|
Politique
.... l'opposition veut tout, le parti présidentiel ne cède rien
Face à l'offensive de l'opposition, le premier ministre Jacques Sylla et les députés de la majorité ont répondu à leur manière. Le premier a tenu à rappeler en détail les réalisations du régime en place. Les seconds se sont opposés à l'inscription de l'amnistie dans l'ordre du jour de la session parlementaire. Le débat politique prend donc une nouvelle tournure à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle. La distance entre le parti au pouvoir et l'opposition s'agrandit.
Le fossé entre les deux parties est-il devenu assez grand pour ne plus permettre un rapprochement ? L'actuel pouvoir n'a pas fléchi face aux exigences de l'opposition. D'une voix unique, à la sortie d'une réunion d'urgence de deux jours de ses dignitaires, le parti TIM a nié en bloc les aspirations des opposants. Ainsi, le parti présidentiel a réitéré que l'heure n'est pas encore venue pour voter une amnistie. L'opposition a donc essuyé un refus ferme de son forcing pour faire passer la discussion de la loi y afférente durant l'actuelle session parlementaire. Petite surprise tout de même à l'Assemblée puisque certains députés TIM se sont désolidarisés de leur parti sur cette question. Selon Solofonantenaina Razoarimihaja, " ce n'est pas l'amnistie en soi qui est condamnable ; c'est plutôt l'attitude de ses partisans ". Le président du TIM a dénoncé l'approche douteuse de l'opposition qui selon lui, voudrait même que ladite amnistie ne se fasse.
 Sur la question de la révision de la loi électorale, le TIM ne souhaite pas non plus faire une concession. Le parti présidentiel rejette d'ailleurs la responsabilité au régime précédent qui a mis en place la loi. Certaines améliorations ont été apportées comme la réforme du Conseil national électoral. Les grandes modifications attendues par l'opposition concernent le financement des partis et des campagnes électorales, ainsi que le calendrier électoral. Il n'y a pas que l'opposition qui réclame de grandes réformes du code électoral. Ce dernier donnerait un avantage aux grands partis ou à celui qui est au pouvoir. D'aucuns réclament donc de meilleures dispositions afin de garantir la sincérité des prochains scrutins notamment les élections législatives et présidentielles. Le parti TIM a déclaré défendre la stabilité institutionnelle à Madagascar. Il a vivement critiqué la stratégie de l'opposition qui vise à mettre en place un régime de transition.
Il y a des actes qu'il faut traduire en paroles. Le premier ministre a défendu devant l'Assemblée nationale et le Sénat les réalisations concrètes de son gouvernement. Jacques Sylla a tenu à démentir les affirmations alarmistes de l'opposition. " Il y a des difficultés, on ne peut le nier. Toutefois, nous confirmons qu'il y a des étapes qui ont été franchies, des efforts qui ont été faits par toutes les institutions ". En parlant d'institution, par ailleurs, le premier ministre a fait appel à encore plus de collaboration. " Ce que le peuple attend de nous, c'est en premier lieu le travail, ensuite la collaboration pour une meilleure efficacité " a déclaré Jacques Sylla devant les députés. A propos des meeting organisés par les 3FN, le chef du gouvernement a fait savoir son intention de s'en tenir à la loi : " si vous respectez la loi, vous ne serez pas empêchés ", a-t-il lancé à l'endroit des députés de l'opposition. Lors du face-à-face avec le Sénat, Jacques Sylla et son équipe n'ont pas eu trop d'opposition. Les sénateurs Arema, qui sont majoritaires, ont quitté la salle laissant plus de cent questions qu'ils ont élaborées sans réponses.
Maherizo - Tous droits réservés
- Reproduction et diffusion, même partielle, interdits © Madanight.com -
Madagascar, Novembre 2005
|