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Assemblée nationale
.... le beau temps après la tempête pour Lahiniriko Jean
Une fois de plus, la pratique de la politique à Madagascar s'est montrée imprévisible, défiant certaines logiques. Nos politiciens maîtrisent l'art du volte-face qui, selon le cas, arrange bien la situation ou au contraire, entraîne une situation de crise. La première éventualité aurait motivé la suppression de la commission d'enquête parlementaire qui s'est penchée sur la " mauvaise gestion " de l'Assemblée nationale par le bureau permanent conduit par son président Lahiniriko Jean.
Après la profonde mésentente qui allait se résoudre par un divorce entre les députés TIM et l'un des leurs et non moins le président de l'Assemblée nationale, l'heure est au pardon. Les parlementaires de Tsimbazaza sont prêts à mettre de côté leur discorde pour faire front commun face au gouvernement. La confiance est rétablie entre Lahiniriko Jean et ses collègues. Le vote sur la commission parlementaire chargée d'enquêter sur la gestion du bureau permanent a eu lieu avant d'évoquer la question des avantages. A l'unanimité, les 110 députés présents lors de la session plénière ont voté pour la dissolution de ladite commission. C'est donc l'épilogue pour ce feuilleton politique qui a commencé par la collecte de 122 signatures pour réclamer la destitution du bureau permanent et en particulier le départ du président Lahiniriko Jean. Les 81 premières signatures ont été apposées par des députés TIM. Parmi ces derniers s'est émergée la volonté de redorer l'image de leur institution. Ils ont mis en place le Comité pour le redressement de l'image de l'Assemblée nationale (CRIAN). Entre temps, le président Marc Ravalomanana a invité les députés de son parti à arrêter les actions pour la destitution du bureau permanent. Avec la suppression de la commission d'enquête, les soupçons - à propos de népotisme et de mauvaise gestion - qui pesaient sur Lahiniriko Jean et ses collaborateurs sont donc dissipés. Il leur reste à rétablir la stabilité politique au niveau de la majorité TIM d'abord, au sein de l'Assemblée ensuite
 En voulant se débarrasser de leur président, les députés TIM a servi malgré eux les intérêts de l'opposition. La confirmation d'une mauvaise gestion de l'Assemblée nationale par la commission d'enquête aurait jeté définitivement la disgrâce sur le parti présidentiel. Remis en selle par le président Ravalomanana, Lahiniriko Jean a fait une rentrée parlementaire triomphale. L'ouverture de la deuxième session ordinaire a été l'occasion idéale pour renverser la tendance. Le président de l'Assemblée nationale a fait son mea culpa sur certaines lacunes. Lahiniriko Jean a surtout fait des promesses : celle d'améliorer le fonctionnement du bureau permanent de l'Assemblée afin de répondre aux aspirations des députés. Entre les deux sessions parlementaires, le centre d'accueil des députés a été réhabilité. Le président de l'Assemblée nationale va aussi dans le sens des ses pairs en défiant le gouvernement. Certains députés, dont ceux de la majorité, ne cachaient pas leur frustration sur le fait que l'Assemblée nationale ne peut pas être un contre-pouvoir. D'aucuns ne remettent en cause les réalisations du gouvernement. Toutefois, nombreux sont ceux qui se focalisent sur ce qui n'a pas été fait. Lahiniriko Jean devra donc tenir sa parole et adopter une attitude " stricte " lors des débats et le vote concernant la loi des finances 2006. Le mauvais temps passé pour lui, il a dirigé la foudre des députés sur le gouvernement. En bon malgache, il a nuancé par avance l'impact de l'offensive parlementaire contre l'équipe de Jacques Sylla en rappelant qu'il y a un partage des responsabilités dans la gestion des affaires de l'Etat. L'Assemblée nationale se donne aujourd'hui les moyens de " baliser " les actions du gouvernement. Des changements sont à prévoir. Ceux-ci peuvent concerner aussi bien les hommes que la politique du pouvoir.
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Madagascar, Octobre 2005
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