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Education Nationale
.... Marc Ravalomanana annonce une surprenante réforme
Dans la pratique, s’agit-il de rallonger de deux ans le cycle primaire, ou d’imposer deux années de scolarité obligatoires pour les élèves malgaches. Quoiqu’il en soit, la déclaration surprise du Président Ravalomanana a suscité plus d’inquiétude que d’enthousiasme. La politique de l’éducation pour tous de l’actuel gouvernement est encore loin de porter ses fruits et voilà que le Chef de l’Etat place la barre encore plus haut, ou peut-être moins.
« L'éducation primaire obligatoire durera désormais sept ans ». Le président Marc Ravalomanana persiste dans sa politique « d’investissement dans le capital humain » pour une croissance économique durable. Les sept années d’études obligatoires regrouperont les cinq ans de l’actuel enseignement primaire plus les deux premières années de collège. Dans le but d’avoir des mains d’œuvres de qualité, « il s’avère nécessaire de renforcer le partenariat public-privé dans l’élaboration du système éducatif à Madagascar », explique le Président. C’est surtout avec le système des Nations Unies que le gouvernement malgache entreprend la réforme et le renforcement de la qualité de l’éducation. A part l’amélioration des résultats des élèves dans le cycle primaire, le programme vise à libérer le passage en classe de sixième. Au départ, le but était de donner à l’enfant malgache une éducation universelle qui dure neuf ans. Marc Ravalomanana baisse donc le niveau de résultat exigé en voulant instaurer un enseignement obligatoire de sept années d’études.
 Le ministre de l’Education nationale et de la recherche scientifique est quelque peu pris de court mais trouve que le projet d’un cursus de l’enseignement primaire qui dure sept ans peut se réaliser. En principe, cela ne va pas être une révolution mais juste une réorganisation et une amélioration du système éducatif. « Notre département va étudier sa faisabilité pour que le programme scolaire soit adapté à cette stratégie », souligne Hajanirina Razafinjatovo. Le ministère dispose actuellement de grands moyens avec un budget qui est passé à 17 millions de dollars par an, contre 14 millions auparavant. Le département dirigé par Hajanirina Razafinjatovo a réussi la première partie de son défi en portant le taux des enfants scolarisés à 98%. Cela représente une grande avancée de 34% par rapport à l’année 2002. Malgré ce score flatteur, le ministère de l’Education nationale a encore de mauvais résultats.
Le taux de perdition scolaire est énorme rien que dans le cycle primaire. Seulement 16% des élèves arrivent à décrocher le CEPE. Encore plus alarmant, 6% sont admis en sixième. Le déséquilibre entre le système éducatif des villes et celui de la campagne est flagrant. La volonté de l’Etat de supprimer ce premier certificat qui n’a plus de valeur sur le marché du travail peut s’avérer une solution de facilité. Cela permettrait en fait de se débarrasser des fâcheuses statistiques. Le fameux taux de redoublement zéro que l’on voit mal devenir effectif pourrait enfin être réalisé. Madagascar est l’un des pays qui enregistre le plus d’échec scolaire avec un taux de redoublement de 37%. Le gouvernement est en train de mettre en place les mesures nécessaires : de nouvelles salles de classe et recrutement de nouveaux professeurs et instituteurs… Jusqu’à maintenant, le taux de perdition scolaire était comme une sorte de régulation car les CEG et les lycées existants n’ont jamais été vides d’élèves. Ce sont plutôt les professeurs qui manquent à l’appel.
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Madagascar, Novembre 2005
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