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Politique
.... l’opposition s’organise pour trouver une voie légale
La scène politique malgache est en pleine effervescence ces dernières semaines. D’un côté, il y a une opposition qui est passée à l’offensive, revendiquant le vote d’une loi d’amnistie et la mise en place d’un régime de transition. D’un autre côté, il y a un régime inébranlable face aux pressions et menaces de toute sortes. Les politiciens malgaches font toujours preuve d’autant d’impatience quand ils ne sont pas dans au sein du pouvoir. D’aucuns ne souhaitent toutefois un scénario de crise comme cela a été le cas en 1991.
La voie parlementaire. C’est la solution que l’opposition actuelle constituée principalement par les 3FN (Forces nationales) de Zafy Albert
, des Pasteurs Edmond Razafimahefa et Richard Andrimanjato
, souhaite appliquer pour venir à bout de l’actuel régime. Il s’agit donc d’une fin de mandat avant l’heure mais qui voudrait s’inscrire dans la légalité. L’opération est fastidieuse et les chances de la voir aboutir sont minimes. Les opposants n’entendent pas baisser les bras facilement. On s’attend donc à des séances parlementaires houleuses durant lesquelles les députés et sénateurs du parti TIM et ceux de l’opposition risquent d’instaurer un dialogue de sourds. Sans avoir divulgué leur stratégie, les leaders de l’opposition ne cachent pas leur souhait de revoir le scénario de 1996 quia vu l’éviction du président Zafy Albert. Ce sont donc les parlementaires qui vont initier une tentative de destitution du président de la République. Leur argument juridique tourne autour du non respect de la Constitution. Par exemple, la décentralisation appliquée par Marc Ravalomanana passant par les Communes et les Régions – qui est d’ailleurs très efficace en matière de développement - est dénoncée comme étant un abus.
Enjeu
Pourquoi l’opposition souhaite-t-elle instaurer un régime de transition ? Tout d’abord, elle est persuadée que l’actuel président se fera élire facilement pour un second mandat. Les arguments des opposants du régime reposent sur le risque d’avoir une élection non équitable. Comme à l’accoutumée, le code électoral est remis en cause. L’hypothétique régime transitoire, dont le chef ne va pas se présenter aux présidentielles, pourrait être à même de garantir un règle de jeu clair et éviter qu’un candidat du régime puisse utiliser les puissances publiques, voire même les finances publiques. En outre, une transition permettrait à l’opposition actuelle de faire voter la loi d’amnistie concernant les personnes condamnées dans le cadre de la crise de 2002. Sur ce point, l’Arema rejoint les 3FN et espère le retour au pays de leur Secrétariat national. Le parti fondé par Didier Ratsiraka n’a qu’un présidentiable en tête : Pierrot Rajaonarivelo
. Toujours dans un souci de légalité, la mise en place de la Haute Cour de Justice est à nouveau réclamée en particulier par le Leader Fanilo de Herizo Razafimahaleo
.
Inébranlables
Le parti au pouvoir n’est pas pour l’instant intimidé par les agissements de l’opposition. Cette dernière occupent de plus en plus le terrain et organise des meetings dans les grandes villes. Les discours sont plus que véhéments à l’endroit du régime sans que les défenseurs de ce dernier ne ripostent. Cette attitude évite de donner de l’importance aux actions de l’opposition. Le ministère de l’intérieur a tout de même pris des mesures afin d’éviter la répétition du scénario de Toamasina où les opposants ont forcé un barrage pour tenir un meeting non autorisé. Les députés TIM ont rejeté en bloc que les discussions sur la loi de l’amnistie puissent figurer dans l’ordre du jour de la session, jugeant que le moment n’est pas opportun. Un point de vue qui exacerbe les parlementaires de l’opposition. Ces derniers préparent une contre-attaque au sein du Sénat, une institution où ils sont majoritaires. Le président Ravalomanana a affirmé n’avoir rien à craindre de toutes ces agitations politiques. Il se dit rassuré par la confiance que les bailleurs de fonds lui témoignent. Le locataire d’Ambohitsirohitra est bien décidé d’aller jusqu’à la fin de son actuel mandat avant d’entamer un autre.
Maherizo - Tout droit résérvé -
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Madagascar, Octobre 2005
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