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Requalification urbaine de la ville d’Antananarivo
.... un nouveau visage pour Analakely
La ville des mille aura-t-elle une nouvelle image si l’on modifie complètement son cœur ? Un projet de requalification urbaine envisage de transformer les avenues d’Analakely pour en faire un espace vert aussi exotique qu’écologique. Il est ambitieux et ne manquera pas de rencontrer des obstacles de taille à l’image de l’enjeu lui-même. Le projet vise à réaffirmer l’axe dans sa totalité entre la gare Soarano et le jardin d’Ambohijatovo de manière à améliorer ce que l’on qualifie de vitrine d’Antananarivo.
Le maire Patrick Ramiaramanana a la main verte. Au départ, les nouveaux aménagements d’espaces verts au cœur de la ville n’étaient pas considérés comme une priorité à tel point que les critiques fusaient de toute part. On accusait le premier magistrat de la ville des mille de se cantonner à des choses superficielles et occulter les vrais problèmes d’urbanisation. Les résultats donnent pourtant raison à l’équipe de Patrick Ramiaramanana. L’aménagement d’espaces, verts ou non, a permis à certains quartiers de la capitale d’avoir une meilleure qualité de vie. Lez dilemme se repose aujourd’hui pour le cas de l’emblématique quartier d’Analakely. Il s’agit de faire un choix entre un espace fonctionnel où passent des dizaines de milliers de piétons et qui accueille un millier de voiture sur ses parkings tous les jours, d’une part, un espace vert avec des plantes luxuriantes et sans la pollution à l’hydrocarbure, d’autre part.
 Etat des lieux
Voici le constat de la mairie et de ses consultants collaborateurs : « l’avenue de l’Indépendance est centrale pour la ville d’Antananarivo. Elle représente le centre ville et crée un point de repère facilement identifiable. L’avenue fait partie d’un axe majeur reliant la gare Soarano au jardin d’Ambohijatovo. Cet axe prend place dans un vallon orienté vers le nord-ouest et crée ainsi une mise en scène de la ville sur les coteaux habités bordant la vallée. Cependant, la lecture de cet axe se fait de plus en plus difficilement, et au fil des aménagements successifs, il perd de sa force. Les voitures stationnées en des endroits multiples gênent la progression piétonne. L’état des structures végétales (alignement) fait perdre les rythmes créés pour accompagner l’espace public et donne une mauvaise image. La place donnée à la circulation et au stationnement automobile est trop importante ».
 Programme général
« Le premier principe est de structurer la présence automobile qui, diffuse, grouillante, empêche la lecture et la perception de l’avenue ». Le projet de réaménagement d’Analakely se décline en trois parties. Tout d’abord, l’aménagement au niveau de l’avenue de l’Indépendance donnera du rythme, de la largeur et du prestige par la plantation d’alignement de liquidambars et de palmiers royaux. « Luxuriance et foisonnement végétal agrémenteront le terre plein central par la mise en place de bosquets d’arbres sur un tapis dense d’arbuste protégé par une haie épineuse ». Ensuite, au niveau de l’avenue du 26 juin, « la diversité des façades sera valorisée par l’extension de l’alignement de palmiers à certains endroits, identifiant les deux avenues comme un ensemble ». Le projet prévoit aussi une extension de structures végétales et paysagères vers les espaces associés afin d’aider à identifier l’espace public du centre ville.
 Ce projet de requalification urbaine de la ville d’Antananarivo a encore besoin de temps pour être validé et passer à la phase d’exécution. Si cette dernière pourrait être réalisée en trois ans, le temps nécessaire à la prise de décision est imprévisible. Cela dépend en partie des mesures annexes concernant notamment la circulation automobile et les parkings dans le centre ville. Actuellement, les deux avenues d’Analakely sont squattées par des familles en difficulté qui contribuent largement à la dégradation des lieux. Elles sont aussi un terrain de jeu pour les jeunes et les noctambules, connaissent une affluence extraordinaire les soirs de week-end. Bref, le débat risque d’avoir une tournure sociale voire politique car, une fois Analakely réaménagé, la place du 13 mai ne pourra plus abriter de meetings. Si aujourd’hui c’est interdit, dans quelques années, ce sera tout simplement impossible.
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Madagascar, Novembre 2005
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