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Bonjour, Kolo Malagasy. Une petite présentation pour les
internautes ?
Bonjour Madanight et merci de nous recevoir. Kolo est une association culturelle pour les Malgaches vivant à l’étranger. Un de ses objectifs est de transmettre la langue
malgache aux jeunes et aux
enfants. Pour être efficace,
Kolo est restée
une petite association avec
seulement
quelques membres mais beaucoup d’amis et de partenaires qui partagent le même idéal.
Quelles ont été vos manifestations ?
Nous nous sommes aperçus très vite
que pour pouvoir transmettre quoi que ce soit, les adultes (nous mêmes)
avaient besoin d’une sérieuse remise à niveau. D’où l’idée de la dictée
malgache. La première édition a eu lieu le 8 mars 2003 avec le soutien de
la section Malgache du Département Afrique de l’INALCO (Institut National des Langues et
Civilisations Orientales). Cette première édition a été
pourvue de prix prestigieux avec, entre autres, des tableaux des peintres Jean Andrianaivo
Ravelona et Hazavana. Les textes sont des inédits de Aina dont nous reparlerons
sûrement.
Nous avons ensuite lancé
l’enquête "Tsy hiteny malagasy intsony ve ny zanatsika ?" avec le
magazine Rue Tsara B et les sites internet de la communauté
malgache. Nous remercions Madanight d’avoir joué le jeu. Cette
enquête s’est terminée par une conférence-débat le 18 octobre 2003 à
Paris avec les Professeurs Rajaonarimanana (INALCO), Ramamonjisoa
Niry Lanto (INALCO) le sociologue Rabeherifara Jean-Claude
(Université Paris X) et le Père Peltereau-Villeneuve, aumônier
Catholique de la communauté malgache en France. Nous tenons à
souligner que l’ensemble de ces manifestations ont été parrainées
par Madame l’Ambassadeur de Madagascar auprès de
l’UNESCO. Elles ont également le
soutien de l’Ambassade de Madagascar
.
Jarisoa Rakotoarivelo - Kolo
Malagasy - Février 2004
En janvier dernier, nous avons mis en
place avec la section Malgache et le service formation continue de
l’INALCO un cours de malgache pour adultes. Ils sont 14 à suivre
ce cours actuellement tous les mercredi soirs jusqu’en Juin.
Lors de votre
étude en Octobre 2003 sur l'état de la langue malgache, vous en avez retiré les
chiffres suivants :
57% "mahazo"
37% "miteny"
6% "Tsy miteny Tsy Mahazo"
Que peut-on déduire de ces chiffres ? Quel est l'état des lieux
?
Ces chiffres détrônent quelques idées reçues que nous avions. Il
y a quand même une très grande majorité de jeunes qui comprennent le malgache
(94%). Le principal effort est donc de les faire parler. Ce qui n’est pas aussi
simple. Il ne suffit pas de dire que c’est la faute aux parents. Il faut dire
qu’en majorité nous avons cherché à nous intégrer dans la langue française et le
jeune n’a fait que nous suivre en « zappant » la langue malgache. La clé c’est
que nous devons d’abord être fiers d’être malgaches et donc parler notre langue
à la maison.
Quelles seraient à votre avis les mesures à mettre en place
pour améliorer ces chiffres, comment faire pour que la langue malgache se
développe ou tout du moins ne disparaisse simplement pas au sein de la diaspora
? Selon vous, en plus de votre initiative, quels sont les volets éducatifs les
plus importants à mettre en place au sein de la diaspora.
Les « mesures » nous paraissent un
mot assez fort.
Nous voulons
plus donner envie car chaque membre des « zanaka am-pielezana » a sa
propre histoire. Cela passe par la littérature, la radio, les
sites internet mais aussi les associations ou congrégations religieuses. Pour la survie du malgache
(et donc la survie des associations malgaches) nous devons promouvoir les livres,
les émissions, les chants en malgache. Et cela commence à poindre si nous regardons de l’actualité
du premier trimestre (Soratononina, sortie du recueil de poèmes de Aina, Anniversaire
de Rado etc.)
Au niveau de la France, les
manifestations comme les RNS en prennent conscience. Pour chaque parent,
la conférence a juste rappelé qu’il n’y a pas à avoir peur de parler
malgache à son enfant dès son plus jeune âge. Les autres langues lui
viendront naturellement par la suite.
Mamy Andrianarivony - Kolo
Malagasy - Février 2004
Parlons de votre actualité.
L'édition 2004 de la dictée "Soratononina" aura bientôt lieu,
le 20 Mars 2004
prochain. Comment doit-on procéder pour y participer? Comment faire pour
s'entraîner et se préparer à cette édition 2004 ?
Pour Soratonon’2004, nous
combinerons l’événement avec la sortie du recueil de poèmes de Aina.
Ce sera un concert de Bessa et Lola, Rivo Ramanantoanina, Datita
Rabeson et Soafara. Bessa, entre autres compositeurs, a mis en
musique nombreux poèmes de Aina comme « Tojo anao ». Les
participants peuvent remplir un formulaire sur www.kolo-malagasy.org
ou envoyer un mail avec
leurs coordonnées téléphoniques. Il y aura trois niveaux de difficultés (« sokajy » en
malgache).
Sokajy 1 sera le plus difficile avec les personnes
ayant appris la matière malagasy à l’école, 4 ans ou plus (exemple 6ème à
3ème).
Sokajy 2 sera pour ceux qui l’ont appris moins de quatre
ans.
Sokajy 3 est réservé à ceux qui n’ont jamais appris le malgache à
l’école. Nous y attendons surtout les jeunes nés en France qui ont commencé à
apprendre.
Pour les personnes ne disposant pas
d’internet, trois numéros de téléphone sont à leur disposition
(01.48.80.66.03, 06.15.95.23.82, 06.62.34.68.10) ainsi que des formulaires
papiers à nous renvoyer que nous diffuserons cette semaine (Ambassade de
Madagascar, Foyers etc…). La dictée et la sortie du recueil de poèmes «
Farango Sosona » se dérouleront le 20
mars à la Faculté de Chirurgie Dentaire de Montrouge.
Vous avez donc le soutien de
l'UNESCO et de l'Ambassade Malgache
à Paris. Dans votre démarche d'éducation et de
sensibilisation, quel rôle jouent ces institutions ?
Nous sommes très heureux
de travailler avec les représentants en France du Gouvernement malgache. Ils nous appuient et nous
ouvrent leurs portes pour les différentes démarches car la langue malgache
est une préoccupation nationale.
Leur rôle principal est de faire connaître les enjeux à tous les
malgaches. Cela peut se faire par de longs discours mais eux ils ont choisi de
parrainer Kolo et faire travailler toutes les bonnes volontés ensemble. Cela
commence à être visible.
Sur un autre plan, selon vous, quel rôle peut jouer les
nouvelles technologies, sites Internet, Média, publications, ecommerce, etc.
dans cette démarche d'apprentissage de la langue malgache ? Quelles sont les
bons plans, les bons sites et les bonnes adresses que vous recommandez ? Quel
type de site nous manque-t-il ?
(rires) Madanight a un très
grand rôle à jouer [ NDLR :
]. Plaisanterie mise à part, lors de la conférence d’octobre nous
avons fait appel à toutes les bonnes volontés pour étudier l’apprentissage
du malgache par Internet. Nous avons mis en place un prototype sur http://www.i-teny.org/ . Beaucoup reste à faire. Trois type d’intervenants
sont nécessaires, les professeurs pour le contenu pédagogique, le tuteur qui assure le «
cours » et les techniciens du net. Les supports existent mais
il faut toujours mettre l’accent sur le contenu adapté à nos jeunes qui vivent
en Europe.
Pour les férus de littérature, il faut
visiter http://www.haisoratra.org/
mais de nombreux livres existent aussi à Madagascar à faire
connaître avec un début de mise en ligne de la librairie de Madagascar ou
l’Académie Malgache.
Le célèbre poète Rado va bientôt fêter ses 80 ans. Une
demande qui nous revient souvent sur Madanight est la demande d'apprentissage du
kabary, Haisoratra, Hainteny. Que répondre et comment satisfaire ces demandes?
Pour les Kabary, haisoratra et hainteny les livres existent
aussi. Ils sont souvent méconnus même à Madagascar. Nous tâcherons de les
trouver pour le 20 mars prochain. Quelques Mpikabary (orateurs) aguerris nous
ont contacté pour faire une démo et un apprentissage du Kabary. A suivre donc…
Un message à faire passer à ceux qui vous liront ?
Soyons fiers de notre identité malgache et de notre langue.
Kolo Malagasy, merci de nous avoir accordé cette interview. Nous
vous laissons le soin du mot de la fin.
Rendez-vous le 20 mars à Paris pour manifester notre
amour de la langue malgache. Si nous ne la connaissons pas encore parfaitement, c’est
le moment ou jamais. Nous vous offrons ces quelques lignes du poète Aina.
… hay moa misy aina
tsy niala na nandao.
Hay mamitsaka ao,
tsy nety nobangaina …
AINA
N’ayons pas peur, la langue malgache est bien vivante. Samia velon’aina e !
Interview réalisée le 22
Février
2004
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