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Election présidentielle
.... le spectre de 2002 revient sur la scène politique
La question a été très attendue, les observateurs de la vie politique auraient même pensé que le président de la République allait annoncer la nouvelle lors de la cérémonie des vœux de nouvel an à Iavoloha. Il s’agit de la tenue ou non de l’élection présidentielle à la fin de cette année. Marc Ravalomanana a annoncé par une courte déclaration lors d’un conseil de ministres que 2006 sera une année de préparatif. Cela n’a pas pour autant remis le débat autour des élections à plus tard.
 Dans les rangs de l’opposition, l’on regrette que des hommes politiques qui ne sont pas pro-Ravalomanana jouent le jeu du pouvoir en débattant de la prochaine élection. Elle apprécie par contre que le sujet de la crise de 2002 revienne au premier plan. Après Roland Ratsiraka, c’est l’ancien candidat à la présidence de la République, Herizo Razafimahaleo, qui émet ses doutes sur la volonté du pouvoir actuel d’organiser une élection juste et légale. Les inquiétudes du fondateur du parti Leader Fanilo sont basées sur le choix de la date. Si une élection anticipée a lieu, forcément pour cause de circonstances exceptionnelles, elle avantagerait le candidat Ravalomanana car les adversaires de ce dernier ne seront pas prêts à temps. De même, une élection après échéances favoriserait l’actuel pouvoir, toujours selon Herizo Razafimahaleo. L’ancien numéro un du leader Fanilo a eu le mérite d’intellectualiser les débats pour son retour sur la scène politique, sans manquer de dénoncer « les abus » du pouvoir actuel. Il souhaite la mise en place d’une règle de jeu claire, notamment sur le financement des campagnes électorales et l’instauration d’un vrai débat démocratique.
La problématique de la date des élections sera une question épineuse pour l’actuel pouvoir. Il s’agit de déterminer, cinq ans plus tard, le début du mandat de Marc Ravalomanana. 22 mars 2002 ou 06 mai 2002 ? Les opposants au régime met au pied du mur celui qu’ils ont soutenu pour prendre le pouvoir dans un contexte de crise post-électorale. Une date qui se rapporterait à la deuxième investiture du président serait interprétée comme un désaveu, pis, un aveu d’avoir commis un acte illégal le 22 février. « Le régime reconnaît officiellement avoir fait une usurpation de fonction et n’a pas été légal entre le 22 février et le 06 mai 2002. Ils ont utilisé l’argent du trésor public, des milliards, alors qu’ils n’en avaient pas le pouvoir », explique Herizo Razafimahaleo. Il rappelle que l’on a poursuivi les anciens dirigeants Arema pour les mêmes motifs et parle de «jurisprudence». Certains hommes politiques comparent même l’investiture « légitime » du 22 février 2002 à « un coup d’Etat ». En réalité, c’est une manière de faire pression sur le camp Ravalomanana pour passer l’éponge sur les événements de 2002 par le biais d’une loi d’amnistie, si l’idée d’une rencontre de réconciliation nationale semble définitivement compromise.
 L’ambiance préélectorale commence à être visible à la télévision. Le conseiller politique du Président, Moxe Ramandimbilahatra, intervient même sur la chaîne nationale [NDLR
: il sera l'invité du Zoma... Ce Zoma 3 Février
2006] pour corriger certaines idées qui pourraient marquer l’opinion. Il explique que le président de la République n’a aucun rôle à jouer dans les débats actuels autour de la prochaine élection car la question du code électoral ou encore celle de l’amnistie relève de l’Assemblée nationale. Cette institution étant dominée par le parti présidentiel, la question risque d’être une formalité et a très peu de chance d’aboutir. Les opposants au régime essayent donc de « culpabiliser » le pouvoir à propos de 2002 afin de redistribuer les cartes. Interviewé par une chaîne privée Daniel Ramaromisa, ancien conseiller de Marc Ravalomanana devenu opposant, a fait part de son intime conviction selon laquelle les résultats du premier tour n’auraient pas donné plus de 50% à l’actuel président si l’autre partie avait accepté de faire la confrontation des procès-verbaux.
« Si tous les préalables nécessaires sont accomplis et que les élections se déroulent sans incidents, on aura des retombées positives sur le plan économique », prédit Herizo Razafimahaleo. L’année 2006 est donc une année préélectorale consacrée aux préparatifs techniques. C’est aussi une année de pré-campagne. L’opposition dénonce par ailleurs les tournées présidentielles qui s’apparenteraient à des opérations de communication même si le pouvoir en place nie faire de la propagande avant l’heure. La stratégie des opposants au régime Ravalomanana a été de ne pas aborder la question électorale tant que « la stabilité politique » n’est pas encore restaurée, plus précisément, si les problèmes liés aux événements de 2002 ne sont pas résolus. L’annonce surprise de la candidature de Roland Ratsiraka, représentant a priori son association Tanora Tonga Saina, a débloqué la situation et a lancé le débat sur la tenue d’une élection juste et équitable à Madagascar en 2007.
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Madagascar, Janvier 2006
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