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Meeting de l'opposition : Antananarivo ultime objectif pour les 3FN

Publié le 23/11/2005 08:40 par elman

Meeting de l’opposition
.... Antananarivo ultime objectif pour les 3FN


Les parlementaires de l’opposition insistent pour organiser un meeting à Antananarivo pour rendre compte de la situation du pays à la population. Les prétextes ne manquent pas dans le camp du pouvoir comme celui des opposants lorsqu’il s’agit de manifestation à caractère politique. Les 3FN (les trois forces nationales : SPDUN, le CRN et le RFN) ont profité de l’organisation à Antananarivo des deux événements internationaux de la communauté francophone pour faire pression sur les autorités qui ne voudraient sûrement pas être soupçonnées de faire obstacle à la démocratie.

La boucle doit être bouclée pour les 3FN. La série de meetings organisés par l’opposition dans les provinces devrait logiquement aboutir à une rencontre avec la population tananarivienne. Seulement, la commune urbaine d’Antananarivo a systématiquement refusé de donner une autorisation de rassemblement à caractère politique dans un lieu public. Le comité d’organisation des 3FN a pensé trouver la faille en allant négocier le stade de Malacam à un responsable de la société Madarail. Celui-ci n’y voit pas d’inconvénient mais se remet à la décision de la mairie avec qui la société de chemin de fer a signé un accord sur l’utilisation du stade utilisé principalement pour recevoir des matchs de rugby. Les 3FN disent s’en tenir au droit constitutionnel des sénateurs et députés selon lequel leur rapport auprès de la population n'a pas besoin d'autorisation. La coalition de l’opposition insiste sur le fait qu’ « une lettre d'information auprès des autorités locales suffit pour que les parlementaires puissent s'acquitter de leur devoir ».

Méfiance mutuelle

La réticence de la mairie à donner une autorisation de meeting à l’opposition est motivée officiellement par la crainte de troubles à l’ordre public et des dégradations des infrastructures. Ce qui semble justifié vu ce qui s’est passé dans les quelques meetings organisés en province qui ont provoqué des échauffourées. De leur côté, les ténors de l’opposition dénoncent « une provocation » dont le régime est l’instigateur. A part la présence massive des forces de l’ordre, ils appréhendent aussi la venue de « mercenaires » chargés de perturber le meeting. Le souvenir de l’expérience du KMMR lors d’un meeting avorté devant le stade de Mahamasina en 2003 n’est pas encore dissipé. De même pour la tentative de l’Ofpacpa sur la place du 13 mai qui s’est soldée par l’arrestation puis l’emprisonnement de Victor Hong. L’organisation de la conférence nationale de juin dernier aurait définitivement fermé les portes de la capitale aux manifestations de l’opposition. Les 3 FN espèrent pouvoir organiser, avec ou sans autorisation, le meeting d’Antananarivo durant « la semaine de la francophonie». Selon le sénateur Arema Ramasy Adolphe, la prise de parole ne sera pas réservée uniquement aux parlementaires car « aucune loi ne l’interdit ». Le sénateur Raniriharinosy a annoncé l’ordre du jour qui sera axé sur « la résolution de la conférence nationale d’Andoharanofotsy, l’amnistie et le passage à un régime de transition ».

Historique

Que peuvent bien dire les 3FN lors des meetings. A Toamasina, après avoir été le héros d’un passage en force mais sans heurts devant le barrage érigé par les forces de l’ordre, le député Voninahitsy a évoqué un régime instauré dans le « gidragidra » et qui pourrait être destitué de la même manière. L’ancien président Zafy Albert a rappelé les « crimes » commis dans les deux côtés en 2002. Le député Faharo Ratsimbalson a dénoncé l’amalgame entre la gestion des affaires de l’Etat et les affaires privées et propose de nationaliser le groupe Tiko lors de la transition. A Mahajanga, le pasteur Razafimahefa a évoqué une présumée désobéissance militaire annonciatrice de la fin d’un régime. Le sénateur Ramasy Adolphe a rappelé que l’on doit 13 projets de la Banque mondiale au gouvernement de Tantely Andrianarivo tout en dénonçant les projets à risque initiés depuis 2002. A Tuléar, Voninahitsy Jean Eugène a pris la défense de Lahiniriko Jean, « le seul chef d’institution côtier », qui a été menacé de destitution. A Fianarantsoa, le député Alphonse Randrianambinina, un élu du Leader-Fanilo a réprimandé le triomphalisme du premier ministre qui contraste avec la mauvaise gestion des finances publiques. A Antsiranana, le député Voninahitsy n’a pas pu mener à son terme « la marche de la transition ». Cette fois-ci, les forces de l’ordre ont tenu bon. D’abord contraintes à la retraite, elles sont parvenues à disperser les manifestants à coups de grenades offensives et de bombes lacrymogènes. On a recensé cinq blessés dont le député Voninahitsy et le sénateur Ramasy Adolphe. Décidément, la démocratie malgache connaît des dérives de toute part.

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© Madanight.com - Madagascar, Novembre 2005





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