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Madagascar-Réunion
.... un don de l’Aurar pour sauver des vies
Un don de matériel de l’Aurar (Association pour l’utilisation du rein artificiel à La Réunion) a permis d’installer au sein de l’hôpital de Befelatanana un centre d’hémodialyse. C’est aussi le symbole de la coopération et de l’entraide entre les deux îles puisque la région Réunion a pris part au projet. L’insuffisance rénale n’est pas une maladie de riches même si la catégorie sociale des personnes qui ont accès aux soins appropriés laissent parfois le croire. Le coût de la dialyse est tout simplement vertigineux. Le centre hospitalier universitaire Joseph Raseta est désormais à même de renverser la tendance.
Paul Verger, président de la région Réunion et Lise Boyer, présidente de l’association Aurar sont venus à Antananarivo pour inaugurer le nouveau centre d’hémodialyse du CHU Joseph Raseta. Ce nouveau centre permettra de prendre soin plus de malades du rein. Les statistiques font état d’un taux de mortalité de 60%. Par ailleurs, de nombreux malades semblent condamnés d’avance, ne pouvant pas s’acquitter des sommes astronomiques nécessaires pour avoir accès aux soins dans les instituts privés. Le dialyseur permet de suppléer les reins dans leur fonction, une pratique indispensable durant le traitement. Le coût d’une dialyse peut aller jusqu’à Ar 900 000 par semaine.
Le CHU de Befelatanana propose désormais des soins plus accessibles mais qui ne le seront pas pour tous. Le coût d’une hémodialyse y varie entre Ar 160 000 et Ar 300 000 par semaine. Le président de la région Réunion a salué ce fruit de la coopération entre les deux îles. Il a rappelé l’autosatisfaction de celui qui fait un don : le fait de sauver une vie, celle de personnes anonymes.
La valeur du don offert par l’Aurar et la région Réunion s’élève à 200 000 euros ou Ar 500 000 000. Le lot comprend une machine de traitement d’eau, une cuve de réserve d’une capacité de 1 500 litres, 10 générateurs de dialyse et trois groupes de sécurité dynamap. Il comprend aussi des matériels d’hôpitaux comme des chaises roulantes, des civières, des lits autobasculants fournis par l’Union hospitalière de l’océan Indien (UHOI). On estime à 1 300 le nombre de patients du CHU Befelatanana qui ont des problèmes rénaux. La capacité du centre est de 30 malades pris en charge par jour, à raison d’un fonctionnement quotidien de 12 heures et que chacune des dix unités est utilisée par un patient durant 4 heures. Théoriquement, l’unité d’hémodialyse peut recevoir soixante malades en 24 heures, si elle n’arrête pas de fonctionner.
Le CHU de Befelatanana n’est pas le premier établissement « populaire » à disposer de matériel de dialyse. Le CHU Joseph Ravoahangy Randrianavalona en a déjà un qui est opérationnel. La prise en charge des malades par l’Etat n’est pas envisagée. Le coût du fonctionnement et l’achat des consommables présenteraient de lourdes dépenses à supporter par l’hôpital. La baisse des coûts des soins est déjà une bonne nouvelle même si cela ne résout pas encore tout le problème.
A Madagascar, le nombre des malades qui ont des problèmes rénaux est estimé à 6 000. L’insuffisance rénale aigue est un mal qui se soigne que ce soit par la médecine traditionnelle ou dans les hôpitaux. Par contre, l’insuffisance chronique est une mort annoncée pour un malade qui n’a pas les moyens de payer des séances infinies de dialyse. La greffe de reins n’est pas encore pratiquée dans le pays. De nombreux malades des reins ne se rendent même pas compte de leur maladie, faute de consultation.
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Madagascar, Mars 2006
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