Manjakely Madanaute confirmé(e)
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Posté le: Lun Aoû 18, 2003 22:48 Sujet du message: La toile d'araignée humaine |
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La légende a été confirmée: seulement six personnes nous séparent de n'importe quel être humain. Mais les êtres humains ne profitent pas beaucoup de cette "toile d'araignée mondiale"...
La légende circulait depuis 1967; une expérience tout ce qu'il y a de scientifique, menée par courrier électronique, a permis de la confirmer. Qui que vous soyez, où que vous viviez, il n'y a, en moyenne, que "six degrés de différence", autrement dit six individus seulement, entre vous-même et n'importe quel autre individu, qu'il vive à la Maison-Blanche, en Chine ou à Madagascar.
Un réseau social très étendu, pourrait-on croire. Eh bien pas du tout, puisque l'expérience confirme du même coup ce qu'on a tous constaté dans la vie quotidienne: la grande majorité des gens profitent peu de cette "connection" avec le reste de l'humanité. Quelques-uns savent mieux tirer les ficelles que les autres...
C'est à Stanley Milgram, de l'Université Harvard, qu'on doit l'élaboration de ce concept des six degrés de séparation, en 1967. Il avait choisi au hasard des habitants d'Omaha, Nebraska, et leur avait demandé d'expédier des colis à un habitant de Boston identifié par son seul nom et son métier (courtier); jamais son adresse. Les "expéditeurs" devaient envoyer le colis à une personne qu'ils connaissaient, et qui leur paraissait être la plus susceptible de faire progresser le colis vers Boston. Il avait fallu, chaque fois, entre six et sept étapes au colis pour atteindre sa destination.
L'intérêt pour ce concept de réseau mondial est réapparu avec la croissance d'Internet: en 1998, Duncan Watts, de l'Université Columbia à New York et Steven Strogatz, de l'Université Cornell à Ithaca (New York) ont pondu un modèle susceptible de démontrer mathématiquement l'existence du concept. Quelque 61 000 personnes éparpillées dans 166 pays ont été contactées afin de reproduire l'expérience de Milgram, mais cette fois par courrier électronique. Les cibles étaient nombreuses et variées, d'un inspecteur des archives en Estonie jusqu'à un club sportif universitaire américain.
En fait, sur 24 000 cibles, seulement 384 ont été atteintes, et c'est là, bien plus que dans la démonstration des six degrés de séparation, que les chercheurs trouvent leur intérêt, puisque cela illustre l'infinie variété dans la solidité de ces "connections".
Il y a d'abord la motivation: ai-je intérêt à faire jouer mon réseau social pour que ce courriel se rende jusqu'à un inconnu? Mais il y a aussi la perception: beaucoup de gens ne se rendent pas compte du poids qu'ont leurs connaissances; ils sous-estiment leur propre importance dans la société; bref, ce qui est en cause, ce sont leurs "perceptions des structures sociales", écrivent les chercheurs dans la dernière édition de la revue Science.
Autrement dit, c'est la psychologie qui prend le pas sur un modèle jusque-là bêtement mathématique. Cette recherche, commente pour Nature le sociologue Mark Gravovetter, de l'Université Stanford (Californie), démontre qu'il nous faut encore "beaucoup plus d'informations sur ce que les gens connaissent de leur réseau et sur la façon dont ils utilisent cette connaissance pendant leurs recherches" –et la façon dont ils utilisent cette connaissance vaut aussi bien pour cette recherche-courriel que pour une recherche d'emploi... ou une recherche de l'âme soeur. |
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