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TIM vs GPDM
.... un vote qui met au grand jour la scission dans la majorité
Il vaut mieux être détesté par le roi que par le peuple. Cet adage malgache pourrait être le leitmotiv des membres du Groupe parlementaire pour le développement de Madagascar (GPDM). Cette formation a été créée en réponse à l’éviction du président de l’Assemblée nationale du parti présidentiel. Lahiniriko Jean a annoncé que le nouveau groupe parlementaire acquis à sa cause compte une quarantaine de députés issus majoritairement du TIM.
 Annoncée comme un coup de bluff, la constitution du nouveau groupe parlementaire pro-Lahiniriko a été finalement prise au sérieux. Une démonstration arithmétique à l’appui, le TIM soutient qu’il est impossible que le GDPM puisse compter une quarantaine de membres. Si c’était vrai, le parti majoritaire n’a aucune chance de faire passer la motion de destitution. De leur côté, les partisans de l’actuel président de l’Assemblée nationale pensent que le TIM ferait preuve de naïveté s’il croit pouvoir se débarrasser de Lahiniriko Jean par le vote d’une motion. C’est sans compter sur la détermination de Razoarimihaja Solofonantenaina et consorts qui comptent faire passer la motion coûte que coûte, avec une deuxième option si jamais il y a un échec. Le passage en force est réussi si le TIM arrive à écarter le vote secret. On imagine mal ses députés oser défier le parti en votant en toute indépendance faisant fi des consignes, ou plutôt des ordres. En attendant, c’est le désordre à l’Assemblée nationale.
Les députés de l’opposition se sont faits discrets, ne prenant même pas position ouvertement en faveur du maintien de celui qui leur a ménagé une marge de manœuvre afin qu’il y ait ce qui ressemble à une démocratie. Saina Michel a juste lu quelques articles de la constitution pour confirmer que le vote doit être secret afin d’en garantir l’indépendance. Visiblement, c’est ce que craignait le parti majoritaire. Sur les 160 parlementaires à l’Assemblée, il faut que les deux tiers, soit 104 votent pour la motion pour que cette dernière soit adoptée.
Le camouflet lors de la session prévue pour le vote a montré que le TIM n’a pas confiance aux 107 députés qui ont signifié leur intention. Il soupçonne des manœuvres de ses adversaires qui pourraient influencer les parlementaires de la majorité. Il existerait une différence entre le fait de signer pour que la motion passe au vote et voter pour l’adoption de la motion. Un vote secret aurait été fatal pour les partisans de la motion, sans certaines précautions. Le député Marson Evariste a rappelé que tel mode de scrutin a déjà été adopté par cette assemblée du temps du premier ministre Ravony. Ce qui a par ailleurs permis à ce dernier de rester à son poste puisque le Non a toujours triomphé lors des motions de censure.
Les arguments des parlementaires TIM consistent à discréditer le bureau permanent et surtout le service administratif de l’Assemblée nationale qui organise le scrutin. Ils ont écarté toute utilisation d’un isoloir arguant que l’on n’en avait pas besoin pour élire le président de l’Assemblée nationale, et que la voie de sortie doit être la même que celle de l’entrée. Certains ont même accusé le président de séance Jaosoa Jean Pascal de partialité. Les partisans de la motion souhaitent absolument que le vote soit public. C’était un moyen pour le député de montrer qu’il a voté la motion et permet au bureau politique de connaître ceux qui ne respecteraient pas la consigne et de les en dissuader.
Le président du GPDM a justifié la scission avec le parti TIM par les dérives qui auraient mené le parti majoritaire loin de l’objectif initial. Le TIM n’a pas pris le cap de la démocratie, et certains de ses députés ne veulent plus être dans le même bateau. Le député Jean Adolphe trouve que le fait de « retourner sa veste » est parfois nécessaire. Il rappelle que la députation n’est pas un mandat impératif. L’élu d’Antsiranana I se demande qui est le plus honnête entre un parlementaire qui se contente d’exécuter les ordres d’en haut ou celui qui décide de défendre les intérêts des citoyens. Jean Adolphe a relayé Lahiniriko Jean en dénonçant le fait que des hommes politiques ont peur de s’exprimer. Pour lui, les députés qui ont font preuve d’hostilité durant les débats sur cette motion ne sont que des marionnettes sans oser toutefois prononcer le nom de celui qu’il croit tirer les ficelles.
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Madagascar , Mai 2006
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