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Après Conférence nationale
.... le pouvoir imperturbable face aux manœuvres de l’opposition
La conférence nationale unique qui s’est tenue au début du mois de juin devait permettre à l’opposition d’unir leur force, du moins leur voix. Ceux que l’on appelle désormais les 3 « N » ont publié des « exigences » pour faire pression sur le pouvoir. Le RFN, Le CRN et le SPDUN souhaitaient ainsi obliger les dirigeants à renouer le dialogue avant de relativiser la portée de leurs résolutions. Face à ce qui semblait un chantage politique, voire une menace d’avoir recours au scénario de 1991, les dirigeants se montrent aussi sereins qu’intransigeants. L’opposition a changé de tactique et tente de s’organiser.
Pour l’instant, les 3 « N » ont mis en place un Comité national d’orientation et de suivi (CNOS) pour faire appliquer la résolution de la conférence nationale. Ce comité sera dirigé par le professeur Zafy Albert et les pasteurs Richard Andriamanjato et Edmond Razafimahefa à défaut d’un leader unique. Les favoris pour conduire cette plate-forme sont Alain Ramaroson, l’hôte de la conférence nationale et l’ancien ministre Ny Hasina Andriamanjato. A défaut d’une organisation politique stable, les 3 « N » ont créé différents comités dont le but est d’aller jusqu’au bout des résolutions d’Andoharanofotsy. Il est mis en place un Comité Exécutif National pour la Réalisation de la Résolution (C.E.N.R.R) qui est composé de 3 organes dont la direction sera confiée à chacun des « N », à savoir le C.N.S.O.R.R (Conseil National de Suivi et d’Orientation de la Réalisation de la Résolution), le E.N.R.R (Exécutif National pour la Réalisation de la Résolution) au sein duquel les six provinces seront représentées et le A.T.N.R.R (Appui Technique National pour la Réalisation de la Résolution). Les 3 « N » comptent marquer tous les niveaux de la décentralisation territoriale en mettant en place une Structure de proximité pour la réalisation de la résolution de la conférence nationale (S.P.R.R) et s’organiser à partir des quartiers et des Communes.
N’ayant pas reçu l’adhésion de l’opinion, les instigateurs de la conférence nationale ont vite fait savoir qu’ils n’ont pas l’intention de mettre en place un gouvernement insurrectionnel et encore moins prendre le pouvoir avant le 26 juin en instaurant un régime de transition. La lecture des résolutions était une sonnette d’alarme que les différents comités se chargeront de faire résonner dans les Faritany. Face à certaines incompréhensions de l’opinion, des explications s’imposaient pour les 3 « N ». Pour le Pasteur Richard Andriamanjato, il n’est pas question de « forcing » ou de coup d’Etat car la conférence était une plate-forme pour apporter de nouvelles idées pour le développement du pays et pour dénoncer la pauvreté du peuple et les dérives de l’administration. Il affirme que le contexte est différent de 1991 et que « les gens réclament plutôt un changement des structures du pouvoir qui ne sont plus conformes à ce qui doit être ». Parmi ces non-conformités, le Pasteur cite des présumées violations de la Constitution et le non-respect de la loi, « le pouvoir d’un seul homme » qui amène à « la prise de décisions unilatérales. Une préoccupation qui semble partagée par le Sénateur Arema Voavao Benjamin qui pense que l’ « on ne sacrifie pas le pays à cause d'un seul homme ». Alain Ramaroson, l’hôte de la conférence souhaite « que le régime prenne conscience qu'il y a certaines choses anormales dans la gestion du pays ».
Concrètement, les 3 « N », à l’issue de la conférence nationale, a demandé la « mise en place dans l’immédiat d’un régime de transition ». Pour le parti au pouvoir, cela est jute « une manoeuvre politique dont l’objectif n’est autre que de renverser le régime ». La coalition de l’opposition exige la refonte du code électorale et l’amendement, voire le changement de la Constitution. Si les 3 « N » ont justifié la conférence nationale par la nécessité d’une réconciliation nationale et le besoin de sonder les « aspirations du peuple » et le mécontentement de celui-ci, les résolutions relèvent plutôt de la politique politicienne. Le régime de transition, encore moins toute d’idée d’ultimatum, est loin de faire l’unanimité dans la classe politique. Du côté du pouvoir, le Président campe sur la fermeté. Il a avoué ne pas considérer les résolutions de la conférence nationale de l’opposition et « ne pas y penser un seul instant ». Le premier ministre et le président de l’Assemblée Nationale prônent l’apaisement. « Il faut travailler ensemble, osez nous rejoindre », a déclaré Jacques Sylla sans spécifier les destinataires de son message. Lahiniriko Jean rappelle que « l'Etat est toujours pour le dialogue ». La Conférence nationale aura donné une tribune mais aussi une audience à l’opposition. A priori, les résolutions ne vont pas écourter le mandat électif du présent pouvoir. Elles montrent juste l’impatience des politiciens et la faiblesse d’une opposition politique à la fois dépassée et écartée du débat concernant les affaires de la nation.
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Madagascar, Juin 2005
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