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Sida : lutte engagée pour une génération sans sida à Madagascar

Publié le 15/12/2005 23:02 par elman

Sida
.... lutte engagée “pour une génération sans sida à Madagascar”


La situation est beaucoup plus préoccupante qu’elle n’en a l’air. «La progression rapide de la pandémie VIH depuis 10 ans à Madagascar est très alarmante » estime le Secrétaire Exécutif du CNLS, Fenosoa Ratsimanetrimanana. Cinq enfants sont nés séropositifs tous les jours. Selon les statiques de l’Unicef, dans 90% des cas, les nouveaux nés contaminés naissent d’une mère séropositive.

La grande île s’est donc doté de quelque 220 centres de prévention de la transmission mère-enfant. Le déploiement de ces nouvelles infrastructures paraît plus lent que la propagation de la maladie. En 2006, le nombre de centres devrait doubler. La couverture totale du territoire devrait être atteinte d’ici cinq ans. En attendant, de nouveaux services sont créés dans les hôpitaux pour dépister et traiter les femmes enceintes séropositives. L’alarme a été tirée par l’Onusida qui a relevé la multiplication par quatre du taux de la prévalence chez les femmes enceintes entre 2001 et 2004. Sur les 170 000 personnes vivant avec le VIH/Sida actuellement, nombreux ne vont pas survivre. On estime à 80 000 le nombre d’enfants âgés de 0 à 17 ans qui vont perdre au moins un de leurs parents d’ici 2010.

Le programme “pour une génération sans sida à Madagascar” va durer cinq ans. L’objectif est de protéger les enfants et les jeunes malgaches de cette maladie notamment par le renforcement de la prévention de la transmission VIH de la mère à l’enfant, mais aussi par la mobilisation de la jeunesse sur l’information et la prévention. Faut-il rappeler que le taux des infections sexuellement transmissible de 4% pourrait augmenter de manière considérable le taux de prévalence du sida. Selon le Dr Andry Rakotomanana, chargée de programme VIH/ sida au CNLS, la lutte contre le sida a été orientée vers les populations rurales et les jeunes. Le Comité espère pouvoir maintenir la prévalence à ce taux relativement faible tout en agissant sur les facteurs de propagation du virus. Depuis 2004, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida est possible à Madagascar.

Le traitement aux ARV est gratuit et est disponible auprès des grands hôpitaux et les formations sanitaires des six chefs lieux de province. La couverture du vaste territoire de l’Ile est une nouvelle fois source de difficultés. Tous les citoyens sont invités à se faire dépister auprès des centres de conseil et de test volontaire. Le médecin référent incite les personnes séropositives à se soigner. Il leur prescrit le traitement antirétroviral (ARV), après examen. L’ARV n’est pas systématique si le taux de l’anticorps CD4 n’est pas inférieur à 250. Cette prise en charge est toutefois coûteuse pour les hôpitaux. Elle est estimée à Ar 200 000 par malade, par trimestre. Néanmoins, c’est la Banque mondiale qui finance les soins attribués aux malades via le Programme multisectoriel de prévention du sida.

A Madagascar le sida ne fait pas peur. En tout cas, le relatif échec de la sensibilisation pour l’usage du préservatif, dont le taux d’usage est tout de même passé de 3% à 35% entre 1997 et 2004 chez les jeunes, le démontre. Cette insouciance est le fruit d’une mauvaise communication au début des actions de prévention contre la maladie. On montrait en fait les images ou les photos de malades africains. Le choc était certes garanti mais les malgaches ne se sentaient pas concernés par cette pandémie qui ravageait déjà l’Afrique. Aujourd’hui, de rares personnes séropositives commencent à témoigner à visage découvert, ce qui donne enfin une image réaliste de la maladie. La stratégie ne consiste plus à faire peur car cela a déjà été un échec. Il s’agit de montrer que les personnes séropositives sont des gens bien portant quand ils sont pris en charge. Bref, c’est un appel au dépistage systématique du virus pour recevoir très tôt les soins. Le chiffre officiel d’un taux de prévalence de 1,1% suscite un sentiment de suffisance car on se réfère toujours à la situation qui prévaut en Afrique. Attention, danger.

Maherizo - Tous droits réservés - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits
© Madanight.com - Madagascar, Décembre 2005





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