madagascar Madanaute expert(e)

Inscrit le: 30 Juil 2003 Messages: 284 Localisation: Antananarivo
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Posté le: Ven Nov 07, 2003 10:25 Sujet du message: Lutte anti dahalo |
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UN NOUVEAU CHEVAL DE BATAILLE POUR LE PRESIDENT
Marc Ravalomanana a annoncé la couleur en déclarant que certaines « têtes pensantes » de la mafia des bovidés sont déjà connues. Il est par conséquent possible de supposer que c’est sur la base d’une liste que le pouvoir va concevoir son plan de lutte contre ce phénomène qui fait souffrir depuis des décennies les populations rurales de la Grande Ile.
Marc Ravalomanana a annoncé la couleur en déclarant que certaines « têtes pensantes » de la mafia des bovidés sont déjà connues. Il est par conséquent possible de supposer que c’est sur la base d’une liste que le pouvoir va concevoir son plan de lutte contre ce phénomène qui fait souffrir depuis des décennies les populations rurales de la Grande Ile.
Mais le défi est de taille. Beaucoup plus que de réhabiliter 14.000 km de routes , selon un officier de la gendarmerie en poste dans la province de Fianarantsoa. Les « dahalo » appréhendés ont toujours été punis avec beaucoup de sévérité aussi bien par les populations que par les autorités. Mais cela n’a aucunement incité les voleurs de bovidés de changer de métier. Au contraire, le phénomène s’est amplifié ces quinze dernières années.
Les provinces les plus touchées par le phénomène sont Toliary, Mahajanga et Fianarantsoa. Normal parce que ce sont les provinces qui possèdent les plus importants cheptels bovins du pays. Si dans le Sud, pour montrer qu’il est vraiment un homme et donc peut mériter la main d’une fille, un jeune Bara doit voler des boeufs, le phénomène « dahalo » est maintenant partout et on peut ne plus parler de culture ou de tradition mais de réseau national de criminels spécialisés dans le vol et le trafic de bovidés.
Des puces électroniques
Marc Ravalomanana, lorsqu’il était candidat à la magistrature suprême, avait également promis de changer les boucles d’oreilles traditionnelles des boeufs par des puces électroniques pour faciliter le suivi de leur déplacement. Le président n’a pas cependant précisé dans son discours de déclaration de guerre contre les « dahalo » si les puces sont toujours à l’ordre du jour.
Les lacunes de la législation sont par ailleurs toujours montrés du doigt. Les risques que comportent les « dina » ainsi que les problèmes d’incompatibilité de ces derniers avec les lois en vigueur sont souvent dénoncés.
Des réflexions ont été menées par le gouvernement il y a trois ans avec les responsables locaux des différentes régions à risque afin de connaître davantage le phénomène et chercher ensemble les solutions. Cela n’a malheureusement pas
abouti à grand chose car le pouvoir central a toujours hésité et le projet de loi cadre sur les « dina » a même disparu de la circulation.
S’attaquer aux gros bonnets
Le nouveau pouvoir va donc s’attaquer aux « dahalo » en visant directement les gros bonnets. Mais comme il a toujours été dit, tout haut ou tout bas, il s’agira de toucher aux intérêts de personnes hauts placées dans l’administration et d’hommes d’affaires puissants. La question est de savoir jusqu’où le président est-il prêt à aller ? Plusieurs élus qui financent les structures locales du parti du Chef de l’Etat risquent également de tomber, d’après certains responsables locaux. Mais nombreux doutent de la volonté réelle des communautés villageoises de collaborer avec le pouvoir.
Cela fait en effet des décennies que les populations les plus touchées par le phénomène ne croient plus en la capacité du pouvoir à éradiquer le fléau. Il est même avancé que les éleveurs de boeufs préfèrent avoir affaire aux « dahalo » qu’à certains éléments des forces de l’ordre «qui seraient plus gourmands que les premiers» (?). Quoiqu’il en soit, l’insécurité en milieu rural a toujours été considérée comme l’un des principaux facteurs qui bloquent le développement du pays. Le président n’a donc le choix que de réussir là où ses prédécesseurs ont lamentablement échoué s’il ne veut pas hypothéquer son avenir politique.
Pour se faire, des changements ont été notés par rapport à la pratique antérieure. D’une part, il existe désormais une volonté politique de combattre le fléau. Les expériences de la transition de 1991/1992 avec le Premier ministre Guy Willy Razanamasy et de la première partie de la Troisième République avec le président Albert Zafy avaient montré que la volonté politique est un élément déterminant pour faire reculer l’insécurité. De 1991 à 1996, bon nombre de zones rurales avaient été sécurisées. D’autre part, si des opérations dénommées « Fandio » et « Vanila » sont menées respectivement dans les zones rouges de vols de bovidés et de vanille, les pouvoirs publics semblent avoir défini une vraie stratégie de lutte et ne plus se contenter d’opérations coup de poing. Enfin, les forces de l’ordre ont été dotées de nouveaux équipements. Normalement, cette fois-ci, l’intendance pourra suivre. _________________ Madagascar only ! |
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