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Politique
.... 2005, l’année de l’opposition
2005 a été une année d’opposition, une année durant laquelle l’opposition a manifesté ses intentions aussi bien au sein et en dehors du parlement. La conférence nationale organisée en juin devait être le point de départ d’une stratégie nouvelle qui privilégie la voie parlementaire au détriment de celle de la rue. Le député Voninahitsy Jean Eugène a été sur le terrain le leader de cette opposition qui s’est constituée une alliance dénommée 3FN. Le chef du parti RPSD Vaovao a terminé l’année en prison, rattrapé par une affaire de trafic d’influence. Leader incontestée lors des meetings de l’opposition dans les provinces, il a été arrêté trois jours avant le rassemblement prévu sur la place du 13 mai, qui est désormais appelé l’événement du 17 décembre.
Sylla vs Voninahitsy
C’est un Jacques Sylla retrouvé que ses députés partisans ont applaudi à l’Assemblée nationale lors de la session de question-réponses du mois de juin. Alors que le député Voninahitsy Jean Eugène a été virulent à son encontre - « vous êtes le problème de ce pays » - Jacques Sylla a parlé de « mots doux ». « Si je suis votre problème, je suis fier de l’être. C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire ». Et lui de remettre l’élu de Maintirano à sa place : « mais vous, monsieur le député, vous n’êtes pas mon problème ». Voninahitsy Jean Eugène avait auparavant demandé au premier ministre de poser un vote de confiance devant l’Assemblée, tout en prédisant le désaveu du gouvernement malgré le fait que le parti TIM est largement majoritaire. Le député a revendiqué le triomphe de l’opposition suite au défi de réunir 10 000 personnes à la conférence nationale que le premier ministre leur a lancé. La riposte de Jacques Sylla a fait rire la salle : « c’est vrai que l’on utilise l’ariary mais il ne faut pas faire de 3 000 ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire 15 000 ».
Pour donner le coup de grâce à l’opposition, le premier ministre fustige l’événement d’Andoharanofotsy. « Vous n’êtes pas crédibles, ni votre conférence nationale… vous mettez 20 jours pour mettre en place un organigramme et vous dites que vous voulez diriger ce pays… » Bref, pour Jacques Sylla, « ce n’était pas une conférence nationale mais un sommet de l’opposition ». Le premier ministre n’apprécie pas non plus les députés qui relatent les problèmes rencontrés dans leur localité. « Il y a des députés compétents, d’autres non, si vous vous plaignez que votre ville ou région ne se développe pas, c’est votre responsabilité. Vous ne faites que critiquer, vous ne travaillez pas ». Le premier ministre s’est dit convaincu du fait que le pays est sur la bonne voie même s’il se défend de dire que « le ciel est bleu à 100% ».
Conférence nationale
La conférence nationale unique qui s’est tenue au début du mois de juin devait permettre à l’opposition d’unir leur force, du moins leurs voix. Ceux que l’on appelle désormais les 3 FN (les trois forces nationales) ont publié des « exigences » pour faire pression sur le pouvoir. Le RFN, Le CRN et le SPDUN souhaitaient ainsi obliger les dirigeants à renouer le dialogue avant de relativiser la portée de leurs résolutions. Concrètement, les 3 « N », devenues par la suite 3FN, ont demandé la « mise en place dans l’immédiat d’un régime de transition ». Pour le parti au pouvoir, il s’agit d’« une manoeuvre politique dont l’objectif n’est autre que de renverser le régime ».
La coalition de l’opposition exige la refonte du code électorale et l’amendement, voire le changement de la Constitution. Si les 3 « N » ont justifié la conférence nationale par la nécessité d’une réconciliation nationale, le besoin de sonder les « aspirations du peuple » et le mécontentement de celui-ci, les résolutions relèvent plutôt de la politique politicienne. Le régime de transition, encore moins, le court délai de l’ultimatum, était loin de faire l’unanimité dans la classe politique. Face à certaines incompréhensions de l’opinion, des explications s’imposaient pour les 3 « N ». Pour le Pasteur Richard Andriamanjato, il n’est pas question de « forcing » ou de coup d’état car la conférence était une plate-forme pour apporter de nouvelles idées pour le développement du pays et pour dénoncer la pauvreté du peuple et les dérives de l’administration. Il affirme que le contexte est différent de 1991 et que « les gens réclament plutôt un changement des structures du pouvoir qui ne sont plus conformes à ce qu’il doit être ».
Pourquoi l’opposition souhaite-t-elle instaurer un régime de transition ? Tout d’abord, elle est persuadée que l’actuel président se fera élire facilement pour un second mandat. Les arguments des opposants du régime reposent sur le risque d’avoir une élection non équitable. Comme à l’accoutumée, le code électoral est remis en cause. L’hypothétique régime transitoire, dont le chef ne va pas se présenter aux présidentielles, pourrait être à même de garantir un règle de jeu clair et éviter qu’un candidat du régime puisse utiliser les puissances publiques, voire même les finances publiques. En outre, une transition permettrait à l’opposition actuelle de faire voter la loi d’amnistie concernant les personnes condamnées dans le cadre de la crise de 2002. Sur ce point, l’Arema rejoint les 3FN et espère le retour au pays de leur Secrétariat national. Le parti fondé par Didier Ratsiraka n’a toujours qu’un présidentiable en tête : Pierrot Rajaonarivelo. C’est toute l’opposition actuelle qui cherche encore son candidat idéal.
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Madagascar, Janvier 2006
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