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Interview Office national du tourisme
.... « chacun essaie de promouvoir sa région »
En 2005, le film d’animation « Madagascar » aura contribué à faire parler de la Grande Ile à travers le monde. Cette année est aussi marquée par l’ouverture effective de l’Office national du Tourisme de Madagascar (ONTM). Cette nouvelle institution remplace donc l’ancienne Maison du tourisme qui a été dissoute. La mission reste toutefois la même : promouvoir la destination Madagascar. La structure actuelle est un exemple type de la décentralisation. Entretien avec Madame Irène Andréas Randrianjafisolo, Directeur exécutif de l’ONTM, recueilli lors de l’événement Vitrine de Madagascar.
MN : Cela fait plusieurs mois que l’Office national du tourisme est opérationnel, où est-ce que l’on en est aujourd’hui ?
IAR : Après dix mois, l’Office se met en place et a réussi à mobiliser ses membres, c’est-à-dire tous les opérateurs du secteur tourisme que ce soit l’hôtellerie, la restauration, les agences de voyages, les prestataires, les compagnies aériennes, les centres de formation... Tous sont maintenant fédérés autour de l’Office national du tourisme. Nous avons actuellement 25 membres. La mise en place des offices régionaux est faite également. Les 12 sites, c’est-à-dire les six provinces et les sites comme Nosy-be, Sainte-Marie, Fort-Dauphin, Morondava, Antsirabe, ont leur office régional du tourisme.
 Pour commencer, on a participé à des foires et des salons. On a aussi procédé à l’édition de guide au niveau des provinces. On a le guide de la nationale 7 qui vient de sortir, et aussi les dépliants sur Fianarantsoa, Nosy-be et Fort-Dauphin. Nous travaillons également en étroite collaboration avec les bailleurs de fonds et les ONG qui travaillent dans l’écotourisme. Pour ce mois de novembre, on a un éductour et un workshop avec quarante tours opérateurs et des journalistes qui viennent de France, d’Italie et des Etats-Unis. Le but c’est de faire connaître un peu plus Madagascar, afin que ces gens puissent mettre notre île sur leurs brochures et mieux vendre la destination.
MN : Qu’est-ce qui manque à l’Office ?
IAR : Ce qui nous manque c’est le budget, toujours. Il y a un manque de fonds, de financement. Si on a pu faire tout cela c’est grâce à l’appui des bailleurs de fonds. Le fonds dont nous escomptons proviennent des vignettes touristiques, c’est-à-dire la taxe sur les nuits dans les hôtels. Le recouvrement est actuellement de 40%. Si on veut faire véritablement de promotion, il nous faut 10 milliards Fmg par an. C’est peu mais on peut faire au moins des actions de promotion au-dessus de la moyenne : se faire connaître, avoir des supports, avoir des rencontres avec la presse. Avec cette somme, on peut déjà faire les salons qu’il faut, les éductours, les supports…
MN : Certains opérateurs touristiques se sont plaints du fait qu’ils aient eu à faire la promotion de la destination par eux-mêmes ?
IAR : Par eux-mêmes, pas tellement car il y a une contribution de l’Office. On fait participer les opérateurs. Par exemple pour les salons, on paie une partie des stands, les opérateurs se chargent de la location des mobiliers. Il y a quand même un partage des frais pour la participation au salon. Cette année, compte tenu de la mise à disposition des fonds, on va au fur et à mesure prendre en charge la promotion mais toujours en faisant participer à un certain taux minimum.
MN : Quelle est la différence entre l’actuel Office du tourisme et l’ancienne Maison du tourisme
IAR : Dans l’office, il y a plus de membres. Dans la Maison, il n’y avait que les privés qui étaient membres du conseil d’administration. Maintenant, au niveau des régions, on a intégré la mairie, les ONG qui travaillent dans l’environnement et les autres secteurs liés au tourisme. On est aussi représenté en province avec les Offices régionaux. Avant, la Maison n’avait pas d’antennes en province. Comment on fait ? Au départ, chacun essaie de promouvoir sa région. Nous, au niveau national, on se charge de faire la promotion de Madagascar à l’extérieur.
MN : En terme de promotion, est-ce que vous donnez un coup de pouce particulier aux régions touristiques moins avancées ?
IAR : Moins avancées à cause des manques d’infrastructures routières et d’hébergement également. C’est vrai qu’il faut les pousser, faire la promotion vers eux, mais on bute toujours sur ce problème d’infrastructures routières. Il y a aussi des problèmes d’infrastructures sanitaires ; les hôpitaux manquent. Des fois, il y a un manque de sécurité et les gens ont peur d’y aller. Chacun a ses atouts, on essaie de dynamiser chaque site. Dans un esprit de solidarité, on essaie quand même d’aider ceux qui sont en retard. Actuellement, il y a la règle de la rétrocession. Les vignettes collectées reviennent à 50% au site lui-même. Ils disposent donc d’un financement pour se rehausser eux-mêmes.
MN : La saison 2005 a-t-elle été bonne ou moyenne ?
IAR : Pour 2005, là, on a déjà une croissance de 13% par rapport à l’année dernière. Toutes les places d’avion sont réservées actuellement. Il y a vraiment un boom. Reste à construire vite des infrastructures hôtelières haut de gamme, 4 étoiles ou 3 étoiles. Il faut des hôtels sur tous les sites de Madagascar.
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Madagascar, Novembre 2005
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