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Bonne gouvernance
.... Ambotsirohitra façonne le modèle
La présidence de la République reste encore la représentation de la bonne gouvernance dans l’imaginaire collectif des malgaches. Cela s’explique par diverses raisons. Tout d’abord, le terme est maintes fois répété à chaque intervention publique du président Ravalomanana, relayée par les différents médias dont l’audiovisuel public. Les médias privés qui critiquent le pouvoir ne sont pas bien perçus par l’opinion. A Ambotsirohitra, une direction générale et consacrée à la bonne gouvernance. Le concept est associé au programme politique du Marc Ravalomanana et non moins à sa propre personne. Selon des études effectuées en 2005 et à laquelle la société malgache COEF Ressource a participé, deux malgaches sur trois feraient confiance au président de la République.

La bonne gouvernance est une question de confiance entre les dirigeants et les administrés. Cela résume la conviction du président Ravalomanana qui essaie d’impliquer la population dans les affaires de l’Etat. Si le chef de l’Etat ne manque pas de motiver la population pour pouvoir compter sur elle, cette dernière lui fait encore confiance, du moins trois ans après sa prise de pouvoir. Cette opinion positive est sans réserve pour un malgache sur cinq. Malgré des résultats économiques qualifiés de « mitigés », la popularité de Marc Ravalomanana ne baisse pas. L’image du président semble protégée par une opinion qui évite de le compromettre. Par exemple, un malgache sur deux est convaincu que la corruption sévit dans l’entourage direct du président. Ils sont 27% à croire qu’il n’y a pas de corruption à ce niveau. En tout cas, le modèle de bonne gouvernance d’Ambotsirohitra doit encore faire ses preuves.
Dans l’ensemble, les Malgaches se montrent plutôt confiants dans les institutions qui bénéficient de l’aura présidentielle. La situation est cependant très variable pour les autres. L’Assemblée nationale est la moins appréciée. 58% des malgaches pensent que cette institution est infectée par la corruption. Les partis de la mouvance présidentielle qui disposent d’une majorité confortable dans la chambre basse ne jouissent que de 50% d’opinion favorable. Ils n’ont pas de raison de s’inquiéter puisque les malgaches apprécient encore moins les partis de l’opposition qui n’ont que 15% d’opinion en leur faveur. Si on raisonne de manière positive et juger l’intégrité des différents représentants de l’autorité, 22% de l’opinion seulement sont favorables aux sous-préfets, contre 29% aux conseillers municipaux.
La corruption est considérée comme un fléau endémique à Madagascar. Elle n’altère pas forcément la confiance des gens en une institution. La police a toujours la confiance de la population alors que près de trois malgaches sur quatre pensent qu’elle est touchée par la corruption. Il n’empêche que le service de maintien de l’ordre s’avère satisfaisant. La justice ne bénéficie pas de ce paradoxe. Conscient de la corruption qui existerait chez les magistrats, l’opinion ne leur fait pas du tout confiance – le solde d’opinion est négatif - et a même de la méfiance. La corruption est par ailleurs considérée comme la première raison de la mauvaise gouvernance et des dysfonctionnements des institutions de l’Etat. La politique active initiée par le président Ravalomanana pour lutter contre la corruption a déjà porté ses fruits notamment dans la répression des petits délits en la matière. Aujourd’hui, on parle désormais d’intégrité, pour penser positif.
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Madagascar , Mai 2006
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