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Tselatra à Antsahamanitra
.... moins électrique mais le courant passe encore
C'est devenu un rendez-vous annuel, un événement que les amateurs de rock à Tanà attendent avec impatience. Le concert du groupe Tselatra est toujours un moment de communion entre un chanteur emblématique et un public très attaché à ce qu'il croit être l'absolue référence en matière de rock, malgache s'entend. Antsahamanitra a été une nouvelle fois conquis, le tout dans une ambiance aussi contrastée que paradoxale due sans doute au nouveau choix de vie et aux convictions personnelles de l'inusable Eric.
On ne le répètera jamais assez, Tselatra a gardé son âme originelle malgré le fait que son leader charismatique exprime et communique sa foi chrétienne aussi bien dans sa vie d'artiste que dans sa vie d'homme. Difficile tout de même de faire abstraction des débuts du groupe, à l'époque où les membres avaient un comportement plutôt conventionnel dans l'univers du rock, qui plus est du hard rock. Disons que l'ange blanc a triomphé de l'ange noir ! " Nous avons évolué, mais nous sommes restés nous-même " ! Eric parle aussi bien pour lui que pour son public.
Ainsi, les fans ont eu droit à des moments délirants aux rythmes quasi-diaboliques avec l'incontournable "Niova ianao ". Ils ont rendu un bel hommage à Eric et tout le groupe en reprenant en chœur et avec le cœur le titre " Rainao ô ". Un moment d'émotion que le prédicateur du rock ne sera pas prêt d'oublier. Sur la scène, le chanteur ému, les larmes aux yeux, apprécie la communion, en bas de la scène c'est le délire total mais dans une atmosphère très pieuse. Les jeunes spectateurs, dans un état second à cause de l'alcool et d'autres choses, habillés tout en noir et portant l'effigie du diable sur leur T-shirt, ont été gagné par le saint esprit !
Lija, le nouveau compagnon de scène d'Eric s'est bien intégré dans la formation Tselatra. Il a été adopté par le public, même si les " puristes " demeurent réservés notamment sur l'importance que le chanteur, qui joue aussi aux claviers, prend dans la prestation scénique du groupe. Certes, on ne peut pas dissocier la voix de Lija de certaines compositions récentes de Tselatra. Toutefois, le nouveau venu respecte entièrement l'identité originelle du groupe et reste très discret sur les anciens titres. Il est indéniable que Lija a adouci les mœurs de Tselatra et a changé le visage de ce dernier. En mieux ou en moins bien ? Les avis divergent et sont même très loin d'être unanimes. Heureusement que la présence de Tita, l'ami fidèle et sa guitare très 80's, rappelle le bon vieux temps.
On regrettera peut-être au fil du temps la baisse de la présence scénique d'Eric. Il est souvent assis sur un tabouret, joue des solos autant à l'harmonica que sur sa guitare. Plus de guitare derrière la nuque, ni des riffes joués avec les dents. Mais ce n'est pas non plus le calme plat. Il y a toujours quelques moments de folie avec les secouements de têtes ou des solos endiablés joués à genoux. Si le public a moins d'occasion d'apprécier le talent d'Eric en tant que guitariste, c'est que Tselatra bénéficie d'un renfort de choc avec le " petit " Poone qui est un vrai poids lourd du rock. Le guitariste du groupe Green et Zozo, le batteur de Kiaka et d'Apost, témoignent de la cohésion de la communauté du rock malgache. L'apparition de Johnny, le soliste de Kiaka, a fait taire pour de bon des suppositions non fondées selon lesquelles il y aurait une rivalité, voire une animosité, entre les deux formations qui ont les plus marqué l'histoire du rock à Mada. La pire des nouvelles pour les fans de Tselatra ? Eric, le chanteur aux cheveux ébouriffés est devenu chauve. Le temps viendra. Bientôt ?
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Madagascar, Septembre 2005
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