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Carton rouge au travail des enfants
.... Madagascar ne peut pas éviter la prolongation
Mois de l’enfance, journée mondiale de lutte contre le travail des enfants, voilà une double raison pour justifier le débat social qui ne se fait qu’à demi-mot sur une question aussi brûlante. Le gouvernement et des organisations de la société civile ont décidé d’adresser un « carton rouge au travail des enfants ». C’est une campagne de sensibilisation qui est parrainée par les instances internationales du football dont la FIFA et la CAF. A Madagascar, la Fédération Malgache de Football et de nombreuses personnalités civiles et politiques se mobilisent pour transmettre le message.
C’est en 2002, que les instances du football ont été associées au Programme International pour l’abolition du Travail des enfants de l’Organisation internationale du Travail (IPEC) afin que le message soit transmis lors de grandes compétitions internationales. Ce qui est tout à fait approprié vu que des ballons de football de fabrication manuelle, donc meilleure, sont les œuvres d’enfants asiatiques. «Carton rouge» est donc une sensibilisation du public à la problématique du travail des enfants dont le but est la création d’un mouvement mondial visant à l’élimination de ce fléau. Quelque 2000 enfants scolarisés et déscolarisés ont participé à l’événement « carton rouge au travail des enfants », placée sous le parrainage de la première dame de l’Etat, Lalao Ravalomanana.
Madagascar a ratifié et adopté la Convention des droits de l'enfant. La Constitution malgache tout comme la loi va dans ce sens. Malgré la volonté de lutter contre ce fléau, la réalité est alarmante. En 2001, Madagascar a également ratifié la Convention n° 182 de l’OIT qui vise à éliminer les pires formes de travail des enfants dans un délai défini. Le Programme y afférent s’étalera sur 15 ans avec un plan d’action assorti d’objectifs fixés à l’avance. La Convention des droits de l'enfant dénonce toute activité qui les empêche d'aller à l'école et d'avoir suffisamment de repos. Ces enfants n’ont pas la chance de se développer, d’avoir accès à leurs droits, à commencer par l’éducation et la santé. Le Ministère de la fonction publique, du travail et des lois sociales a élaboré un nouveau plan d’action de lutte contre le travail des enfants dont dépendent certains secteurs informels de l’économie. Une fausse stabilité de l’économie ne pourrait justifier ce qui est humainement inacceptable.
Beaucoup travail reste à faire. En dépit du fait que le pays ait adopté la convention 138 relative à l’âge minimum d’admission à l’emploi à 15 ans, cette très jeune catégorie de la population constitue 11% des actifs. Le problème est plus grave en milieu rural où l’on enregistre 22% de travailleurs parmi les 6 à 9 ans et 36% pour les 10 à 4 ans, contre respectivement 8% et 13% en milieu urbain. Le fléau touche aussi bien les filles que les garçons. On estime aujourd’hui, qu’il y a 2 millions d’enfants et d’adolescents mineurs qui travaillent à Madagascar. Il faut préciser que l’âge minimum de 15 ans concerne surtout les salariés. Ce qui signifie que l’emploi d’un enfant comme aide familiale a été toléré par la société. Cette forme d’activité constitue par ailleurs près de 90% du travail des enfants et 75% chez les adolescents. Ces jeunes travailleurs sont très rarement payés directement. Carton rouge à la province de Mahajanga où le taux d’enfants travailleurs à plus de 40% est le plus élevé dans le pays, à l’opposé d’Antsiranana qui ne compte que 15%.
Dans un contexte de pauvreté extrême notamment en zone rurale, les enfants travaillent pour nourrir leur famille, ce qui est conforme aux coutumes et aux pratiques culturelles. Cette pauvreté peut être un problème collectif avec une défaillance des systèmes éducatifs, de santé et de justice inadéquats. Elle peut être personnelle et concerne la famille. A Madagascar, les pires formes de travail de l’enfant identifiées dans le cadre d’une enquête officielle sont : l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, le travail domestique, l’utilisation des enfants en milieu de travail dangereux comme dans les mines, les carrières de pierres et les déchetteries. Un enfant sur trois est obligé de travailler avant l’âge de 18 ans. A priori, ils n’ont pas le choix de faire autrement.
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Madagascar, Juin 2005
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