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29 mars 1947
.... vers une juste reconnaissance des héros
Marc Ravalomanana s’est largement rattrapé de sa malencontreuse déclaration à propos des événements de 1947. Celui qui est né en 1949 et qui propose de regarder vers le futur, pour ce qui est de la relation entre la France et Madagascar, s’est une nouvelle fois montré comme le grand défenseur de la mémoire du patriotisme. Lors de ses discours officiels du 29 mars 2006, le président a signifié sa reconnaissance vers ceux qui ont lutté pour l’indépendance. Afin de ne pas décevoir les espérances de ces héros de la nation, « le moment est venu de faire preuve de courage, de solidarité et de coopération ».
« Il y a 59 ans, les nationalistes malgaches ont eu le courage de se dresser contre les colonisateurs. Ils ont fait preuve de solidarité, ils ont fait le serment de sacrifier leur vie au nom du patriotisme ardent qui les animait. Ils sont les héros de notre nation ! Ils sont notre fierté ! Ils seront toujours présents dans la mémoire de toutes les générations malgaches ». Le président Ravalomanana a beau fait preuve d’enthousiasme en célébrant la mémoire de ces héros sans convaincre les survivants de l’insurrection de la réelle volonté de l’Etat. Groupés au sein d’une association, ces derniers pensent que, pour préserver de l’oubli les événements de 1947, il faut les intégrer davantage dans le programme scolaire. Ils ne se réjouissent pas de la gloire d’une journée célébrée tous les ans mais souhaitent une reconnaissance concrète en particulier la révision à la hausse de leur pension qui est toujours de 30 000 ariary. Certains vont jusqu’à demander de faire du 29 mars l’équivalent du 26 juin, c’est-à-dire, une fête nationale. En tout cas, le président est convaincu que les événements de 1947 qui est une grande page de l’histoire de la nation font partie de notre identité culturelle.
A Moramanga, la localité où les affrontements ont été les plus meurtriers, Marc Ravalomanana a tenu à rendre hommage aux centaines de milliers de patriotes de toutes les régions de l’île. « Le combat et les efforts initiés par nos héros le 29 mars 1947, animés par l’espoir de vaincre, nous ont conduit à l’indépendance » a déclaré le président. La lutte semblait pourtant perdue d’avance. Face aux fusils et aux mitraillettes des français, les paysans malgaches étaient armés de lance et de coupe-coupe. Le nombre de victime est logiquement plus élevé chez les nationalistes. Le chiffre de 90 000 officiellement annoncé à l’époque n’a jamais fait l’unanimité. Aujourd’hui, on parle encore de plus de 100 000 morts. De même, le nombre de morts chez les colons ne suscite aucune polémique. L’insurrection de 1947 a duré plusieurs semaines et a touché plusieurs régions de l’île.
Ce que les survivants des 1947 retiennent, c’est l’expédition punitive que la force coloniale déployait pour venger l’un des leurs. Il n’y avait pas que les combattants malgaches qui ont subi des actes que l’on peut qualifier de barbarie. « Alors qu’ils affrontaient, à armes inégales, les colonisateurs, ils se sont sacrifiés pour la patrie. Nous essayons d’imaginer les épreuves terribles qu’ils ont vécues », a dit le président. Marc Ravalomanana n’est pas de ceux qui croient aux bienfaits de la colonisation ou par euphémisme, de la présence d’un pays dans un autre. « 59 ans plus tard, même si la communauté internationale a reconnu la souveraineté de notre nation, les séquelles de la colonisation sont encore présentes dans les esprits… nous continuons à lutter pour le développement économique de notre pays ». Oui mais… ne rejetons pas toute la faute aux … gaulois.
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Madagascar , Mars 2006
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