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Retrospective
.... ce qu’il
faut retenir de l’année 2004
Le pouvoir exécutif a tourné à plein régime
en 2004 pour lancer définitivement le processus
de développement que l’on souhaite rapide et
durable à Madagascar. Le pays est alors entré
dans une phase de transition au cours de laquelle
le changement n’est pas encore bénéfique pour
une grande partie de la population. Les problèmes
sociaux, dont la psychose causée par la pénurie
du riz, et les mesures économiques peu pertinentes
ont relégué au second plan des grandes réalisations
notamment dans le domaine des infrastructures.
2004 a été une année de sacrifice pour une partie de la population. Le président
Ravalomanana a reconnu lui-même les difficultés
auxquelles sont confrontées les familles malgaches
même s’il a l’habitude de dire à ses concitoyens
d’être patients Le chef de l’Etat entend compter
autant sur la capacité de Madagascar à produire
que sur l’aide internationale. Il a annoncé
un taux de croissance de 5,3% en 2004
et déjà de bonnes nouvelles comme la hausse
des salaires en 2005.
5 000 km de route nationale ont été réhabilitées
ou construites en 2004. Parmi les grands
travaux, on peut citer la RN 6 qui relie Antananarivo
à Antsiranana, les routes dans la région de
la SAVA et à Horombe. La route, c’est aussi
dans la ville. Les infrastructures d’Anosibe
en plein Tanà ont même été l’un des prétexte
de la visite éclaire du président français Jacques
Chirac à Madagascar. Petites rocades et
autres by-pass auront bientôt raison des embouteillages
dans la capitale. Le président Ravalomanana
fait de la construction de routes un cheval
de bataille pour le développement. Il en reconnaît
aussi l’impact politique et associe même l’image
de sa personne aux grands projets de construction
tout en étant persuadé que la population lui
en sera reconnaissante.
Les problèmes socioéconomiques ont secoué le pays en 2004. L’effet d’annonce
espéré concernant l’importation de riz a été
plus que négatif. Le « riz gouvernemental
» à 3500 Fmg le kilo a eu du mal à atténuer
la hausse des prix. La pénurie a pourtant été
prévisible suite au passage des cyclones Elita
et Gafilo qui ont fait des ravages dans plusieurs
régions de l’Ile. Les prix des carburants ont
aussi flambé en 2004, avec une hausse pouvant
atteindre les 50%. L’explication officielle
est le contexte international où le baril a
atteint les 53 dollars.
La forte dépréciation de la monnaie nationale a empiré les choses. L’euro qui
s’échangeait à 6 500 FMG en début d’année se
vendait jusqu’à 16 000 Fmg, encouragé
par la spéculation, avant de redescendre à un
taux plus raisonnable qui est de 1/12 500. Pour
préparer le pays au passage à l’Ariary, des
nouveaux billets de banque ont été mis en circulation.
La chute du FMG a remis en cause le bien-fondé
de la mesure de détaxation lancée en 2003 et
qui a multiplié artificiellement les importations,
causant une pénurie en devise.
Quoiqu’il en soit, Madagascar a atteint en octobre 2004, le fameux point d’achèvement
qui lui a valu l’annulation de la moitié de
ses dettes, soit environ 2 milliards de dollars.
Madagascar a reçu l’encouragement de la Banque
Mondiale et de son président James Wolfenson.
Si les grands investisseurs se font attendre,
certains secteurs économiques affichent de bons
résultats à l’exemple du tourisme. Le milieu
des affaires a été perplexe face au « nettoyage
» orchestré par le gouvernement concernant des
sociétés étrangères. L’affaire Galana
contre l’Etat a vu le premier sanctionné par
1000 Milliards Fmg d’amende assortis de sept
mois de prison pour son DG.
Si le gouvernement n’a pas réussi à résoudre les problèmes qui rongent l’enseignement
supérieur, l’éducation pour tous semble bien
partie. L’année 2004 a aussi été marquée par
la montée du grand banditisme aussi bien en
milieu urbain que rural. Une situation que les
forces de l’ordre maîtrisent plutôt bien. On
pourrait aussi se rappeler de l’explosion de
grenades dans plusieurs villes mais qui n’ont
pas fait de victimes. A signaler aussi toute
la frénésie qui entoure la lutte contre le
sida.
Sur le plan politique, 2004 a été marquée par l’épanouissement de Madagascar
au sein de la communauté internationale que
ce soit au niveau de l’Union Africaine, de l’ONU,
des pays francophones ou de la région Afrique
de l’Est et Océan Indien. C’est l’année de la
mise en place des 22 régions dans la Grande
Ile. La volonté présidentielle consiste à rapprocher
l’exécutif des citoyens. Les premiers chefs
de régions ont été recrutés par manifestation
d’intérêt. Sans élection, l’opposition a donc
été écartée. Sous l’égide du Comité pour
la Réconciliation Nationale ou du Rassemblement
des Forces Nationales, celle-ci se focalise
encore sur une réconciliation ou une conférence
nationale. Elle défriche déjà les terrains pour
les élections futures comme le fait de son côté
le parti présidentiel TIM qui a démontré
toute son envergure par le biais d’un congrès
national digne de ce nom. Face aux critiques,
attaques et polémiques initiées par les opposants,
le pouvoir a réagi avec autorité, mettant en
exergue la limite de la liberté d’expression.
Maherizo
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© MADANIGHT.com., Madagascar, Janvier 2005
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