madagascar Madanaute expert(e)

Inscrit le: 30 Juil 2003 Messages: 284 Localisation: Antananarivo
|
Posté le: Dim Nov 23, 2003 20:22 Sujet du message: Liberté de la Presse à Mada |
|
|
Les cris entendus ces derniers mois laissaient entendre que la liberté de la presse à Madagascar était en danger de mort.
Il semble que le ton alarmiste ait été exagéré.
Les cris d’orfraie poussés par la profession lors des procès à répétition contre les titres « La Gazette de la Grande Ile » et « Telonohorefy » concernant les atteintes à la liberté de la presse seraient-ils infondés ? La manifestation des journalistes sur la voie publique, il y a quelques mois, était-elle déplacée ? Le dernier classement mondial de la liberté de la presse, concocté par l’organisation française « Reporters sans frontières » (RSF) pousse à nuancer l’appréciation de la situation.
Madagascar se classe 46ème sur 166, loin devant des pays africains réputés démocratiques comme le Botswana (62ème) ou le Sénégal (66ème). Contrairement à ses habitudes, la Grande Ile ne se trouve pas cette fois-ci dans les profondeurs du classement mais se situe à une place honorable. Le travail de RSF a été réalisé à partir de données quantifi ables : les attaques directes contre les journalistes, le degré d’impunité accordé à ceux qui violent le droit de la presse, le droit de la presse et son respect par la justice, le comportement des autorités vis-à-vis des médias publics et de la presse
internationale, la censure sur Internet.
Globalement libres
Malgré les procès de presse, qui existent partout et notamment dans les démocraties avancées, les journalistes malgaches sont globalement libres et ne se privent pas de critiquer sans ménagement (et parfois sans beaucoup de discernement) le président de la République, le gouvernement et les autres institutions de l’Etat. Le problème est que la presse se fait parfois l’écho des rumeurs et n’échappe au piège de la manipulation. Sans parler de la corruption, dénommée « felaka » qui gangrène la profession, et qui remet en cause sa crédibilité.
Depuis la sortie de crise de 2002, la presse privée a connu une nouvelle phase de développement à la suite du début des années 90. Le phénomène touche plus particulièrement la presse écrite. Cette année 2003 a été marquée par la naissance de deux nouveaux quotidiens bilingues « La Gazette de la Grande Ile » et « Ny Gazety Androany ». Selon nos sources, un
septième quotidien serait en gestation et viendrait incessamment sur le marché.
Quoi qu’il en soit, la nouvelle loi sur la communication est attendue avec impatience pour clarifier les règles du jeu. La loi de 1990 et l’ordonnance de 1992, malgré leurs avancées, ont déjà un caractère obsolètes. Elles sont frileuses en ce qui concerne la diffusion nationale des radios et télévisions privées. Il y a un vide juridique complet en ce qui concerne Internet.
D’autre part, l’existence des peines de prison pour les journalistes est considéré comme ne répondant pas aux normes d’un pays qui se veut démocratique. Dans le même registre, au cours des procès en diffamation intentés contre des journaux cette année, les dommages et intérêts réclamés ont été faramineux puisqu’ils s’élevaient à plusieurs centaines de millions de francs malgaches. Heureusement que la justice s’en est tenue, du moins pour l’une des affaires, au standard démocratique du franc symbolique. Si les journalistes doivent se ressaisir et éviter en particulier le sensationnalisme et la vérification parcellaire de l’information, les éventuels diffamés doivent également savoir raison garder. En se montrant trop gourmands en matière de dommages et intérêts, ils se discréditent et font finalement une mauvaise affaire. _________________ Madagascar only ! |
|