Personnage à la
fois adulé et controversé, Roland Ratsiraka dit souhaiter
que les dirigeants actuels s'activent à tourner
définitivement la page 2002. Il n'y a pas longtemps, il a
accueilli le Président Ravalomanana à la mairie de
Toamasina et affichait sa volonté de collaboration avec le
pouvoir central. Un moment accusé de trahison politique par
certains de ses alliés, le voilà qui revient à la
charge en rappelant les " conditions " d'une collaboration en faveur de
la paix sociale et du développement économique.

Conférence
de Presse Roland Ratsiraka - Madagascar Hilton -
Mercredi 15 Septembre 2004
Roland Ratsiraka est presque
gêné d'évoquer selon
ses dires " des choses qui fâchent " alors que le
président Ravalomanana a fait " le premier pas " en se rendant
à la mairie de Toamasina. " Il a lancé un appel, moi je
réponds d'accord, mais il faudra libérer les prisonniers
politiques, permettre aux " raiamandreny " exilés de rentrer au
pays… " Roland Ratsiraka se félicite toutefois de la grâce
présidentielle accordée à certains prisonniers
arrêtés dans le cadre de l'après-crise 2002. Il a
affirmé que " l'ex-président Didier Ratsiraka est en
bonne santé, il est à Paris et il respecte les lois en
vigueur dans son pays d'accueil ". Le maire de Toamasina voit la visite
du président français Jacques Chirac
à Madagascar
comme un message adressé aux malgaches. Si la France
tolère les exilés des événements 2002 chez
elle, pourquoi on ne les accepterait pas chez nous s'interroge le neveu
de l'ancien président. Roland Ratsiraka croit que seule
l'amnistie, donc l'arrêt des enquêtes et des perquisitions,
pourrait apporter la stabilité politique.
Le leader de Toamasina Tonga Saina dit ne pas vouloir entrer dans les
débats politiques et affirme ne pas en avoir le talent. S'il
réitère sa volonté de voir la vie de tous les
malgaches " revenir à la normale ", Roland Ratsiraka est
beaucoup plus incisif contre le gouvernement qu'il juge ne pas aider le
président à aller dans la bonne voie. " Monsieur Sylla,
je le respecte, je n'ai pas à le noter, je n'ai même pas
envie qu'il me note… Je dois dénoncer les points essentiels et
graves car on m'a élu pour ça ". Parmi ces points,
l'ancien député de Toamasina soulève la
dépréciation du Fmg qui a perdu 80% de sa valeur en six
mois, le prix du riz qui est passé du simple au double pour
atteindre les 4500 Fmg le kilo. Il déplore aussi la "
répression " de certaines entreprises. " Face à la
mondialisation, on doit être capable de se développer et
d'affronter la concurrence, nous avons trop l'habitude du monopole "
souligne Roland Ratsiraka. Ce dernier a relativisé la bonne
nouvelle de l'octroi d'une subvention de 1,5 milliard Fmg à la
ville de Toamasina qui n'en a pas bénéficié en
2002 et 2003. Cette année, la ville aura environ un budget de 13
milliards contre 9 milliards en 2003.

Conférence
de Presse Roland Ratsiraka - Madagascar Hilton -
Mercredi 15 Septembre 2004
Malgré les reproches qu'il a formulées à l'endroit
du gouvernement, motivées selon lui par la
détérioration de la confiance en notre économie et
l'instabilité politique latente, Roland Ratsiraka appelle les
politiciens à laisser l'exécutif travailler. " Nous ne
disons pas qu'il faut changer le gouvernement, ce n'est pas notre
problème à nous, Toamasina Tonga Saina ". Le maire de la
ville de l'Est se défend de vouloir faire de la politique et
rappelle que TTS n'est qu'une association. Il semble amusé par
l'idée d'un " Talatamaty Tonga Saina ", bref les sollicitations
de toute part pour dupliquer le TTS à l'instar de Tiako Iarivo
devenu TIM. Roland Ratsiraka affirme vouloir se concentrer sur
Toamasina et ne s'intéresse pas à un dessein national ni
plus tard à la magistrature suprême. En tout cas, il a un
discours politique qui cache mal des ambitions légitimes : " Je
suis prêt à rejoindre les gens qui défendent un
intérêt commun pour le développement sans entrer
dans la politique ". Doté d'un nouveau statut depuis qu'il a
triomphé de nombreuses embûches politiques et
administratives, il a une facilité de communication alternant le
malgache et le français, avec un peu d'humour et une
pincée d'arrogance qui nous rappelle vraiment quelqu'un. Le
jeune Ratsiraka s'est fait un prénom.
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