elman Madanaute expert(e)

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Posté le: Ven Aoû 22, 2003 10:03 Sujet du message: La Réunion - 3 prostituées malgaches relaxées par les juges |
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La Réunion - Aout 2003
Du côté des opposants à la nouvelle loi Sarkozy de mars 2003, le jugement a été accueilli comme une bonne nouvelle. Hier, trois ressortissantes de Madagascar, poursuivies pour racolage près du bord de mer, à Saint-Pierre, ont finalement été relaxées.
L’affaire avait été examinée le 7 août dernier, au tribunal correctionnel, sans que la cour n’ait rendu de jugement. La raison de ce délai : une loi aux contours flous, qui suscite encore de vifs débats. Car bien qu’il ne soit désormais plus nécessaire de constituer des preuves pour qualifier un acte de racolage, cette affaire a clairement fait ressortir les limites de cette nouvelle juridiction. Ce qu’on reprochait très concrètement aux trois jeunes femmes : avoir discuté dans un quartier de Saint-Pierre, réputé pour être un lieu habituel de prostitution, avec un automobiliste dont la vitre était baissée.
ELLE ÉTAIT VENUE VOIR SA COPINE
Présentée à la barre il y a deux semaines, Sylvie F., l’une des prévenues, a démenti formellement s’être prostituée ce soir-là. “Lorsque je me suis fait arrêtée par la police, je n’ai pas compris. J’allais simplement voir une amie sur le parking, avec qui j’avais rendez-vous. Je lui ai alors parlé à la fenêtre de sa voiture”. Le vice-procureur Gardie s’est alors enquéri de l’identité de la prétendue copine. “Je ne connais pas son nom. Enfin si, je la connais, mais j’ai peur de le donner”.
Originaire de Madagascar, la jeune femme ne maîtrise pas bien le français, ce qui rend ses déclarations encore plus incompréhensibles. “Avez-vous au moins l’adresse de cette jeune femme ?” “Non, je suis juste venue en bus pour trouver ma copine, je vous dis”. Le vice-procureur exige alors une peine d’emprisonnement assorti du sursis, afin, a-t-il ajouté, que ce genre de comportement cesse. Face à ce réquisitoire, Maître Legarnisson, l’avocate de la défense, est parvenue à montrer les défaillances de la nouvelle loi.
“On accuse ma cliente de proposer ses charmes contre de l’argent. Pourtant, aucune mention n’apparaît sur le fait que sa tenue vestimentaire pourrait être liée à un acte de prostitution. Ces accusations reposent sur le simple constat que quelques femmes étaient présentes, juste à ce moment-là, sur le front de mer”.
DES MAGISTRATS DÉNONCENT LE DÉLIT DE FACIÈS
Comme l’a souligné la défense, la tenue vestimentaire figure effectivement parmi les “évidences” qui permettent d’évaluer si une personne se prostitue ou non. Or, en métropole, face à l’ambiguïté de cette nouvelle juridiction, certains magistrats ont fait le choix de relaxer systématiquement les personnes poursuivies pour racolage, sur la simple motivation qu’elle incite au délit de faciès. C’est donc au nom de la dignité humaine que ce mouvement s’oppose à une loi qui, elle-même, est présentée comme un moyen de “lutter contre le trafic d’être humains”, en arrêtant les proxénètes par l’intermédiaire des prostituées qui travaillent pour eux. La célèbre image du chien qui se mord la queue. Le tribunal de Saint-Pierre, de son côté, a choisi la relaxe, sans en dire davantage sur les réelles motivations qui l’ont poussé à prendre cette décision. L’absence de preuve peut-être. Ou la sévérité avec laquelle la nouvelle loi punit l’acte de racolage : deux ans d’emprisonnement avec sursis et 3 750 euros d’amende.
A l’instar d’une précédente affaire, qui avait été jugée à Saint-Pierre le 3 juillet dernier, et qui avait abouti elle aussi à la relaxe, le procureur a décidé de poursuivre le dossier. L’affaire sera donc jugée à nouveau dans quelques mois, devant la cour d’appel de Saint-Denis. _________________ Envie de rencontre d'homme et de femme malgache ?
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