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FPVM-FJKM
.... rompu, le dialogue fait place aux débats médiatiques
Si la nouvelle église protestante a été ces derniers temps malgré elle à la une des actualités, l’ancienne n’a pas tardé à sortir de son silence et occuper le terrain des médias. Le ministère de l’Intérieur qui a publié puis exécuté l’arrêté décidant la fermeture de la FPVM (Fiangonana protestanta vaovao) n’a plus refait surface, non sans avoir justifié son acte devant l’opinion. L’affaire est devenu, au grand jour, ce que plus d’un ont pressenti, un différend entre l’église de Taninanandrano et l’église protestante de toujours, la grande FJKM. Cette dernière devait intervenir sur la place publique vu que la FPVM a endossé le rôle de la victime.
Ce n’est pas eux les victimes, c’est plutôt nous. On pourrait résumer ainsi le message du FJKM suite à la fermeture de l’autre église protestante. “Le bureau central de la FJKM n'a pas porté plainte auprès du ministère de l’Intérieur. Ce dernier a agi après avoir reçu les rapports envoyés par les paroisses victimes des actes illégaux perpétrés par des personnes de la FPVM”. II existerait donc des documents permettant d’identifier et de localiser les fauteurs de troubles. La FPVM a toujours voulu obtenir ces informations mais ni le ministère, ni la FJKM n’était en mesure ou ne voulait les lui donner. Les informations sur l’accusation ont été communiquées mais avaient encore besoin d’être argumentées pour justifier la sanction : vol présumé des oboles ainsi que des biens de l’église de la FJKM (verres, tables-bancs), débauchage des chrétiens, des pasteurs et des catéchistes de la FJKM, construction d’un temple FPVM à quelques dizaines de mètres d’un édifice de la FJKM, utilisation de puissante sonorisation, risque d’incendie volontaire sur des temples de la FJKM… Les ténors de la FJKM souhaitent vérifier ces informations: « le bureau national demandera aux présidents des 36 synodes régionales d'envoyer des rapports sur ce qui se passe vraiment au niveau de leur circonscription afin de prouver ces illégalités ». En attendant la démonstration a posteriori, il fallait occuper les médias afin que l’opinion n’entende pas qu’un seul son de cloche.
 A la télévision, il y a rarement des débats passionnants que ce soit dans le domaine de la politique, de l’économie, de la culture… Quand il s’agit de religion, tout est différent. Cela s’explique non seulement par la passion du Christ mais aussi par l’actualité elle-même qui en fait un débat de société. L’intérêt pour le public est de constater que de nombreuses déclarations et affirmations ne sont plus valables quand elles sont confrontées les unes aux autres. Le discours de la FJKM a été axé sur la loi. Tout porte-parole rappelle avec insistance que si la FPVM a été fermée c’est que cette dernière a fait des actes illégaux : confiscation de matériaux et usurpation d’église, non respect de la distance légale entre deux édifices religieux... La FPVM se défend en expliquant que le comité de Taninanandrano a recommandé aux mpiandry qui se croyaient propriétaires d’un temple à le rétrocéder au FJKM, il y a déjà trois mois. Les téléspectateurs auront appris que tout terrain sur lequel on construit un temple devient la propriété de l’Etat et cela au détriment de ses anciens ayant droit. Les débats ont révélé que le différend entre les deux églises est nourri par de nombreux malentendus qui montrent la susceptibilité de deux entités toujours sur la défensive.
« Que la FPVM reconnaisse ses fautes et se déclare coupable » ! En lançant cet apari, la FJKM n’aurait pas cru que l’église de Taninanadrano va s’y soumettre. Malgré tout, les membres du bureau central de la FJKM veulent se montrer magnanimes face à la presse : «après tous ses actes menaçant l’ordre public, tant que la FPVM ne reconnaîtra pas ses fautes et coupable devant les médias et le public, la FJKM ne lui accordera jamais la grâce ». On aura compris que le débat se fait désormais par médias interposés. Et ce qui devait arriver arriva, la FPVM a adopté la stratégie de l’humilité. Pour faire passer le message, la Mpiandry Neny Justine a prononcé les mots de la demande de pardon. Elle a fait franchement très bien que soit, on est saisie par la compassion, soit on est révolté par la représentation. D’habitude on implore la miséricorde de Dieu. Cette fois-ci, on se contente de celle du président. Bref, tout ce tapage va finir par devenir politiquement incorrect dans un pays qui a évoqué un temps la théocratie et où la christianisation a vu la puissante FFKM (la fédération qui regroupe les quatre grandes églises chrétiennes) et les petites églises jusque-là qualifiées de sectes travailler ensemble pour une campagne d’évangélisation. Quoiqu’il en soit, la collaboration Etat-Eglise risque de mettre sur la touche plus de cent associations cultuelles. Même si le FFKM n’apprécie guère le « débauchage » de chrétiens, les malgaches doivent se rappeler qu’ils sont libres de changer de confession. Si on les en empêche... ce serait vraiment de mauvaise foi.
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Madagascar, Novembre 2005
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