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Iavoloha 2005
.... « Il y a trop de décalage entre les discours officiels et la réalité », aurait pu dire Lahiniriko Jean
Privé de discours, privé de parole. Si le premier ministre Jacques Sylla n’en a pas fait grand cas, le président de l’Assemblée nationale, Lahiniriko Jean n’a pas apprécié son éviction lors de la plus grande cérémonie officielle de l’année. Censure ou simple sanction suite à sa prise de position et ses critiques à l’endroit du pouvoir, en tout cas la présidence de la République a évité ainsi des déclarations surprises souvent fracassantes de la part du député élu à Betioky. Ce dernier aurait refusé dé soumettre une copie de son discours. En tout cas, Lahiniriko Jean a mis à la disposition des journalistes le discours qu’il avait préparé pour la cérémonie d’Iavoloha.
Lahiniriko Jean n’aurait pas fait une longue dissertation sur 2006. Il a tout simplement souhaité que l’année nouvelle soit meilleure que 2005 pour nous tous. Le président de l’Assemblée nationale s’est montré très critique dans le discours qu’il n’aura pas eu à prononcer. « A l’analyse de la situation actuelle, force est de constater que certains aspects du développement se trouvent complètement occultés » a-t-il écrit, en pensant particulièrement à la dimension sociale et économique. Lahiniriko Jean partage l’avis du président Ravalomanana sur le fait que nous devons déployer nos propres efforts en finançant notre développement par nos propres moyens. Il a cependant remercié les bailleurs de fonds qui financent la plupart de nos travaux.
L’avis du président de la Chambre basse rejoint aussi celui du chef de l’Etat sur l’existence de richesses naturelles à fortes potentialités à Madagascar, et l’importance de celles-ci dans la guerre contre la pauvreté et le sous-développement. Ce qui n’empêche pas Lahiniriko Jean d’être incisif dans ses critiques : «jusqu’à présent, malgré les gesticulations médiatiques sur certains événements, les faits sont là, nous n’arrivons pas encore à attirer les capitaux étrangers, capables de faire décoller durablement une économie nationale ». Il déplore le fait qu’ «aucun grand groupe n’envisage sérieusement d’investir à Madagascar » à cause de facteurs endogènes notamment une manière inappropriée de travailler et de traiter les affaires. Selon le président de l’Assemblée nationale, l’absence d’investissement privé a un impact négatif sur la création d’emploi et accentue la pauvreté. « Il y a trop de décalage entre les discours officiels et la réalité ».
Pour Lahiniriko Jean, le climat sociopolitique actuel empêche de travailler dans la sérénité. Dans la rubrique « il est temps de », l’on peut citer le grand pardon qui devrait être accordé à tous ceux qui sont impliqués dans les événements politiques de 2002. Sans évoquer le terme « amnistie », le numéro un des députés dénonce le fait « anormal » d’emprisonner des gens des années durant, « parce qu’ils avaient des idées différentes » dans un contexte historique défini.
L’heure est venue pour « tous les fils de ce pays » de se mettre ensemble comme un seul homme. Lahiniriko Jean a attribué à l’Etat le devoir d’assurer l’égalité des chances, un concept bien français. La perception malgache, du moins celui du président de l’Assemblée nationale, favorise l’accès au savoir, à la formation, ainsi qu’un minimum de protection face à la maladie, le chômage, la vieillesse… En devenant très critique vis-à-vis du pouvoir, le discours de Lahiniriko n’est pas facile à comprendre car il faut souvent l’interpréter. « J’exhorte tout un chacun à ne pas se laisser décourager et à prendre sa responsabilité pour l’intérêt supérieur de la nation ». Qui pourrait se décourager dans le contexte actuel. Qui doit prendre ses responsabilités ? Comment ?
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Madagascar, Janvier 2006
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