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Assemblée nationale
.... qui veut la peau de Lahiniriko Jean ?
La question se pose au sens propre tout comme au figuré. Le président de l’Assemblée nationale a pris un ascendant psychologique sur ses anciens amis devenus ses ennemis d’aujourd’hui. Le vote de la motion de destination annoncé comme acquis par le parti TIM n’a pas pu avoir lieu vendredi. Les députés du parti présidentiel semblaient timorés par l’enjeu. Ils ont tout fait pour que le vote ne se fasse pas de manière secrète comme c’est prévu dans la constitution. Le TIM s’en sort bien avec ce report car visiblement, le parti n’était pas sûr de ses cartes.

Il a dû s’expliquer devant ses pairs. Il a précisé la question et la réponse lors de l’interview d’un journaliste iranien : l’énergie nucléaire utilisée à des fins pacifique comme l’agriculture et l’électricité. Pour ce qui est de son absence lors de la visite du président Allemand, Lahiniriko Jean a parlé de raisons qui sont des secrets d’Etat. En clair, il s’est senti menacé physiquement. « Comment peut-on manger à la même table avec vos ennemis » a-t-il déclaré. Pour démontrer le danger qui plane sur lui, le président de l’Assemblée nationale a fait passer un message choc. Il a tout simplement déboutonné sa chemise et a montré aux autres députés son gilet pare-balle, avec une certaine émotion. « Ne pensez pas surtout que j’aime porter ceci, par ce temps de chaleur, j’aimerai être comme vous » a-t-il ajouté.
Le président de l’Assemblée Nationale a justifié certaines de ses absences lors de cérémonies officielles par détérioration irréversible de « la confiance et de l’affection » qui existaient entre lui-même et les dirigeants. « Pourquoi, ce Lahiniriko qui a tout, les honneurs, le siège, ne sait-il pas encore bien se tenir ? » se pose-t-il la question. Et lui-même de répondre : « j’aurai pu dire tout le temps, +oui monsieur le président+ ». Mais il y a toujours un « mais… » Pour une fois, le président de l’Assemblée nationale a révélé publiquement l’intervention de l’Exécutif et les injonctions présidentielles. Ce qui remet en cause la séparation des pouvoirs. Mais, Lahiniriko Jean a fait partie du parti présidentiel, ce n’est pas donc aussi extraordinaire que le président donne des consignes à sa majorité. A moins que ces interventions auraient pu devenir des entorses à la démocratie au point que le président de l’Assemblée refuse de s’exécuter.
L’exécution politique de Lahinirko Jean n’a pas pu avoir lieu. Il est reparti du palais de Tsimbazaza en tant que président de l’Assemblée nationale non sans avoir eu une petite pique à l’endroit de ses anciens amis du TIM : « quand vous avez proposé la motion de destitution en 2005, les honneurs de l’Assemblée nationale ont été bafoués ». L’élu de Betioky a fait preuve d’humilité en prenant place au premier rang comme un simple député, laissant le privilège au député Jaosoa Jean Pascal de conduire la séance. Au moment de passer au vote, les députés de la majorité refusaient le mode de scrutin. D’abord, ils ont exigé que le vote ne soit pas secret. Ensuite, l’on a remis en cause le bulletin unique sur lequel le parlementaire doit cocher oui ou non, selon qu’il accepte ou non la motion de destitution. La tension a été telle que l’ambiance était houleuse et le ton colérique et agressif.
La suspension de la séance et le report du vote pour un autre jour sont à la fois une victoire et une défaite pour le parti présidentiel. Ce dernier a refusé le mode de scrutin qui ne le permet pas de voir que les 107 députés tiennent leur promesse et votent pour la destitution de Lahiniriko Jean. Il a sérieusement mis en doute l’intégrité et l’impartialité du bureau permanent et du service administratif de l’Assemblée. Le président de séance, Jaosoa Jean Pascal a donc annoncé que le bureau permanent va se réunir et va saisir l’avis de la Haute Cour Constitutionnelle sur le mode de scrutin à adopter. En 2005, la décision de cette haute juridiction a été favorable au président de l’Assemblée Nationale. Lahiniriko Jean a donc survécu à une élimination politique programmée sur une place publique qu’est la chambre basse. Ce n’était peut-être pas la peine de venir avec un gilet pare-balle sous la chemise.
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Madagascar , Mai 2006
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