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Petera Behajaina
.... réveiller le « hambompom-pirenena » des malagasy
Depuis l’avènement du président Marc Ravalomanana à la tête de la République, la célébration de la journée commémorative de l’insurrection populaire du 29 mars 1947 a regagné en ferveur. Cette année, un thème a été choisi pour transmettre à l’actuelle génération le sentiment de nationalisme qui animait leurs grands parents. Le ministre de la Défense nationale est le « parrain » des anciens combattants malgaches dans le cadre des événements de 1947. Le « hetsiky ny hambompom-pirenena » est une leçon de patriotisme, de fierté et d’ambition nationale. Petera Behajaina souhaite que les générations actuelle et future ainsi que la diaspora respectent ces valeurs.
 « Le hambompom-pirenena » en question signifie aussi bien la fierté d’être malgache que l’ambition d’avoir un meilleur destin pour le pays. Une ambition de développement qui, selon Petera Behajaina, ne peut se réaliser sans la solidarité des malgaches, des citoyens qui aiment leur famille, leur village natal, leur pays. Cela ressemble un peu à de la propagande mais qui a pour une fois la particularité d’être pertinente et légitime. « Si les actions ne partent pas de la base, nous n’avancerons pas » estime le ministre de la Défense. C’est une condition sine qua none du développement sans lesquelles ni les aides extérieures ni les efforts de l’Etat ne puissent avoir de résultats.
Petera Behajaina a aussi appelé à une fierté qui est un dépassement de soi pour faire mieux que les autres. Il a motivé les sportifs à persévérer pour enfin s’illustrer sur la scène internationale. Il a encouragé les élèves en difficulté scolaire à faire des efforts pour réussir. Le ministre de la Défense a surtout donné un coup d’épingle à la fierté des techniciens malgaches qui se voient relégués au second plan à cause de la présence de différents experts étrangers. « Que nous nous mettions ensemble pour résoudre les problèmes que rencontre le pays » a-t-il déclaré. C’est un message qui n’est pas dépourvu de signification politique. Un appel à la solidarité nationale qui, s’il en est vraiment un, est un peu frileux.
Qui sont ceux qui n’ont pas le « hambom-po », ce que nous avons traduit plus haut par la double signification « fierté » et « ambition ». Petera Bahajaina apporte la réponse. C’est celui qui se repose sur l’autre et qui ne compte pas que sur lui-même. De même, pour celui qui n’a pas le courage d’endurer des épreuves et qui se décourage vite. Le ministre de la Défense montre aussi du doigt ceux qui n’osent pas prendre leurs responsabilités tout en fournissant continuellement des excuses. Il n’a pas manqué de lancer un percutant appel à la diaspora afin que cette dernière retrouve sa fierté nationale et ait de l’ambition pour son pays. « Ceux qui partent vivre à l’étranger, et qui fuient leurs devoirs envers le pays » n’ont pas de « hambom-po ». Tel discours serait justifié par le constat de fuites de cerveaux, obligeant le régime à faire appel à des compétences étrangères.
« Durant la colonisation, la culture et les valeurs malgaches ont été ignorées » déplore le ministre de la Défense. Aujourd’hui, certains préjugés sont enracinés : le « vita gasy » est mauvais, mal fait, sans valeurs marchande ; de même, le retard est assimilé à un « fotoan-gasy », le rendez-vous ou le timing à la malgache. « Il y a de nombreux devoirs qui nous attendent pour le redressement de notre nation ; ce n’est pas pour nous qu’on le fait mais pour les générations futures », devait déclarer Petera Bahajaina. Il a encouragé les citoyens à voir plus de signification dans la journée du 29 mars, au-delà du dépôt de gerbe au mausolée et de la journée déclarée fériée et payée.
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Madagascar , Mars 2006
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