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Rajemison Rakotomaharo
.... le discours politique sur l’emploi et la formation des jeunes
Le président du Sénat a séduit les jeunes lors du Salon de l’emploi et de la formation organisé par l’Association Ny hoavintsika en mai dernier. Il a fait l’éloge de la formation à distance moderne sans oublier de souligner l’absolue nécessité de la formation en alternance. Guy Rajemison Rakotomaharo a refusé de lire le discours écrit en français et a préféré improviser un discours dans la langue que nous maîtrisons le mieux : le malgache.
« Nous ne sommes pas le seul pays frappé par le chômage… on ne va pas baisser les bras sous prétexte que le problème est à l’échelle mondiale. On cherche toutes les solutions notamment l’adéquation formation-emploi. L’Etat n’est pas un initiateur dans la création d’emploi, il joue le rôle de facilitateur. Le secteur de l’éducation-formation est propice au partenariat public-privé ». Le président du Sénat a joué le porte-parole de l’Exécutif dont il est le conseiller.
TIC
« Si la fibre optique est lancée à Madagascar, beaucoup de problèmes seront résolus… On pourrait installer dans le chef lieu des régions au moins un centre multimédia connecté à Internet. L’investissement de départ pourrait être important mais cela vaut la peine. On aura besoin d’un moniteur et d’un webcam », explique Rajemison Rakotomaharo. Le but est de ne plus concentrer les études et les formations à Antananarivo. Et le président du Sénat de continuer : « Vous, les étudiants, vous n’aurez plus à affronter le professeur ; nous, les dirigeants, n’aurons plus à gérer les grèves ! A l’université, il y a des salles de cours de 1500 étudiants, il est difficile de s’entendre. Dans les centres multimédias, ils seront peu nombreux et peuvent suivre des cours donnés par des professeurs qui se trouvent à Washington ou à Tokyo. Les enseignants malgaches pourront se concentrer sur leurs recherches et leur cours. Le problème des indemnités de recherche sera résolu. Il n’y a aura plus des professeurs qui vous pousseront à faire la grève, les autres étudiants ne vous inviteront plus à faire la grève... J’ai déjà parlé au Président de la République de cette solution pour éviter les grèves dans l’enseignement supérieur… »
Selon le président du Sénat, les études, on peut toujours en faire. Mais il n’y a pas que les études. Il faut travailler et se former en même temps. « L’enseignement par visioconférence c’est une recommandation que j’adresse vivement à l’Exécutif… je leur donne une petite soupape » (sic). « Ce mode d’enseignement s’ouvre vers le monde. Plus besoin d’aller demander des bourses d’études. Vous restez dans votre région alors que vous êtes un étudiant de l’Université d’Hambourg, de Paris… Moi-même, j’ai déjà suivi une de ces formations, c’était un cours de langues, d’Anglais précisément. Vous voyez devant vous le professeur, en grandeur nature si on a le grand écran. C’est beaucoup mieux que dans un cours classique. On est très peu nombreux, on peut intervenir en direct, poser des questions… L’offre de formation existe déjà. Aux Nations Unies, quelque 2000 modules sont déjà dispensés. Les parents n’auront plus à se soucier des frais de déplacements, de la nourriture, des fournitures pour les enfants car ceux-ci ne quittent pas leur région pour poursuivre leurs études ».
Emploi jeune
Le Ministère de l’Education Nationale privilégie désormais l’approche par compétence. Pour rassurer les parents sur la nécessité de l’école et afin que ceux-ci aient confiance dans le système éducatif, la formation donnée aux élèves devraient les permettre d’entrer très tôt dans la vie active sans nécessairement aller jusqu’au brevet. Le programme scolaire doit mettre l’élève dans son propre contexte. Aujourd’hui, le ministère est encore en train de réfléchir sur une passerelle qui permet aux élèves de réintégrer l’école après qu’ils aient une formation sur le tas ou dans le cadre d’une formation non scolaire.
L’Etat malgache avec l’appui du PNUD travaille sur un projet pour « l’introduction des jeunes dans la vie active ». Le Ministère de la fonction publique et le Ministère de la jeunesse et des sports, encouragent les jeunes à créer des petites entreprises et des emplois. Dans la vision « Madagascar naturellement », il y a l’objectif de la participation des jeunes dans le processus de développement. Comment créer des emplois pour les jeunes selon la région où ils résident. L’enseignement supérieur connaîtra une mutation afin de répondre aux exigences du monde du travail. La solution préconisée est de mettre l’université en symbiose avec les secteurs d’activité afin de répondre à la demande en matière de compétence et ne plus travailler dans la logique de l’offre. La formation de recyclage après la faculté n’est pas une solution.
Selon Rajemison Rakotomaharo, les jeunes devraient s’interroger sur leur avenir : « comment pourrais-je acquérir dans le minimum de temps une compétence professionnelle, comment pourrais-je trouver un emploi au plus vite ? ». « Moi je propose la solution de la formation en alternance dès le BEPC… Les études accompagnées en même temps d’une application pratique permettent aux diplômés d’être immédiatement opérationnel », explique le président du Sénat. Et lui de conclure que le fait de voir les étudiants et les jeunes qui ne peuvent pas étudier est un grand souci pour les dirigeants.
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Madagascar, Juin 2005
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