens des responsabilités et je n’ai pas de position officielle a faire valoir.
 
M. Randrianarisoa : Le Président Ravalomanana nous a précisé clairement qu’il n’appuie pas, qu’il n’a donné aucun ordre à qui que ce soit sur ce projet. D’après ce que l’on a lu ici et là on pourrait penser le contraire, qu’il y a l’appui du Président: hors ce n’est absolument pas le cas
 
SEM JPR : C’est ce que je disais dans ma déclaration préliminaire, le Président de la république n’a donné aucune mission, aucun accord que ce soit par rapport à la prise de position de ces gens qui composent le LIEN. Le Président de la république n’est impliqué en rien la dedans et encore une fois, je le précise, le Président de la république a son ambassadeur ici, le Président de la république a son ambassade ici et seuls ceux la le représentent et sont a même de délivrer un message soit directement de sa part , soit indirectement. Nous sommes la représentation de l’ Etat ici et personne d’autre n’a le droit de le faire.
 
 Sobika.com : Nous avons réalisé une interview il y a quelque temps vous mettant directement en cause lors de la visite officielle du Président de la république. Votre sentiment la dessus ?
SEM JPR : Je vois a qui vous faites allusion. C’est une personne qui a souhaité s’incruster de façon indue lors de la visite officielle du Président de la république. Et on ne s’incruste pas de façon indue.
 
M. Randrianarisoa : M Rajaonarivony a déclaré que nous l’avons "dégommé" de cette mission, à savoir la communication du Président à Paris. Croyez vous franchement que si c’était un ordre Présidentiel, cela se serait passé comme cela ? On n’agit pas a l’encontre des ordres du Président. Pour M. Rajaonarivony, avec les personnes qu’il a cité, dont Mireille Rakotomalala, était ce la voie légale ou bien la voie légale c’est le Président qui dit a son ambassadeur : "occupez vous de ma communication ?"
 
A partir de ce moment là, il était tout naturel que M. l’ambassadeur signifie à M Rajaonarivony que le Président lui avait demandé d’assurer sa communication. Que cela soit clairement dit par rapport a tout ce qui s’est raconté.
 
 Madanight : M. Rajaonarivony a donc déclaré qu’il avait reçu des instructions du ministère de la communication, en la personne de Mireille Rakotomalala. Tout cela ne fait-il pas un peu " conflit" ?
SEM JPR : Non, il n’y a pas de conflit. Il y a eu tout simplement, je le redis encore une fois, tentative d’incrustation indue et cela n’est pas acceptable pour une situation aussi importante puisqu’il s’agissait d’assurer la communication du Président de la république a l’occasion de sa visite officielle. Donc la dessus il faut être intraitable, je l’ai été et j’assume complètement les décisions que j’ai prises
 
 Sobika.com : Pourquoi ne pas avoir passé un communiqué ?
SEM JPR : Mais pourquoi voulez vous que l’on donne de l’importance à quelque chose qui n’en a pas ? Pourquoi publier un communiqué sur un incident malheureux en soi ? Nous assumons des responsabilités qui sont des responsabilités Etatiques. La diplomatie est une affaire d’Etat ce n’est pas une affaire d’initiatives privées. Or certains s’en sont saisi pour prétendre, et je fais la allusion par exemple au KmmR (relations Internationales), représenter la diplomatie malgache.
 
Rien n’empêche de suggérer des idées mais pas de saisir de cette mission éminemment Etatique qu’est la diplomatie. Il faut être culotté pour essayer d’outrepasser cette mission, je suis très respectueux des prérogatives et des personnes et quand il s’agit de faire valoir ces prérogatives et de respecter les personnes, je suis intraitable. Je suis très critiqué la dessus, certains disent de moi "il se prend pour qui ?", mais non, j’ai mes responsabilités a prendre et je les assume. Donc voilà ce que l’on peut dire sur cet incident ridicule.
 
 Madanight : Certaines personnes ont été investi a certains moments du titre d’ambassadeur chargé de représenter le Président de la République. Qu’en est-il exactement de tout cela ?
SEM JPR : Je suis le premier concerné puisque cette personne à qui vous faites allusion avait exactement la même mission que moi même. Or a cette époque, cette personne a prétendu qu’elle était l’ambassadeur itinérant et le représentant personnel et exclusif du Président de la république. Or j’avais la même mission que lui. Et est-ce que j’ai clamé haut et fort auprès des malgaches que je suis moi ambassadeur itinérant ?
 
J’ai, pour tout vous dire, puisque vous posez la question, signalé cette situation au Président de la république car pour moi il était déjà Président de la république puisque cela a commencé au mois de janvier 2002 et que j’ai été moi même missionné des le mois de Décembre, quand il est venu. Mais je me suis très vite aperçu que je ne pouvais pas travailler avec une telle personne puisque le Président de la république a souhaité que nous travaillons en tandem.
 
J’ai dit très nettement au Président de la république : "je ne peux pas travailler avec cette personne, vous lui confiez la totalité de la mission si vous le souhaitez, je reste a votre disposition mais je ne peux pas travailler avec cette personne." Et il m’a répondu très nettement : "Continuez" . Et donc j’ai continué, à ma façon en travaillant tous ces milieux politiques français, de mon réseau si je puis dire, de mes connaissances et lui faisant la même chose, seulement avec une grande différence des sens de la responsabilité et de caractère, il s’est comporté comme vous savez.
 
 Madanight : C’est à dire ?
SEM JPR : Vous avez pu observer comment il se comportait ! On ne va pas refaire l’histoire , ce n’est pas intéressant.
 
 Madanight : L’équipe Présidentielle n’est pas vraiment issue du sérail politique. Cela ne risque-t-il pas de poser problème ?
SEM JPR : Non. Le Président de la république n’est pas obligé de s’entourer de politiques. L’essentiel pour le Président de la république est que ses idées, ses décisions puissent être transmises notamment au niveau gouvernemental, de façon efficace. Regardez par exemple l’équipe du Président Chirac. C’est une équipe composée de technocrates, a part peut être M Jérôme Monod qui est le conseiller du Président Chirac et qui peut être considéré comme un homme politique. Mais pour le reste, ce sont des technocrates, des gens avant tout compétents, capables de transmettre les messages et instructions présidentiels.
 
Il faut qu’il y ait quotidiennement un lien permanent, direct entre le Président de la république et en l’occurrence le gouvernement et chacun des membres du gouvernement. Donc voilà l’équipe Présidentielle, elle est ce qu’elle est, vous observerez que les relations entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement ainsi que les membres du gouvernement sont bonnes. Vous observerez également que toutes les décisions Présidentielles sont appliquées avec quelquefois quelques ajustements ici et la mais quoi de plus normal ? Donc une équipe de technocrates, vous avez par exemple comme conseiller spécial M Ratsirahonana, M Manandafy ou encore M Marson Evariste. Ils sont consultés en fonction de la conjoncture, en fonction des nécessités politiques.
 
Conférence de presse du Jeudi 18 Mars 2004   



Google
 



 

Votre nom :

Commentaire:


Dans la même rubrique :

Résidence Ambassade - Récéption SEM Jacques Sylla
Résidence Ambassade - Récéption SEM Jacques Sylla

L'Ambassade de Madagascar au Japon Voir le reportage
Conference Presse RDJ Mozika 2007
Conference de Presse RDJ Mozika 2007
Lire la suite...
Madagascar 
Tour d'horizon des instutions malgaches : ministères, ambassades, etc.
Suivez le guide !

Au retour d’une mission économique récente à Madagascar, l’ambassadeur Malgache à Paris, SEM Jean Pierre Razafy Andriamihaingo a reçu les principaux médias malgaches d’information de la diaspora malgache (Echos du Capricorne, Sobika.com, tim-madagascar.org et Madanight.com) ce Jeudi 18 Mars 2004. Ce point presse a donné l’occasion à SEM l’ambassadeur et à son équipe de faire un point sur les différentes activités de l’ambassade et de répondre à quelques questions sur les derniers faits d’actualité concernant Madagascar.
Vos communiqués de presse sur MN Multimedia Center
Diffusez vos communiqués de presse sur MN Multimedia Center Lire la suite
Drift Control 2 - Baptême de piste presse
Drift Control 2 - Baptême de piste presse
Lire la suite...
Ambassade de France : mamie Catherine s'en va
Ambassade de France : mamie Catherine s'en va Lire la suite
Liberté de la presse, impunité et intégrité
Liberté de la presse, impunité et intégrité
Lire la suite...

Revenir à la rubrique presse

Cliquez ici pour contacter la rédaction Madanight à Madagascar