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Joute verbale à l'Assemblée : Jacques Sylla se défend et épingle l'opposition

Publié le 27/06/2005 21:38 par elman

Joute verbale à l’Assemblée
.... Jacques Sylla se défend et épingle l’opposition


C’est un Jacques Sylla retrouvé que ses députés partisans ont applaudi à l’Assemblée nationale lors de la session de question-réponses. Le premier ministre s’est montré plein de verve, et visiblement d’attaque pour défendre les actions de son gouvernement et les réalisations du régime. L’ancien avocat n’a pas manqué de déstabiliser la partie adverse, en l’occurrence les députés de l’opposition sur un débat plus politique que jamais. La retransmission en direct de l’événement à la télévision nationale devait obliger Jacques Sylla à rendre les coups que l’on lui portait. Après avoir été accusé d’être « un habitué au mensonge », d’être le « nouveau problème de ce pays » et noté sévèrement à 00/20, le premier ministre a fini par avoir le dernier mot.

Beaucoup d’humours avec autant de sarcasmes, la réponse du premier ministre à ses détracteurs a eu le mérite de captiver l’attention des téléspectateurs. Ces derniers sont toujours amusés de suivre le débat politique quand le langage utilisé devient celui de monsieur tout le monde et non plus celui qu’impose la bienséance du politiquement correct.

Alors que le député Voninahitsy Jean Eugène a été virulent à son encontre - « vous êtes le problème de ce pays » - Jacques Sylla a parlé de « mots doux ». « Si je suis votre problème, je suis fiers de l’être. C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire ». Et lui de remettre l’élu de Maintirano à sa place : « mais vous, monsieur le député, vous n’êtes pas mon problème ». Voninahitsy Jean Eugène avait auparavant demandé au premier ministre de poser un vote de confiance devant l’Assemblée, tout en prédisant le désaveu du gouvernement malgré le fait que le parti TIM est largement majoritaire. Le député a revendiqué le triomphe de l’opposition suite au défi de réunir 10 000 personnes à la conférence nationale que le premier ministre leur a lancé. La riposte de Jacques Sylla a fait rire la salle : c’est vrai que l’on utilise l’ariary mais il ne faut pas faire de 3 000 ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire 15 000.

Le face-à-face Sylla-Voninahitsy n’a pas eu lieu car le premier ministre a été momentanément absent de la salle lorsque le député a pris la parole. Ce dernier était déjà parti, lorsque le premier ministre est intervenu, tard dans la nuit. A tout le moins, le chef du gouvernement a du affronter les assauts des députés alors que la veille, il a été « protégé » par le président de l’Assemblée qui recadrait les débats avec fermeté. Ainsi, Jacques Sylla a pu éviter d’aborder les sujets épineux : “Je ne réponds pas aux questions. Le débat prévu par la Constitution ne le prévoit pas. Il autorise seulement les suggestions et les remarques”. Ce qui n’a pas empêché un député de dénoncer « l’échec total » du gouvernement. Jacques Sylla a traités les députés de l’opposition de « perturbateurs quand on leur donne la parole ». Il trouve normal que les opposants aient une stratégie politique. Il dénonce cependant une tentative de transfigurer la démocratie. Jacques Sylla parle même d’anti-démocratie puisque, selon lui, l’opposition veut appliquer une dictature d’une minorité.

Pour donner le coup de grâce à l’opposition, le premier ministre fustige l’événement d’Andoharanofotsy. « Vous n’êtes pas crédible, ni votre conférence nationale… vous mettez 20 jours pour mettre en place un organigramme et vous dites que vous voulez diriger ce pays… » Bref, pour Jacques Sylla, « ce n’était pas une conférence nationale mais un sommet de l’opposition ». Le premier ministre n’apprécie pas non plus les députés qui relatent les problèmes rencontrés dans leur localité. « Il y a des députés compétents, d’autres non, si vous vous plaignez que votre ville ou région ne se développe pas, c’est votre responsabilité. Vous ne faites que critiquer, vous ne travaillez pas ». Le premier ministre s’est dit convaincu du fait que le pays est sur la bonne voie même s’il se défend de dire que « le ciel est bleu à 100% ».

Maherizo - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits
© Madanight.com - Madagascar, Juin 2005





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