elman Madanaute expert(e)

Inscrit le: 20 Nov 2002 Messages: 4753 Localisation: madagascar
|
Posté le: Mer Mar 19, 2003 1:34 Sujet du message: Le tourisme en danger à Nosy Be ! |
|
|
| Le 19/03/2003 L'Express de Madagascar a écrit: |
Tourisme à Nosy Be
“Touriste, où es-tu ?” L’île de Nosy Be, l’un des fleurons de l’industrie nationale du tourisme, lance un cri de détresse, un cri de douleur, un SOS. Ses belles plages sont désertes ; ses chambres d’hôtels se désemplissent de plus en plus depuis un an. Ses activités touristiques, nourrissant près de 20.000 personnes, tournent au ralenti. Rien ne va plus dans ce domaine, entend-on avec insistance de la part des hôteliers. Les touristes internationaux boudent l’île aux parfums Si aucune mesure d’urgence n’est prise dans les plus brefs délais, pour sauver ce qu'il en reste, l'on craint fort, dans le milieu, la faillite totale du secteur touristique, pourtant deuxième pourvoyeur de devises étrangères à l’Etat il y avait à peine deux ans. Que s’est-il passé ? Pourquoi cette catastrophe sans précédent du tourisme à Nosy Be ? Un entretien avec des opérateurs touristiques locaux nous ont éclairé sur ces questions.
“Il n’y a pas de touristes actuellement à Nosy Be. Si l'on pouvait en avoir une vingtaine en ce moment, cela relèverait déjà d’un miracle !”. Cette constatation des plus amères sur l’état des lieux du secteur touristique de l’île aux parfums est d’un hôtelier local. Ayant œuvré, depuis plus de dix ans, pour le développement et la vulgarisation de la grande destination touristique de région septentrionale de la Grande Ile, ce dernier déclare n’avoir jamais rencontré ni connu pareille situation. “3/4 des hôtels de Nosy Be n’ont rien depuis un an. 90% des membres du personnel touristique sont frappés du chômage technique, devenu chronique. Dans les 3 à 4 mois à venir, si la situation actuelle ne change pas, nous, les hôteliers de Nosy Be, risquons la faillite”, a-t-il alerté d’une voix grave et presque colérique. “Pour vous montrer de manière concrète le topo, mon hôtel, doté d’une cinquantaine de chambres, n’a actuellement que 5 pensionnaires. Du jamais vu, du jamais vécu. A peine si les hôtels parviennent à atteindre 10% de taux de remplissage en cette période, contre 70% en 2001”, a-t-il souligné.
Selon les confessions d’un autre hôtelier, le taux de remplissage de 10 à 20% est plus que catastrophique pour son établissement, étant donné que pour lui, il faut atteindre la barre des 40% de remplissage pour être en mesure de s’acquitter de toutes ses charges et rentrer au moins dans ses frais. Il en découle alors d’importantes pertes financières mensuellement enregistrées. Et l’on signale que bon nombre d’hôtels de Nosy Be, notamment les grands, souffrent de cette hémorragie d’ordre pécuniaire, présentement difficile voire impossible à arrêter et soigner, compte tenu de l’actuel contexte touristique. “Un hôtel fermé pour une classe moyenne nous coûte 20 millions de Fmg par mois ; un hôtel ouvert nous coûte 90 à 100 millions de Fmg par mois. Donc, un hôtel ouvert avec seulement 2, 3 ou 4 chambres remplies en moyenne nous cause 80 millions de Fmg par mois de pertes”, a-t-il encore informé. A l’heure actuelle, les quelque 500 chambres dans la catégorie étoiles et les 300 chambres dans la catégorie ravinala, disponibles dans l’île de Nosy Be, attendent vainement d’être occupées et remplies. La situation est d’autant plus inquiétante et explosive que les 4000 emplois générés par l’industrie nosybéenne du tourisme, sont menacés de suppression définitive, du fait de la conjoncture actuelle, sans parler des activités connexes (taxi, transport maritime et aérien, fournisseurs de légumes, artisanat local, restaurants, boîtes de nuit, etc.) qui, elles aussi, essayent tant bien que mal de survivre à ce marasme touristique sans précédent.
Haro sur la tarification aérienne appliquée par Air Madagascar
Les péripéties électorales et politiques de l’année dernière s’avèrent aujourd’hui fatales pour le secteur touristique, dont on vantait, avec fierté non feinte, à une époque (glorieuse ! ?), l’importante capacité à renflouer la Trésorerie publique. Le tourisme était en fait le deuxième pourvoyeur de devises étrangères - après la Pêche – à l’Etat. Néanmoins, on ne peut attribuer à la crise post-électorale la seule responsabilité de la lente agonie qui frappe de plein fouet le tourisme national. La tarification des places sur les vols (notamment intérieurs) d’Air Madagascar, jugée trop chère, est montrée du doigt par bon nombre d’opérateurs touristiques, voyant dans la politique tarifaire de la compagnie aérienne nationale un véritable blocage à la relance de leur secteur. “Comment voulez-vous que les touristes viennent chez nous avec ces tarifs exorbitants, alors qu’ils en trouvent largement moins cher pour n’importe quelle autre destination au monde ?” a fait remarquer un autre opérateur touristique, se demandant avec insistance pourquoi l’Etat, qui est actionnaire majoritaire au sein d’Air Madagascar, n’interviendrait pas pour mettre en place une politique commerciale du transport aérien, laquelle privilégierait le secteur touristique et allégerait ce gênant poids tarifaire ?
Une autre embûche : la suspension des vols internationaux directs sur les provinces
L’autre grosse embûche érigée sur le chemin de la relance du secteur touriste dans le Nord ? La suspension des vols internationaux directs sur les provinces, recentrant ainsi toutes les arrivées de l’étranger à l’aéroport d’Ivato, Tana, que le gouvernement a décidée l’année dernière pour des raisons de sécurité nationale – cette mesure reste jusqu’ici en vigueur – n’est pas sans pénaliser le tourisme dans les régions périphériques qui, étouffé pendant plusieurs mois par le crise post-électorale, ressentait le besoin de se faire oxygéner d’urgence pour tout au moins assurer sa survie. Bon nombre d’opérateurs touristiques, une fois la crise politique terminée, ont déployé de gros efforts pour la relance du secteur : déplacement à l’extérieur à leurs propres frais pour participer aux salons internationaux du tourisme et renouer les contacts avec les agences de voyages et tour operators étrangers ; mise en place d’une politique de promotion de la destination Madagascar, etc. Ces initiatives exclusivement privées s’appliquaient, somme toute, à dire aux touristes internationaux que la crise politique à Madagascar était bel et bien finie, et que ces derniers pourraient dorénavant (re)venir visiter en masse la Grande Ile…paradisiaque.
Les hôteliers de Nosy Be, eux, avaient alors tablé sur le marché de proximité, en l’occurrence, la Réunion et Mayotte, pour la simple raison qu’avant la mise en vigueur de la mesure gouvernementale d’arrêt des vols internationaux sur les provinces, Air Austral avait desservi , à raison de 3 vols par semaine, la Réunion-Nosy Be-Mayotte-. “A cette époque, les vols internationaux directs sur Nosy Be nous amenaient 200 touristes par semaine”, se souvient le propriétaire d’un important établissement hôtelier sur l’île aux parfums. “C’est absolument impossible de faire venir des touristes sur Nosy Be en passant par Tana. Je vous en explique les raisons : le vol direct la Réunion-Nosy Be se fait en une heure et demie ; côté prix, si l’on se réfère au franc français, il coûte à peu près 2300 FF, alors que la Réunion-Nosy Be, en passant par Tana, correspond à peu près à une journée de voyage et son coût est d’environ 4000 FF. Donc, il y a une importante perte de temps doublée d’un coût presque deux fois plus élevé”, a ajouté, sans aucun détour, un autre hôtelier.
L’élan de la relance cassé
L’élan d'une relance, le plus souvent entrepris personnellement par les opérateurs touristiques nosybéens, et dont les premiers fruits commençaient à être cueillis, a été subitement cassé par la mise en application de la mesure de suspension des vols internationaux directs sur les provinces. Beaucoup de réservations de places et bon nombre de projets de séjour dans l’île aux parfums ont dû être tout simplement annulés par les agences de voyages et tour operators à l’étranger, refroidis par cette brusque et impromptue déviation d’itinéraires sur Nosy Be. “Lorsqu’on a amorcé la relance avec nos partenaires à l’étranger, tout de suite après la fin de la crise politique, ceux de la Réunion et Mayotte jouèrent le jeu en commençant de façon assez importante à nous envoyer des touristes à Nosy Be. Mais cette mesure d’arrêt des vols nous pénalise fortement, surtout dans la confiance que mettent sur nous nos partenaires étrangers, puisqu’il faut savoir que eux aussi n’avaient pas ménagé leurs efforts pour faire la communication et la publicité de la destination Madagascar. Et au moment où cela commençait à avoir des retombées, le subit arrêt des vols est venu tout chambouler, portant ainsi préjudice à tous leurs investissements et aux nôtres”, a expliqué cet hôtelier de Nosy Be, sur la bonne pente de la quarantaine.
A l’unanimité, les opérateurs touristiques nosybéens avec lesquels on s’est entretenu, estiment que la voie…rapide et durable (! ?) à la relance de la destination Madagascar, s’inscrit dans l’urgence du rétablissement des vols internationaux directs sur les provinces, avec en sus le renforcement maximal des mesures de sécurité des aéroports, et dans la volonté politique de l’Etat, consistant à faire réviser à la baisse la tarification aérienne, appliquée par Air Madagascar, dans l’unique souci de donner une véritable bouffée d’oxygène au secteur touristique, lequel se trouve à l’heure actuelle dans un état critique, pouvant le conduire à une mort subite et particulièrement fatale pour l’ensemble de l’économie nationale. : |
_________________ Envie de rencontre d'homme et de femme malgache ?
Passer une annonce gratuite |
|