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Session Budgétaire
.... Le parlement promet une session budgétaire difficile au gouvernement
La double ouverture de la deuxième session parlementaire a été l’occasion pour les deux chefs d’institution d’affirmer leur volonté d’assumer une fonction de contrôle du pouvoir exécutif. Le président du Sénat, Guy Rajemison Rakotomaharo et le président de l’Assemblée nationale, Jean Lahiniriko a tempéré l’enthousiasme suscité par les réalisations du gouvernement et ont promis de se pencher méticuleusement sur la loi de finance et de l’application de celle-ci.
La pomme de la discorde est toujours les réquisitions perpétrées par le gouvernement. Le ministre des Finances et du Budget a fait une véritable campagne de communication pour apporter des explications ou des justifications. Il a remis en cause l’amalgame entre les réquisitions et les dépenses extrabudgétaires. La première est une procédure légale mais exceptionnelle qui permet au ministère de disposer d’un fonds et de les dépenser. La différence avec la deuxième est l’existence de lignes budgétaires pour ces décaissements rapides. En outre, l’argentier de l’Etat de préciser que les réquisitions ne sont plus possibles depuis cette année grâce à l’application du budget programme. Les 125 milliards ariary ont été utilisés entre 2002 et 2004. Une autre précision, les coupes budgétaires appliquées cette année sont des mesures d’anticipation mais non pas dans le but de réparer les dégâts des réquisitions.
Quoiqu’il en soit, les deux chambres législatives par la voix de leur président respectif, entendent remettre de l’ordre dans les dépenses publiques. « Les députés seront pointilleux sur l’examen du projet de loi des finances » prévient Jean Lahiniriko. Il a rappelé que le pouvoir législatif a autant de responsabilités que le pouvoir exécutif pour ce qui est du budget de l’Etat. Le président de l’Assemblée nationale a promis un suivi de l’exécution dudit budget et de veiller à ce que la population bénéficie des retombées des actions entreprises par le gouvernement. « L’heure est venue pour toutes les institutions de considérer le haut intérêt de la nation » a-t-il déclaré. Le discours de Jean Lahiniriko a plu aux députés qui, il y a deux mois, voulaient le destituer. En affirmant sa volonté de contrôler les actions du gouvernement, le président de la Chambre a regagné l’estime de ses pairs. Certains députés avaient en effet l’impression que c’est le gouvernement qui essayait de les contrôler.
Le président du Sénat se demande « qu’est-ce qu’il y avait d’urgent » pour justifier les réquisitions. Il a regretté que l’on n’ait pas averti les parlementaires qui ont voté le budget de l’Etat. Rajemison Rakotomaharo reconnaît qu’il a été compliqué d’appliquer le budget programme de 2005. « On connaît les difficultés qu’a traversé le pays, ce qui nous a obligé à limiter nos dépenses » a-t-il ajouté sans pourtant « justifier » les mesures de réquisitions pratiquées auparavant. Selon le président du Sénat, la population ne tire pas profit des « étapes » franchies par le gouvernement et qu’il faudra faire plus. « L’heure est maintenant pour les réalisations et non pas pour les promesses ». Bref, le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale veulent mettre la pression sur le gouvernement et signifient à l’équipe de Jacques Sylla que le temps ne joue plus en sa faveur. Pour ce qui est du budget en particulier, les sénateurs et les députés veulent mettre les pendules à l’heure.
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Madagascar, Octobre 2005
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