Chronique du Lundi 05 Mai 2008
« Le cinéma malgache
bouge »
... ou du moins la promotion du cinéma malgache! Rendons
à César ce qui lui appartient avec la RTA et son
Festival moovie conçu à l'origine par l'excellent
Rija Tahiana. Présélections, nominés
et autres lauréats, on se croirait presque au festival de
Cannes. Depuis, pas une semaine sans qu'il n'y ait de festival et
autres récompenses. Mais si la promotion bat son plein, le
produit en lui-même, à savoir le film malgache,
suit-il le rythme ? Hum, en toute objectivité et sans
vouloir jouer le dénigreur de service, les films gasy c'est
pas encore ça. Si d'un point de vue technique le
« matos »
et la technique se sont mis au goût du jour, les
scénari, la réalisation, les dialogues et autres
jeux des acteurs, désolé mais c'est pas encore
ça. Et c'est bien là que la bât blesse
: le malgache, bien connu pour ses talents de copieurs et d'imitateurs,
pourquoi est-ce qu'il n'arrive toujours pas à produire un
film enfin digne de ce nom ? Et la réponse en
découle : le talent et la créativité
sont malheureusement difficile à copier. Jouer un
rôle, composer un personnage, exprimer de
l'émotion sur le petit écran, il n'y a pas de
mystère, c'est tout un art. Le 7ème
même, parait-il.
On se posait aussi la question de savoir si à tout hasard ce
ne serait pas la langue malgache en elle même qui pose
problème, qui n'arrive pas «
à
passer » à l'écran ?
Le style «
gasy-gasy »
serait-il incompatible avec l'idée que l'on se fait d'un
film ? A moins que ce ne soit le Malgache lui-même qui pose
problème ? Même si l'on est tenté de
répondre par l'affirmative, l'on peut néanmoins
s'ériger en faux car un Malgache qui parle
Malgache, ça peut très bien passer
à l'écran. Les références
pourraient être étranges mais tant pis : il suffit
de voir un certain présentateur Malgache
présenter un JT sur une chaîne qui s'appelle Viva
TV et là, on en est tout de suite convaincu : non, ce n'est
pas la langue qui pose problème. Et du coup, on a
résolu l'équation : ce gars qui passe bien
à l'écran du JT, il n'est pas arrivé
là par hasard. Il est le résultat d'un casting
sévère, il répond à un
cahier des charges bien précis et il correspond tout
à fait à ce que le réalisateur attend
de l'acteur qui va interpréter le rôle : un gars
beau gosse, un charisme certain, un parler (en malgache) impeccable, un
sourire enjôleur et emballé c'est pesé,
Viva TV a maintenant le JT «
qui tue »
! Avec cet oiseau rare, le JT des autre chaînes ont, non pas
un wagon, mais carrément un ... TGV entier de retard.
Oiseau rare ? Effectivement, le talent est rare. Mais pour
qu'il se généralise, il n'y a pas trop le choix :
il faut des écoles d'art dramatique afin de promouvoir
l'expression théâtrale. Tant que l'on n'est pas
convaincu qu'il est nécessaire de passer par là,
les films malgaches n'arriveront pas à décoller.
Et malheureusement, aux dernières nouvelles, il
s'avère que la culture (et le sport) ne sont pas, je cite,
«
une priorité dans le
développement du pays », suite
à la dissolution récente du ministère
en charge de ce département. Mais est-il
réellement besoin d'avoir un ministère des sports
et de la culture pour ouvrir une école d'art dramatique ?
Messieurs les producteurs-réalisateurs, si vous
voulez que le cinéma gasy bouge vraiment, vous savez ce
qu'il vous reste à faire, la balle est dans votre camp. Et
ce ne sont pas les beaux et les belles-gosses qui manquent à
Mada, ne reste plus qu'à leur apprendre à jouer.
;
<<Mais pour qu'il se généralise, il n'y a pas trop le choix : il faut des écoles d'art dramatique afin de promouvoir l'expression théâtrale.>>
Tout à fait d'accord Elman, le problème est , comme d'habitude, de trouver le financement. Autrefois, c'était le roi ou l'empereur qui promouvait la Culture, par pur mécénat ou volonté politique, par la suite , ce fut le privé , rare sont les pays comme la France ou on trouve encore des financements mixte (public/privé), le public veillant sur l'aspect purement culturel , le privé sur les rentrées financières. Mais dans les deux cas, il y a une convergence de vue et d'actions.
A mada, on n'a pas d'argent, on n'a même plus de ministère de la culture (le grand manitou ayant décidé que ce n'était pas important, vraisemblablement il veut amener la culture nationale à son niveau personnel).
Donc , bon courage à ceux qui se lancent dans cette démarche, sachant qu'avant d'avoir des conservatoires, cours Florent, julliard school ou autres Actor's studio, on aura droit aux écoles bidons dont on imagine ou vont finir certain(e)s élèves ...
#1 rahery a écrit le 05/05/2008 à 08:36
rahery a écrit le 05/05/2008 à 08:36 :
<<A mada, on n'a pas d'argent, on n'a même plus de ministère de la culture (le grand manitou ayant décidé que ce n'était pas important, vraisemblablement il veut amener la culture nationale à son niveau personnel).>>
C'est un peu contradictoire. Pas d'argent à Mada ?
C'est plutot un manque de volonté politique (au sens vrai du terme).
Il est même possible de se demander si le cinéma malgache peut avoir une existance.
Existence esthétique ou artistique : elle ne trouve pas grâce aux yeux d'Elman.
Existence technique : menacée par le piratage ou la duplication non autorisée.
Existence économique : a quel marché s'adresse le cinéma malgache ? Et par quels supports de diffusion peut-il aller à ce marché ?
<<Donc , bon courage à ceux qui se lancent dans cette démarche, sachant qu'avant d'avoir des conservatoires, cours Florent, julliard school ou autres Actor's studio, on aura droit aux écoles bidons dont on imagine ou vont finir certain(e)s élèves ...>>
C'est un peu l'histoire de la poule et de l'oeuf.
Il faut noter que les pays qui ont lancé l'ère cinématographique disposaient d'un "tissus" important de théatres et d'artistes.
Madagascar dispose (peut-être encore) de troupes de hira-gasy, comment se fait-il que cet élément culturel ne serve pas de base à un cinéma malgache ?
En fait j'ai ma petite idée mais ne préfère pas la développer maintenant.
Disons pour faire court que cela ressemble à l'exemple du JT dont parle Elman.
Un "marché" trop étroit pour assurer un revenu...
Une solution consisterait à penser grand, plutot qu'étriqué.
#2 Feng Chou a écrit le 05/05/2008 à 10:03
<<C'est un peu contradictoire. Pas d'argent à Mada ?
C'est plutot un manque de volonté politique (au sens vrai du terme).>>
Manque de volonté politique , c'est évident <<on n'a même plus de ministère de la culture >>
Manque d'argent (je suis surpris par le ?), cela me paraissait évident également.
Quant au socle culturel qu'est le Hira-Gasy ou le Vako-drazana, on est mal parti, puisque ces troupes ne font que survivre. Et je ne suis pas sur que la mort de Rabesigara ne signe l'acte de décès de ce genre de manifestation.
Mais bon, on peut essayer d'être optimiste, mais penser grand, me parait carrement démesuré. A mon dernier passage à Mada, y a pas longtemps, j'ai acheté quelques livres malgaches ou traitant de Madagascar à la librairie de Madagascar (Analakely). J'ai dépensé à peu près 150 000 ar ce qui met la culture hors de portée de beaucoup, alors voir grand ...Si c'est pour faire de la culture élitiste, je n'en vois pas l'avantage.
#3 rahery a écrit le 05/05/2008 à 11:19
C'est si dur que ça et si cher que ça de monter une école d'art dramatique ? Ou au pire de théatre ?
On a déjà des écoles de danse (cf Tahala Raharihasina) alors pourquoi ne pas passer à l'étape supérieure ?
Et les enseignants me demanderez vous ? Ouaip, gros problème.
Pourquoi je ne le fais pas puisqu'on dirait que "il n'y a qu'à il suffit de" ? :-)
Bah comme tout le monde, c'est parce-que j'ai pas le temps :-)
#4 elman a écrit le 05/05/2008 à 11:42
Le film à Mada il suffit de trouver sa marque de fabrique à la Malgache. Pas besoin des fortunes pour faire un film sauf si on se lance dans....
Au faites Elman, vous êtes très doué avec les photos pourquoi pas se lancer dans cette voie? Un sujet très malgache" Les Mpamosavy" par exemple ou "Rapeto, Koto be kibo," ou encore "Darafify" . Il me semble qu'il y avait un film, je m'en souviens plus exactement le titre mais il parle D'andrebabe! Je l'ai trouvé génial compte tenu du petit moyen qu'ils disposaient à l'époque.
#5 Rigole a écrit le 05/05/2008 à 15:13
Vous pensez exactement comme moi : pas besoin de milliards pour se lancer dans ce truc là...
Mais comme je l'ai dis, le temps, le temps... :-(
#6 elman a écrit le 05/05/2008 à 15:31
L'argent, le temps, manque d'argent, manque de temps !
Ca me rapelle l'histoire de l'enfer allemand et de l'enfer français !
Les fondateurs de la boite dans laquelle j'ai fait les 3/4 de ma vie pro disaient que le manque de temps était avant tout un manque d'organisation.
Mais je ne vais pas enfoncer le clou.
Le cas des livres cité par Rahery est très significatif, c'est avant tout un problème de taille de marché.
Soit l'on a une taille suffisante (cinéma US ou Indien) soit l'on a un volonté politique de faire ce qu'il faut pour avoir un cinéma "national" (cas de la France).
J'ai vu récemment une interview d'un homme d'affaire de Dubaï, qui voulait investir partout où cela était bien de le faire. Pourquoi pas pour du cinéma malgache ?
#7 Feng Chou a écrit le 05/05/2008 à 15:59
Par exemple quand Elman dit c'est le temps, on le comprend très bien, mais figurez vous, moi j'ai le temps en europe mais pas à Mada pour une seule raison, je ne suis pas sur place, j'ai tellement envie de faire des choses qu'à la fin je fais rien du tout, et je trouve que je gâche pas mal de temps le faite que je n'ai pas encore trouvé un compromis pour mes temps libre.
En europe c'est pas évident de faire quoi que ce soit et en plus si vous forcez trop on vous voit de mauvaise oeil, compte tenu de vouloir réussir son intégration et être discrêt pas facile, il ne faut pas écraser les autres , il ne faut pas se conduire comme des arrivistes, en bref j'ai l'impression que je tourne en rond, je ne peux pas m'éxprimer vraiment. Bref c'est comme ça, il se trouve que j'ai mon coeur ici et c'est tout! Mais, mais je n'ai pas encore dis mon dernier mot, pour l'instant je vous partage ce que je trouve juste et on verra après!
#8 Rigole a écrit le 05/05/2008 à 20:58
à chaque fois que je vois ce débat sur le cinéma malgache, je me demande toujours, pourquoi personne ne pense adapter des auteurs malgaches dans la veine de E.D. Andriamalala? ce sont de bonnes histoires qui ne devraient pas demander tant de financement que cela..
#9 mpamaky a écrit le 08/05/2008 à 01:18
Bonjour! juste un truck!? vous pouvez un peu me parler un peu du cinématographique à Madagascar?
#10 Manu a écrit le 04/06/2008 à 11:35  [1]
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