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Nouveau code électoral
.... le CNOE brûle les étapes, selon l’Arema
Ne peut dire « national » qui il veut. Même le sacro-saint KMF/CNOE, la référence en matière d’observation des élections et d’éducation de citoyen est remis en question. La consultation nationale qu’il a organisée dans le but de débattre d’un projet de code électoral souffre d’un manque de légitimité. Tout comme le parti présidentiel qui est farouchement opposé à toute modification dudit code, le parti d’opposition Arema n’approuve pas la démarche entreprise par le CNOE (Comité national pour les observations des élections), mais pour d’autres raisons.

L’Arema serait le parti qu’il ne fallait pas oublier d’inviter d’autant plus que les héritiers politiques de Didier Ratsiraka ont leur mot à dire à propos du code électoral. Les responsables de ce parti n’ont pas tenu à plébisciter ni la démarche du CNOE, encore moins la proposition de code avancée par ce dernier. L’Arema réfute que la participation du peuple à la vie politique du pays soit conditionnée par la tenue d’une élection libre et démocratique. Cela pourrait dire en effet que ce droit des citoyens n’est pas acquis. Il serait encore plus difficile de le faire valoir par les temps qui courent. La nuance est difficile à saisir. Elle pourrait être interprétée de différentes manières surtout quand l’Arema rappelle la place que tient le peuple, à la base de tout pouvoir, dans la souveraineté nationale. Election ou pas ?
Les Vaovao Benjamin et Ramasy Adolphe militent encore pour la cause des exilés de 2002. Le parti regrette que le CNOE n’en tienne pas compte. Le Secrétaire national administratif, en la personne du Sénateur Vaovao Benjamin, estime que «le déroulement de cette consultation nationale semble faire l'impasse sur le processus de dialogue entre le régime et l'opposition ». La révision du code électoral et la préparation des élections devraient, selon l’Arema, se dérouler dans un climat politique serein. Bref, le parti de Pierrot Rajaonarivelo attend encore que le dialogue initié entre le pouvoir et les opposants, jusque–là limité à un entretien entre Rajemison Rakotomaharo et Richard Andriamanjato, fasse baisser la tension. L’Arema exige des garanties et souhaite obtenir du régime certaines concessions afin de restaurer un climat de confiance qui n’a jamais existé. La participation de Pierrot Rajaonarivelo à la prochaine présidentielle, une candidature déclarée mais sous réserve de nombreuses conditions, serait le symbole d’une élection libre selon l’Arema.
L’opposition, du moins la plus radicale, a fait bloc pour boycotter l’initiative du KMF/CNOE. La coalition 3FN a fait part de sa prudence, voire de sa méfiance, vis-à-vis de telle initiative. Elle soupçonnerait même une tentative du pouvoir de détourner l’attention du dialogue politique. Pour le pasteur Richard Andriamanjato, le porte-parole devenu officiel de l’opposition dans le cadre des prémisses de dialogue avec le régime suite au passage du SG de l’ONU Kofi Annan dans le pays, le code électoral n’est qu’un élément mineur d’un tout. Les opposants revendiquent donc un assainissement de l’environnement politique en général. Par la voix de son Secrétaire général, Bruno Rakotoarison, le KMF/CNOE annonce que, de toute manière, les 3FN n’ont pas reçu une invitation pou la consultation nationale. De là à penser que la coalition des trois forces de l’opposition ne sont pas concernées par les prochaines élections… L’arbitraire a toujours des motifs valables.
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Madagascar , Mai 2006
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