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06 mai 2002 – 06 mai 2005
.... le pouvoir unanime sur ce qu’il qualifie de succès
Trois ans après sa deuxième investiture après ce que la communauté internationale avait qualifié d’«auto-proclamation» du 22 février 2002, le président Marc Ravalomanana a fait du chemin. Madagascar, à travers son président, a retrouvé une certaine aura dans le monde. Dans le pays, les réformes économiques sont moyennement positives, partagées entre les grandes déclarations à propos de la confiance des bailleurs de fonds et les actions concrètes dont la population attend impatiemment les retombées.
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Marc Ravalomanana a-t-il changé ? A première vue, le président a perdu quelques cheveux et a pris quelques rides. On ne peut pas dire qu’il a pris quelques kilos car en mai 2002, le locataire d’Ambotsirohitra apparaissait bien maigrichon comme des millions d’autres malgaches. Aujourd’hui, Marc Ravalomanana affiche à nouveau un visage de prospérité avec, en prime, un léger embonpoint. Sa cote de popularité a diminué mais reste très importante au grand dam de ses opposants politiques. En 2002, les malgaches se sont convaincus d’avoir enfin élu un bon président. Pour ne pas se désavouer eux-mêmes, ils ont porté par la suite leurs remontrances sur le gouvernement, les élus, l’administration et l’opposition.
Madagascar n’a jamais autant brillé dans ses relations internationales que ce soit au sein des grandes organisations internationales ou avec les bailleurs de fonds. Pourtant, personne n’aurait misé un ariary sur une telle reconnaissance en 2002. Du côté de Togo, on doit sûrement penser à l’exemple malgache. A part les discours prononcés par Marc Ravalomanana dans des illustres assemblées, on retiendra surtout l’annulation de près de 2 milliards de dollars de dettes, annoncée trop tôt mais qui se réalisa finalement. Si la France et l’Union européenne reste nos principaux bailleurs de fonds, notamment en matière d’infrastructure, la Grande Ile est résolument tournée vers les Etats-Unis. George W Bush fait preuve d’une certaine sympathie à notre égard au point de faire de nous le premier bénéficiaire du Compte de millénaire. Certains observateurs trouvent même que le locataire de la Maison blanche inspire Marc Ravalomanana pour la gestion des affaires de l’Etat, et des affaires tout court ? Par contre, pour la lutte corruption, notre président a opté pour un modèle européen.
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Sur le plan national, on retiendra que Marc Ravalomanana n’a eu qu’un seul premier ministre jusqu’à maintenant. Malgré les critiques acerbes confirmées par des conjonctures plutôt défavorables comme la pénurie du riz, une forte inflation, la perte de valeur de la monnaie nationale… Jacques Sylla a tenu bon. Mieux, il est redevenu le « vrai premier ministre » suite à l’éviction de son ancien vice-premier ministre Zaza Ramanadimbiarison. Ce dernier était pourtant la star du gouvernement à qui l’on doit les réalisations les plus visibles. La suppression de son poste efface aussi la présence de la quatrième église du FFKM à la tête d’une institution. La vice-primature a été tenue par un anglican ; parallèlement, on a toujours un fervent catholique à la tête du gouvernement, un luthérien à l’Assemblée nationale et le vice-président du FJKM au sommet de l’Etat. Les églises sont aujourd’hui considérées comme des institutions représentatives et qui sont aptes à participer à des projets de développement. Le partenariat Etat-Eglise a même reçu la bénédiction de la Banque mondiale. Marc Ravalomanana est allé plus loin en proposant l’instauration d’une théocratie afin de donner aux églises un réel pouvoir. Ce qui a été rejeté par une bonne partie de l’opinion.
E
En trois ans de carrière présidentielle, Marc Ravalomanana se défend toujours d’être un politicien. L’Association Tiako i Madagasikara est devenue un parti dont l’objectif est de renforcer le pouvoir autour du président. Bénéficiant des modèles de structure et de l’héritage culturel laissé par l’Arema, le TIM n’a pas eu du mal à s’imposer aux législatives et s’est même permis le luxe d’écarter les anciens alliés politiques du candidat Ravalomanana. En 2002, après l’accord de Dakar 2, le tout nouveau président a promis la tenue d’une conférence nationale. Cette dernière ne s’est jamais faite même si l’on avançait que telle rencontre ne sera axée que sur le développement. L’idée d’une réconciliation a toujours été réfutée par le parti au pouvoir qui estime qu’il n’y avait pas de guerre en 2002. Du coup, point d’amnistie. En juin 2005, c’est l’opposition qui va organiser sa conférence nationale. Telle initiative est dénoncée par le pouvoir, jugée « inutile » au Sénat, qualifiée d’activité « terroriste » à l’Assemblée. Les « anti-conférence » estiment que le débat politique devrait être l’apanage des représentants élus du peuple dans les institutions conçues pour cela.
On pourrait déplorer ces trois dernières années un léger recul de certaines expressions de la liberté et de la démocratie. Avec des répressions ponctuelles mais exemplaires, l’Etat a acquis un grand pouvoir de dissuasion. Telles actions sont perpétrées au nom de l’Etat de droit et de l’application de la loi. Marc Ravalomanana s’est par ailleurs montré très impressionné par la discipline du peuple chinois. « Un léger recul » avons-nous dit plus haut ?
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Madagascar, Mai 2005
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