Violences à Ankatso



 
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elman
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MessagePosté le: Mar Mar 18, 2003 1:43    Sujet du message: Violences à Ankatso Répondre en citant

Le 18/03/2003 Midi Madagasikara a écrit:


Violences à Ankatso

Le CROUA et le COUM incendiés, deux voitures brûlées


Deux bâtiments incendiés, deux voitures brûlées, un camion-citerne des pompiers lapidé, et des dossiers partis en fumée… Voilà le premier bilan des scènes de violence, hier à Ankatso, où une manifestation estudiantine a vite pris des allures de vandales. En effet, suite à la publication et à l’affichage la semaine dernière de la liste des étudiants pouvant bénéficier des cités universitaires, plusieurs d’entre eux, dont les noms n’y figuraient pas, ont jugé la décision impartiale, parce que synonyme d’expulsion pour ceux qui seront forcément délogés. Dans la matinée, alors que des représentants d’étudiants ont été reçus par les gérants des cités, des éléments perturbateurs s’impatientaient et ont commencé à semer le trouble parmi les étudiants présents.

Le CROUA (Centre Régional des Œuvres Universitaires d’Antananarivo) a été la principale cible des manifestants. Il a été incendié à coups de cocktail molotov, aux dires d’étudiants témoins de la scène. Des dégâts matériels énormes, estimés à des centaines de millions ont été constatés, sans parler des dossiers qui ont tous été brûlés. Et lors de l’affrontement entre les grévistes et les agents de sécurité du CROUA, 3 de ces derniers auraient été blessés. Par ailleurs, à leur arrivée sur les lieux, les sapeurs pompiers ont été accueillis à coups de pierres. Un de leur véhicule en a fait les frais, puisque le pare-brise d’un camion-citerne vola en éclats. Par la suite, de 11 heures à midi, les mouvements d’humeur ont continué dans les cités d’Ambohipo et d’Ankatso I. Sur leur chemin, les étudiants s’en sont pris aux kiosques des services de sécurité de la cité, en se rendant à Ankatso II. Les actes de vandalisme se sont poursuivis dans l’après-midi. Cette fois-ci, les manifestants jetèrent leur dévolu sur le bureau du COUM où sont pourtant archivés les dossiers des étudiants d’Ankatso II, en y mettant également le feu. Fort heureusement, les employés ont eu le temps de déplacer les dossiers et autres matériels importants.

Assainissement des cités
Mais quelles sont les causes profondes de ces mécontentements ? Apparemment, les étudiants d’Ankatso ont voulu manifester contre les principes adoptés par les autorités compétentes pour l’assainissement de ces cités universitaires. Ils contestent les critères au droit au logement dans les cités. Et selon les quelques personnes interrogées, cette liste n’a pas été conforme aux négociations engagées entre eux et les responsables du CROUA. D’un autre côté, plusieurs étudiants se sont sentis lésés, car ils ont estimé avoir rempli toutes les conditions nécessaires pour pouvoir bénéficier d’un logement universitaire.

Quant à la mauvaise tournure de la manifestation, la plupart des étudiants ont affirmé qu’il n’était pas question au départ, de détruire ni d’incendier quoi que ce soit. Mais au fur et à mesure, des propos blessants, à coloration raciste, selon eux, ont été proférés par certains responsables du CROUA , ce qui a déclenché le courroux des étudiants…

Eléments perturbateurs
Mais l’on se pose néanmoins, la question : était-ce de vrais étudiants ou des faux qui étaient à l’origine de ces actes de vandalisme ? Ces actes auraient-ils été réellement prémédités ? Une enquête a été ouverte et l’on saura certainement la vérité dans les prochains jours… D’autres manifestations sont encore prévues pour aujourd’hui. Celles-ci revendiqueraient, quant à elles, le paiement immédiat des bourses d’études, attendues depuis quatre mois par les étudiants, et dont les taux et les montants, pour cette année, ne sont pas encore connus des principaux intéressés. Ce qui a été peut-être l’étincelle qui a mis le feu à la poudre.

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Posté le: Mar Mar 18, 2003 1:43    Sujet du message: Publicité

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elman
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MessagePosté le: Mar Mar 18, 2003 1:46    Sujet du message: Répondre en citant

Le 18/03/2003 L'Express de Madagasikara a écrit:


SUBITE FLAMBÉE DE VIOLENCE HIER SUR LE CAMPUS D’ANKATSO EN COURS “D’ASSAINISSEMENT”



A l’origine de cette réaction violente qu’il faut replacer dans le nécessaire processus d’assainissement en cours des logements sociaux, l’expulsion de plusieurs familles d’étudiants originaires d’autres provinces que celle d’Antananarivo et donc dans l’impossibilité de trouver à se loger, contrairement à ceux de la capitale. Le campus universitaire d’Ankatso héberge, en effet, des “étudiants à perpétuité” et toutes les opérations d’éviction pour faire de la place aux nouveaux se heurtent, chaque fois, à des réactions d’incompréhension.

Le bâtiment du Crou-A ou Centre régional des oeuvres universitaires-Antananarivo a été incendié hier en fin de matinée ainsi que deux véhicules et celui du service de l'intendance, Ambohipo, l'après-midi. Des agents de sécurité ont été molestés. Les pompiers ont été empêchés d'intervenir et le camion-pompe, accueilli à coups de pierre, a dû rebrousser chemin et passer par Ambolonkandrina à l'Est. Une manifestation estudiantine menée contre les actions d'assainissement actuellement diligentées par le CRou-A dans les cités universitaires, Ankatso et Ambohipo, a dégénéré en une brusque flambée de violence qui a commencé aux portes du campus. Le noyau dur est estimé entre 500 et 600 étudiants originaires des provinces, menacés d'expulsion dans le cadre du nécessaire processus d'assainissement en cours, des logements sociaux que sont les chambrettes de la cité universitaire. Une telle éventualité les menace effectivement de graves difficultés de relogement. Ils ne disposent pas comme les étudiants des Hauts plateaux frappés par les mêmes mesures, des facilités que constituent la proximité du groupe familial. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Jean Théodore Ranjivason, n'exclut pas une infiltration de la politique politicienne ou d'éventuelles tentatives de récupération d'un problème récurrent de l'université. "Des personnes étrangères à l'université ont été aperçues évoluant dans la situation". Interrogés sur les lieux, les leaders de la manifestation ont dénoncé les propos perçus comme de nature ethniciste qu'auraient proférés Tolojanaharinirina Fenosoa Hasina et que ce dernier récuse formellement.

Il déclare avoir "simplement" expliqué qu'"il ne s'agit aucunement de renvoyer chez eux les étudiants originaires des provinces mais que des dispositions ont été prises pour que le campus soit désormais aux normes internationales". Il a cité les constructions illicites qui commencent à émerger dans la cité universitaire, les divers petits commerces et autres activités lucratives ou ces "étudiants à perpétuité" qui accompagnés de leurs familles, squattent le campus. Le directeur du Crou-A n'a fait que survoler tout le problème de l'assainissement des cités universitaires, qui se heurte à chaque tentative d'éviction à des réactions épidermiques qui font d'Ankatso, tout au long de son histoire, le lit de la récupération politique. Le directeur du Crou-A dénonce l'existence de mains de "ray aman-dreny" derrière la manifestation et a rappelé l'histoire récente, quand des étudiants se sont impliqués, sous la bannière de l'Acem, dans les barrages économiques de la crise postélectorale. Il affirme sur les stations officielles que derrière les événements, "il y a de la manipulation politique, fondée sur des rancoeurs".

Un membre du cabinet du ministre Ranjivason, qui a requis l'anonymat, estime que l'explosion ne l'a pas étonné. "Depuis le début, l'approche n'était vraiment pas adéquate pour une opération aussi délicate". Il dénonce le caractère autoritaire choisi pour gérer la situation. Le comportement relevé hier comme "agressivement provocateur" des agents de sécurité serait un des résultats de la stratégie adoptée sur le campus. "Une simple parole en l'air suffit alors pour tout faire sauter". Aux lancers de cailloux ont succédé les incendies et les actes de vandalisme. Les événements ont été totalement imprévisibles, les forces de l'ordre ne sont arrivés sur place qu'à la suite des pompiers. Le ministre Ranjivason a commenté les événements avec prudence et a semblé ne pas vouloir jeter de l'huile sur le feu. "Les étudiants doivent bien discerner où se situent leurs véritables intérêts" mais qu'il comprenait que "dans des situations de ce genre, l'on puisse s'emporter ou être pris de coups de colère". Il s'est d'ailleurs étonné que "l'on soit arrivé là alors que le ministère n'a jamais fermé ses portes". Il a appelé les "vraies" associations d'étudiants à venir autour d'une table pour le dialogue. La marge est étroite. 1800 demande, les nouveaux bacheliers, ont été enregistrées pour cette année. Le ministre révèle que 400 anciens étudiants ont été confirmés dans leurs droits, "orphelins et handicapés ont été privilégiés" . 600 installations par "coup de force" ont été approuvées.

Pour le reste, la procédure sera appliquée. Les leaders de la manifestation ont néanmoins dénoncé l'absence de la commission d'attribution de logement au sein de laquelle, les textes prévoient douze représentants d'étudiants et un haut responsable du ministère révèle que le Conseil d'administration du Crou-A n'est pas encore monté. "On a voulu aller trop vite". Il estime que le Crou-A aurait d'abord dû commencer par donner des "petits" signes concrets que les choses vont s'améliorer. "Rien n'empêchait de se donner quelques mois supplémentaires pour préparer ainsi un terrain favorable dans les esprits". L'assainissement, c'est aussi des "petites choses" qui améliorent le vécu quotidien et qui font croire en l'avenir. Qu' est-ce donc a réalisé le Crou-A ?:

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