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22 février 2002
.... le devoir de souvenir à défaut de célébration officielle
Pour la première fois depuis quatre ans, la date du 22 février 2002 a fait l’objet d’un souvenir rappelé par le chef de l’Etat lui-même. Ce n’est pas une célébration officielle mais un devoir de mémoire à propos d’une date historique qui a changé la destiné de la nation. Suite à des critiques de toute part, assimilant sa première investiture à un coup d’Etat, Marc Ravalomanana a tenu à renverser la tendance en rappelant l’élan patriotique d’une population qui l’a propulsé au pouvoir.
 Pas de cérémonie officielle mais un discours qui s’adresse indirectement à la nation, lors d’une conférence de presse à l’issue d’un conseil des ministres à Iavoloha. Le président Ravalomanana a revendiqué l’importance historique de la date du 22 février 2002, le jour où il a prêté serment pour la première fois au stade de Mahamasina. « Pourquoi aujourd’hui, le 22 ? S’il n’y avait pas le 22, il n’y aurait pas eu l’autre ». Pour Marc Ravalomanana, c’était le jour où le peuple malgache qui voulait défendre la vérité a fait preuve d’audace. Il se rappelle des promesses et de l’espoir à l’époque. « Quatre ans, c’est comme hier, je peux vous dire que nous sommes rétablis devant les autres pays », devait-il ajouter.
Pour ses quatre ans au pouvoir, Marc Ravalomanana rappelle les points marquants de chaque année passée à la tête de l’Etat. Durant 2002, le nouveau régime s’est attelé à restaurer l’ordre, puis a organisé les élections législatives. Les municipales ont eu lieu un an après, ce qui a mis en place la nouvelle base du développement qui est la commune. 2003, c’est aussi le début de la campagne nationale de lutte contre le VIH-sida. 2004 a été l’année de la mise en place des régions, les maillons de la décentralisation. Elle a été marquée par la prise de responsabilité du pouvoir face à la pénurie du riz. En 2005, la vitrine de Madagascar qui se trouve à Iavoloha a été inaugurée. En elle repose l’espoir d’une autosuffisance en matière de riz et de pouvoir un jour en exporter.
L’année dernière a été marquée par l’annulation des dettes de Madagascar. La bonne nouvelle vient de tomber : Madagascar pourra utiliser cet argent librement, selon sa propre politique. « Nous allons l’utiliser pour construire des habitats pour les démunis et aussi pour bâtir des nouvelles villes », annonce le président. Marc Ravalomanana a fait part d’une stratégie fondée sur le « Madagascar Action Plan » - il faut lire en anglais- qui va s’étaler sur 5 ans, l’équivalent de la durée d’un mandat. « Ce ne sont plus les autres pays ni les bailleurs de fonds qui vont donner les directives pour gérer notre pays mais nous-mêmes, les malgaches », a-t-il expliqué. Et le président d’appeler à la solidarité pour « continuer le chemin, poursuivre les efforts » et de respecter le « fihavanana » malgré les divergences d’idées.
Quatre ans après, l’événement qui a eu lieu à Mahamasina le 22 février 2002 est sorti de son contexte. On le regarde avec un nouvel œil, du moins avec le recul. A un an des élections, les opposants au régime Ravalomanana utilisent cette investiture « légitime » mais « non légale » pour mettre la pression sur leur adversaire. L’objectif consiste à obliger le président à lâcher du lest notamment pour ce qui est de l’amnistie des prisonniers « politiques » de 2002 et de faciliter la révision du code électoral. Dans cette atmosphère pré-electorale avant l’heure, le régime a tenu à rappeler la signification de la date du 22 février : la victoire d’un peuple qui défendait son choix et un grand moment de patriotisme. Si c’était un crime, des millions de gens l’auraient commis. Quoiqu’il en soit, un seul est susceptible d’être amené à en endosser la responsabilité. Le moment venu, ou plutôt voulu, une amnistie permettra de tourner la page définitivement.
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Madagascar, Mars 2006
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