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L’église au rang des institutions de la République
.... « God bless Madagascar »
La présentation des vœux des corps constitués qui s’est tenue à Iavoloha le 06 janvier dernier a montré une grande étape dans la collaboration Eglise-Etat. Le FFKM a pris une grande part à la cérémonie avec un rôle attribué à chacun des quatre chefs d’église qui le compose. A part la lecture du livre saint et la prière officielle, Le FFKM a présenté sa vision de la société malgache par la voix de son président Mgr Rémi Rabenirina.
Comme des parents qui s’adressent à ses nombreux enfants sans les nommer distinctement, les propos du FFKM suscitent parfois des interprétations. « Grand est celui que l’on persécute », qui par exemple ? « Que l’on tienne compte des avantages collectifs et non du profit individuel »… Bref, c’est de la rhétorique bien malgache qui permet de parler sans vraiment dire. Le FFKM ne se contente pas de l’éducation pastorale de la population malgache. Il prend aussi position sur les questions sociales comme la lutte contre la pauvreté dont le succès permettra de faciliter la lutte contre l’insécurité et contre la corruption. Les quatre églises condamnent « la violence et la persécution ». Elles dénoncent « le mensonge, le détournement de la variété et la médisance ».
Le message politique du FFKM est le challenge qu’il propose au pouvoir actuel concernant l’organisation d’une élection juste et équitable, le temps venu. Sans se référer ouvertement aux récents événements politiques, le Pasteur Rabenirina a appelé à la sauvegarde du « Fihavanana malagasy ». « Il n’y a aucun avantage que l’on puisse tirer de la discrimination et de l’incitation aux conflits entre malgaches » a-t-il lancé en précisant que la colère n’est pas un bon allié. L’église se dit prête à défendre les victimes d’une injustice. Le président du FFKM a aussi condamné toute profanation d’un emblème de la République. Il encourage tous les efforts dans le but de donner aux malgaches des informations « vraies et complètes » pour éviter les rumeurs.
C’est le Cardinal Gaëtan Razafindratandra qui a dirigé la « le culte national ». Le président du FJKM, Lala Rasendrahasina, a lu les écritures saintes. Le pasteur Rakoto Endor du FLM a formulé la prière à la gloire de Dieu, pour le bien de la nation et de son guide. L’assistance chantait des cantiques dont l’hymne nationale pour les églises « Zanahary ô, tahio ny tanindrazanay ». L’ambiance était vraiment pieuse, rien à voir avec une petite prière dont les malgaches ont pris l’habitude de formuler avant de commencer quoique ce soit. Le président Ravalomanana lui-même s’est plongé dans la prière, la tête respectueusement baissée, les yeux fermés et les mains jointes. Ce n’est qu’après que le Président Rémi Rabenirina a commencé la série de discours au nom du FFKM, le « raiamandreny » de la nation.
Aurait-il fallu organiser une cérémonie spéciale pour le FFKM, à Ambotsirohitra par exemple, afin que l’Eglise puisse présenter ses vœux au président de la République ? Cette interrogation devient légitime quand la Présidence justifie l’éviction du premier ministre Jacques Sylla et du président de l’Assemblée Nationale Lahiniriko Jean des discours officiels à Iavoloha par le manque de temps due à une innovation dans le programme. Par ailleurs, l’argument du temps ne tient pas vu la longueur du discours du Président du Sénat, promu représentant des quatre chefs d’institution. Au lieu d’avoir trois discours clairs et concis, on a eu droit à un discours, certes ludiques, mais auquel l’on peut reprocher certains flous et autres approximations.
Les quatre églises du FFKM ont eu droit « au micro » de différentes manières. Quant au président Ravalomanana, il a omis de prononcer une phrase de prière dans son discours en français après avoir terminé celui en malgache par un « Homba antsika anie ny Tompo ». Par contre, son court speach de vœux en Anglais a été clos par un fervent « God bless Madagascar ». Et pas seulement America.
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Madagascar, Janvier 2006
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