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Marc Ravalomanana
.... « Où est notre fierté, où est notre ambition de réussir ? »
Lors de la cérémonie de présentation des vœux à Iavoloha, le vendredi 06 janvier dernier, Marc Ravalomanana a prononcé deux discours, un en français, à l’attention des corps diplomatiques, le second en malgache. Le contenu n’est pas exactement le même et c’est aussi le cas pour le ton et l’enthousiasme. Curieusement, c’est le discours en français qui semblait le plus attractif et le plus convaincant. Pour bâtir une nation saine et améliorer le niveau de vie des malgaches, chacun doit apporter sa contribution affirme le président.
Marc Ravalomamana estime que 2005 a été une bonne année comparée à 2004. « Elle a été caractérisée par une plus grande stabilité politique, sociale et économique ». Si les autres orateurs d’Iavoloha ont insisté sur la question de l’unité nationale dont la sauvegarde est une absolue nécessité, Marc Ravalomanana ne s’y attardait pas trop car « la confiance et la bonne volonté règnent ». « Et on sent qu’il y a plus d’unité » souligne le président.
« Plus de 80¨% des tâches que j’ai confiées au gouvernement en 2005 ont été réalisées. Pour la troisième année consécutive, la croissance a dépassé les 5%... Est-ce que tout cela a déjà changé la vie des malgaches ? Pas toujours et pas partout». Le président se justifie en citant les réalisations concrètes du gouvernement dans le domaine social et en matière d’infrastructures : « cela ne change pas tout de suite la vie quotidienne ; mais nous savons que tout cela aura un impact énorme sur le développement ».
Cependant, le président de la République n’est pas satisfait des résultats atteints. Non, parce qu’ils sont remarquables mais pas suffisants. Marc Ravalomanana s’explique : « l’inflation est de l’ordre de 11% l’année dernière, elle est surtout due à l’augmentation excessive du prix du pétrole sur le marché mondial… Les problèmes fondamentaux de la Jirama – insuffisance de l’énergie hydro-électrique et le prix d’électricité trop élevé - restent à résoudre. Le manque de capacités se fait sentir dans les ministères et les autres institutions publiques ». Le président a alors évoqué « la politique à deux vitesses » que certains reprochent au pouvoir. « Je ne suis pas prêt de réduire la mienne, je vous demande alors de faire plus d’efforts pour atteindre plus vite les résultats nécessaires », a-t-il répondu.
Selon Marc Ravalomanana, « la communauté internationale nous fait davantage confiance ». Et lui de souligner le caractère crucial de la contribution de cette communauté à notre développement. Il a dénoncé la mauvaise perception de cette aide car nous attendons les bailleurs de fonds que ce soit pour financer un projet ou mettre ce dernier en œuvre, pour résoudre un problème… « Où est notre fierté, où est notre ambition de réussir, est-ce que nous ne sommes pas capables d’entreprendre quelque chose nous-mêmes ? » se demande le président. « Soyons honnêtes avec nous-mêmes, car la plus grande partie du processus de développement dépend de nos propres efforts » a déclaré Marc Ravalomanana avant d’exhorter les malgaches à adopter un esprit participatif.
« Nous voulons tous que Madagascar se développe, mais nous sommes passifs. Nous attendons que d’autres fassent l’effort à notre place pour que nos aspirations se réalisent… Nous devons faire preuve de dynamisme : travaillons, travaillons bien, travaillons dur ». Pour motiver ses compatriotes, le président a annoncé une hausse des salaires de 12% pour les fonctionnaires et compte sur le secteur privé pour suivre le pas.
« Dans tout ce processus, nous volons rester malgaches, garder notre culture, notre joie de vivre. Il est possible de développer notre pays tout en gardant notre identité culturelle », estime Marc Ravalomanana. Il n’a pas évoqué ouvertement les questions politiques et s’est contenté de donner une petite leçon de démocratie. « C’est bien de discuter avec ferveur des différentes manières de procéder au développement. C’est bien d’avoir des idées différentes sur le plan politique, économique, social et culturel. La démocratie est comme un marché… où l’on discute les idées pour que les meilleures idées gagnent ». Parmi les conditions de réussite de ce « marché », le président a cité l’honnêteté dont tout le monde doit faire preuve, la volonté de construire et non de détruire, une attitude positive et enfin un respect mutuel. « A cet égard, j’exhorte tous les malgaches à préserver l’unité nationale. Tournons la page et œuvrons ensemble pour un avenir florissant », devait conclure Marc Ravalomanana.
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Madagascar, Janvier 2006
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