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Assemblée nationale : qui voudrait poser des questions au gouvernement ?

Publié le 26/12/2005 20:40 par elman

Assemblée nationale
.... qui voudrait poser des questions au gouvernement ?


La dernière rencontre de l’année entre le gouvernement et les députés a tourné court à l’Assemblée nationale. Comme l’on s’y attendait, les parlementaires ont boycotté la séance de questions-réponses mais à chacun sa manière. Le premier ministre Jacques Sylla a défendu les réalisations du pouvoir après avoir affirmé que la liberté d’expression existe bel et bien à Madagascar. Il est intervenu devant une assemblée clairsemée après que certains députés, partisans et opposants soient sortis de la salle.

« Objectivement, la croissance économique en 2005 est positive. Elle sera de l’ordre de 5% ». Le premier ministre a présenté un argument de poids face au scepticisme de certains députés sur la réalité du développement à Madagascar. Il ne saurait oublier de citer la base de toutes les réalisations du régime Ravalomanana en rappelant que la construction des routes reliant Sambava-Antalaha et Vatomandry-Mahanoro est achevée comme bon nombre de travaux initiés en 2003. Jacques Sylla a rassuré les consommateurs en affirmant que la pénurie de riz comme cela a été le cas en 2004 ne risque pas de se reproduire. Il a aussi rappelé la distribution de kits scolaires pour les élèves du primaire ces trois dernières années. Selon le premier ministre, l’Exécutif a d’abord mis en place les structures puis s’est attelé à la réalisation du programme d’action.

Pour instaurer la bonne gouvernance, diverses actions ont été initiées, comme la création du Bianco, la révision du système judiciaire, la déclaration de patrimoine. Sans se référer de manière explicite au cas Voninahitsy Jean Eugène, une affaire politico-judiciaire qui a plané sur l’Assemblée, Jacques Sylla a suggéré que, lorsque l’enquête a été faite et que le dossier est aux mains de la justice, le travail de l’Exécutif ni du Législatif ne va pas plus loin. « La liberté d’expression existe, vous n’avez qu’à lire les journaux et écouter les stations de radio ou de télévision privés ! » Pour le premier ministre, le débat n’a pas lieu d’être. Il va même jusqu’à citer l’audiovisuel public comme preuve de cette liberté. En tout cas, il a évoqué des étrangers qui se seraient étonnées des critiques acerbes et excessives à l’endroit du gouvernement dans les médias.

Le discours du premier ministre a été dépourvu de la verve que l’on attend désormais de lui. Cela s’explique par le fait qu’une bonne partie de la salle est sortie dont les membres du TIM, mais surtout les députés du groupe GPR. Ce dernier, par la voix du député Miaraniarisy, trouve que la démocratie recule et la cohésion nationale est fragilisée. « Pourquoi est-il interdit d’exprimer des opinions à Antananarivo ». Le GPR ne souhaite plus traiter avec l’actuel gouvernement qu’il juge ne plus être apte à prendre des décisions et qui n’a pas su tenir les défis du 13 mai notamment sur l’amélioration de la condition de vie des malgaches. Ce groupe parlementaire n’apprécie pas les réponses sèches et non argumentées des membres du gouvernement lors de leur passage devant les députés. Miaraniarisy a aussi dénoncé les arrestations, la constitution de dossier, les intimidations…Le GPR a donc collecté des signatures pour tenter de faire voter une motion de censure du gouvernement. Elle maintient sa position même si elle est minoritaire.

Le député Marson Evariste a mis en garde sur le fait que l’unité nationale est en danger. « La rigidité du gouvernement en refusant de donner une autorisation aux opposants peut devenir un risque », estime le président du RPSD. Les députés AVI n’ont posé aucune question au gouvernement et se sont contenté d’une déclaration lue par le député Laurent Ramaroson. Le parti de Norbert Ratsirahonana, toujours dans la mouvance présidentielle, a une nouvelle fois critiqué le régime sur le fait que la population tardent à bénéficier des impacts même si des étapes ont été franchies par « un gouvernement qui est fait pour gérer les aides des bailleurs de fonds et non pas se pencher sur les problèmes du peuple ». Il dénonce un certain égoïsme dans la gestion des affaires de l’Etat ainsi qu’une forme de totalitarisme motivé par le sentiment de suffisance. Dans sa déclaration, l’AVI a condamné le déséquilibre qui serait en train de s’établir, qu’il soit régional, politique, économique, social et même cultuel. « Même le christ que nous vénérons est devenu une marchandise politique ».

Maherizo - Tous droits réservés - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com - Madagascar, Décembre 2005





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