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Date des élections
.... la polémique s’estompe, les doutes persistent
Finalement, la polémique sur la date de l’élection présidentielle s’est arrêtée. Une décision de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a mis fin à toutes supputations sur le début du mandat de Marc Ravalomanana en 2002. La date de l’élection est avancée au 03 décembre 2006, officiellement pour des raisons météorologiques qui pourraient influencer le déroulement du vote. Le nouveau débat politique relève désormais de la transparence d’une élection que tout le monde, malgaches et représentants de la communauté internationale, souhaite démocratique.

Le président Ravalomanana promet une élection démocratique et dans une totale transparence. « Nous faisons la promesse que les malgaches savent ce qu’ils font, qu’ils ont des valeurs morales comme la fraternité et le « fihavanana », et qu’ils sont compétents », a-t-il déclaré à propos de l’organisation de la prochaine présidentielle. Marc Ravalomanana encourage la concurrence sans manquer toutefois de prévenir les concurrents potentiels. Le président affirme que la porte est grande ouverte pour ceux qui veulent se porter candidat, tout en précisant qu’il ne craint aucune candidature.
En avançant la date de l’élection au 03 décembre, le président Ravalomanana évite d’organiser le scrutin dans les délais prévus par la constitution. Il esquive ainsi la question de savoir si l’investiture prise en compte est celle du 22 février 2002 ou celle du 06 mai 2002. Il n’empêche que la HCC reconnaît implicitement que le repère du gouvernement est bien le 22 février, soulignant que « le délai d’anticipation ne présente pas un caractère excessif». Elle a affirmé que le changement de date n’est pas trop conséquent et que l’argument du risque de cyclone est déterminant.
Comment éviter une répétition de la crise de 2002 ? Face à la difficulté d’entente entre le régime et les opposants à propos de l’organisation de la prochaine élection présidentielle, c’est le Système des Nations-Unies qui est le premier à proposer une aide concrète au gouvernement pour préparer non seulement le déroulement du vote mais aussi l’avant et l’après élection. Il s’agit d’un simple appui technique et logistique. L’organisation de l’élection reste encore aux mains du ministère de l’intérieur. La question de l’observation internationale n’est pas encore évoquée.
La proposition concrète de l’ONU, qui est une suite logique de la visite de son Secrétaire Général à Madagascar, ne suffit pas à rassurer les opposants au régime Ravalomanana. La refonte du code électoral est avancée comme une condition sine qua none d’une élection libre et démocratique. Le verrouillage opéré par le parti présidentiel à l’Assemblée nationale n’est pas prêt d’être levé. Le numéro un du TIM, Solofonantenaina Razoarimihaja a utilisé une métaphore éloquente : l’on ne change pas le code de la route parce qu’il y a eu des accidents.
Pour garantir une élection neutre, l’hypothèse d’une période de transition a été vouée à l’échec dès le départ. Certains opposants qui n’épousent pas les idées des 3FN suggèrent un remaniement gouvernemental en intégrant des ministres issus de l’opposition. Le but serait d’éviter que l’organisation de l’élection devienne une cuisine interne du régime. Une autre idée a fait une brève apparition : confier les préparatifs, l’organisation et le suivi des élections à des entités neutres issus de la société civile et de la communauté internationale. Cela paraît trop irréaliste pour que le ministre de l’Intérieur s’en inquiète. Pour le moment, ce sont les politiciens de l’opposition qui n’ont pas annoncé leur candidature qui tirent la sonnette d’alarme sur l’improbabilité supposée d’une élection libre, démocratique et transparente à Madagascar.
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Madagascar , Mai 2006
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