|
Ajesaia champion mondial
.... le rêve a touché à son but
C’est en héros que les jeunes footballeurs de l’Ajesaia ont été accueillis à Antananarivo après leur sacre devant les plus grands clubs de football et centres de formation du monde lors de la 20ème édition du mondial des pupilles à Plomelin en France. Le club d’Itaosy est reconnu comme la meilleur pépinière de footballeurs à Mada même s’il n’a pas la structure d’un vrai centre de formation à l’instar de l’Académie Ny Antsika d’Antsirabe. La passion d’une famille pour le ballon rond et le talent indéniable des enfants a propulsé l’Ajesaia sur le tout du monde.
Ce n’est pas une compétition officielle organisée par la Fifa mais la notoriété du championnat mondial de football des moins de treize ans n’est plus à prouver. Le caractère « officieux » de l’événement n’enlève en rien la grandeur de la victoire face à des adversaires des plus prestigieux. L’Ajesaia est devenue la meilleure équipe de football du monde dans une compétition qui a réuni quelque 70 clubs issus d’une trentaine de pays venant de cinq continents. Pour arriver à son but, le club d’Itaosy a écarté sur son chemin des formations prestigieuses comme le FC Nantes, l’Olympique Lyonnais, Spartak de Moscou… Pratiquant un football champagne, concocté par l’entraîneur Andriambololona Jeremia ,qui fait parler le talent brut, l’Ajesaia est revenu au pays avec plusieurs trophées dans les bras : le titre de champion mondial, la meilleure équipe africaine, le meilleur buteur… Difficile de battre une équipe qui avait la meilleure attaque tout comme la meilleure défense et qui ne fléchit pas dans les moments critiques comme l’épreuve des tirs au but.
Le rêve est né sur un champ de maïs aménagé par la suite pour ce qui pourrait ressembler à un terrain de football. Antanikatsaka est le terrain de jeu de jeunes footballeurs d’Itaosy dont les plus talentueux ont pu intégrer le club de l’Ajesaia. Ce dernier a grandi avec ses footballeurs, ayant aujourd’hui une formation qui participe au championnat senior. Ce n’est plus un club de quartier car il intègre désormais des joueurs venant de tout Madagascar. Voavy Kassa, sacré meilleur buteur du championnat mondial des pupilles 2005 est originaire de Maintirano. L’Ajesaia c’est aussi une école de la vie dont les principes sont le travail et la foi. Le club veille à ce que ses enfants deviennent d’abord des hommes, ensuite, des footballeurs.
Leur titre de champion mondial a permis à l’Ajesaia de sauvegarder le mythe d’Antanikatsaka. Le maire de la Commune de Bemasoandro a lui-même reconnu la valeur sentimentale et historique de ce terrain de jeu qui a été vendu à des investisseurs chinois. Une négociation avec la société Sogecoa a abouti à un partenariat salué par tout le monde. Le terrain a été redonné à la mairie. Mieux, il sera aménagé en vrai terrain de football en l’honneur des « champions du monde ». Ces derniers ont été récompensés de leur exploit par diverses primes. La fédération qui croit en la possibilité d’améliorer le statut social grâce au football a octroyé Ar 2 millions. Le Comité Olympique malgache estime que l’Ajesaia a fait quelque chose de grandiose et a donné un encouragement d’une valeur d’Ar 3 millions. Logiquement, le ministère chargé des Sports a fait don d’Ar 4 millions. On espérait plus du représentant de l’Etat en la personne du président du Sénat. Ce ne fût pas le cas car Rajemison Rakotomaharo a donné en son personnel un « tso-drano » de 5 millions Fmg, soit Ar 1 million.
La performance de l’Ajesaia est un rayon de soleil qui illumine le sombre destin du football malgache. Dans la catégorie benjamine, nos footballeurs sont surnommés « les brésiliens de l’Océan Indien » grâce notamment à leur créativité dans le jeu. Malheureusement, cette suprématie est nulle dès la catégorie des cadets dans laquelle les qualités athlétiques, et l’encadrement de vrais centres de formation nous font déjà défaut. En senior, nos Scorpions arrivent quelquefois à piquer des adversaires mieux classés mais se font écrabouiller la plupart du temps. Même l’île Maurice est devenue un adversaire de taille qui a surclassé Madagascar. L’ironie du sort c’est qu’ils nous ont pris le nom fétiche de notre équipe nationale dans ses années de gloire : « Club M ». Que de regrets !
Maherizo - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com., Madagascar, Mai 2005
|