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Elections présidentielles
.... devenir un bon élève en démocratie
Madagascar veut devenir un bon élève en matière de démocratie. Après le passage du grand professeur Kofi Annan, on présente à nouveau la copie à Horst Köhler. Le président fédéral allemand prend donc le relais du Secrétaire Général des Nations-Unies pour inciter les dirigeants malgaches à mettre en place une société démocratique fondée à partir d’une élection libre et transparente. A croire que la crise post-électorale de 2002 et le débat à propos de la légitimité qui continue quatre ans plus tard explique certains manquements à la pratique démocratique que connaît le pays.
 L’actuel régime semble tenir à faire de la date du 22 Février
2002 un repère légal. Si la polémique sur la date des élections a été soutenue depuis le début de cette année, le ministre de l’Intérieur a laissé vaguement entendre que l’on peut réaliser le premier tour des présidentielles aussi bien fin 2006 que début 2007. « S’il y a des personnalités qui souhaitent se porter candidats, ne s’y préparent-t-elles déjà ? L’on n’a pas besoin de connaître la date avant de décider de se présenter aux élections », a-t-il répondu aux critiques des politiciens qui accusent le pouvoir d’entretenir le flou sur la date des élections. Charles Rabemananjara a affirmé que l’heure est pour l’instant aux préparatifs pour l’organisation d’une élection transparente qui pourrait faire revenir la confiance mutuelle entre les protagonistes.
Lors de la visite de Horst Köhler à Madagascar, les supputations du ministre de l’Intérieur ont donc été confirmées par le président Ravalomanana. Les élections présidentielles auront bien lieu soit fin 2006, soit début 2007. Ce qui confirme le fait que le président en exercice se base sur la date du 22 février 2002 pour son entrée en fonction. Si l’on se réfère aux dispositions de la Constitution, le premier tour des présidentielles devra avoir lieu au plutôt le 24 décembre 2006 et au plus tard le 23 janvier 2007. La surprise du chef… de l’Etat pourrait être un jour d’élection qui ne sera pas un dimanche, chrétienté oblige.
Le président Allemand a affirmé que le regard de la communauté internationale sera tourné vers Madagascar au cour de ces élections. Marc Ravalomanana rappelle la venue des experts des Nations-Unies pour veiller au bon déroulement du scrutin et au respect des droits des électeurs. Le changement ou la modification du code électoral reste la pomme de discorde entre le régime et l’opposition. Le parti présidentiel, largement majoritaire à l’Assemblée nationale a toujours verrouillé le dossier. Malgré les propositions de code émanant de la société civile, en particulier du puissant conseil des Eglises FFKM, le TIM campe sur sa position et juge inopportun tout changement de la loi.
En tout cas, la bataille, dans le sens politique du terme, pour la présidentielle a déjà eu lieu. Marc Ravalomanana, qui sera sûrement un candidat à sa propre succession multiplie les visites des localités au fin fond du pays. Arrivé pratiquement à la fin de son mandat, le président fait des promesses, non pas électorales mais d’Etat. Il profite des ses interventions en public pour répondre aux attaques de ses opposants, en particulier ceux qui ont annoncé leur probable participation aux présidentielles. Le discours démocratique peut parfois être très musclé. Avant la vraie campagne électorale, l’heure est encore celle de la campagne… de dissuasion.
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Madagascar , Avril 2006
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