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Toamasina
.... une guerre contre les moustiques et l’insalubrité
La ville de Toamasina est en train de traverser une très mauvaise période en cette fin de saison de pluie. La propagation de la grippe de type dengue dans la capitale de l’Est a provoqué une psychose fortement ressentie jusqu’à Antananarivo. Les grands moyens sont utilisés pour une campagne de démoustication. La cité a été polluée par des ordures entassées là où les camions de ramassage ne passaient plus. Finalement, c’est la région Atsinanana qui a pris l’initiative de nettoyer la ville, devançant une mairie dépourvue de moyens pour faire face à la situation.
Le gouvernement a lancé une campagne de démoustication afin d’endiguer la grippe qui sévit à Toamasina. Le type de moustique qui transmet le « dengue », l’aedes albopictus, est en effet diurne et… silencieux. Ils n’ont pas besoin d’un environnement clément contrairement aux anophèles. Les zones infectées sont quadrillées et aspergées d’insecticides. L’opération se déroule au niveau des Fokontany, dirigée par le comité d’hygiène et de salubrité publique. L’aspersion d’insecticide se fait à l’intérieur des domiciles et des bâtiments publics et dans les alentours. Cette fois-ci, des matériels sophistiqués ont été utilisés : des pulvérisateurs à main pour tuer les larves et des pulvérisateurs thermiques pour venir à bout des moustiques adultes, des gants, des combinaisons de protection, des masques… L’efficacité de cette opération peut durer six mois.
La démoustication de la ville de Toamasina sera accentuée dans les endroits populeux. Les bâtiments publics comme les écoles, la prison, les hôtels et boîtes de nuit, les lieux de cultes, les marchés… sont aussi concernés. L’insecticide choisi pour cette campagne est la cypermetrine, un produit habituellement utilisé à Madagascar, selon le ministre de la Santé Jean Louis Robinson. 125 mg de produit dilués dans 10 litres d’eau permet d’asperger 250 m² de surface. Si les autorités au niveau du centre de pilotage de la province de Toamasina disposent de tels moyens pour lutter contre les moustiques, c’est grâce à la coopération avec l’île de la Réunion. Une délégation d’une vingtaine de personnes composée de médecins, de militaires et de responsables administratifs est venue dans la ville du grand port dans le cadre d’un échange d’expériences entre les deux îles.
L’actuelle lutte contre les moustiques relève d’une approche commune qui consiste à endiguer plusieurs vecteurs de maladies différentes. Elle répond à une situation d’urgence à Toamasina et est organisée par un comité ad hoc interministériel. Toutefois, l’opération sera systématique à chaque saison de pluie. La démoustication d’une ville comme Toamasina relève d’une mission impossible. L’environnement naturel est plutôt favorable à ces insectes volantes. La cité est constamment sous la pluie. Elle est située tout près de canaux d’eau douce. Il y a aussi un vrai problème d’urbanisation car les eaux stagnent ici et là. La faute est en premier lieu au mauvais état des rues et des ruelles de la ville. Il est parfois difficile de trouver un endroit sec au lendemain d’une forte pluie. A ce rythme, Toamasina va finir par devenir la deuxième ville d’eaux…
Pour éviter la prolifération des moustiques, dans un contexte d’épidémie de grippe, l’enlèvement des ordures est devenu crucial. L’opinion publique commençait à grogner face à la relative inertie de la mairie de Toamasina. Le maire, en fin politicien, s’en est même excusé auprès de ses administrés et a promis de trouver une solution rapide. Un comité ad hoc pour l’enlèvement des ordures a été mis en place, sous la houlette du chef de région Atsinanana, Julien Andriamorasata. C’est l’entreprise Tsara vintana qui a eu la chance de décrocher le marché. Le matériel n’est pas a priori destiné à l’enlèvement d’ordures mais s’y prête avec efficacité. Des camions bennes et des tractopelles sont utilisés par les prestataires. Si la ville de Toamasina manque de moyens c’est en partie à cause de la non-obtention de la subvention qui lui est due mais que l’Etat central ne lui accorde pas depuis trois ans. La ville allait avoir la réputation d’être sale et pourrait même finir par avoir une sale réputation.
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de Tamatave
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Madagascar, Mars 2006
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