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Lahiniriko Jean : donner l’exclusivité des débats politiques aux parlementaires

Publié le 09/05/2005 19:18 par elman

Lahiniriko Jean
.... donner l’exclusivité des débats politiques aux parlementaires


Comme prévu par la Constitution, la première session ordinaire de l’Assemblée nationale a été ouverte le premier mardi du mois de mai. Lors de la première séance, les députés retrouvent leurs confrères après quatre mois de séparation. Ce qui occasionne de chaudes retrouvailles et des discussions sans fins sur les affaires de l’Etat durant les quelques mois de « vacances ». Depuis le mois de janvier, aucune session extraordinaire n’a été convoquée. Ainsi, le Président de l’Assemblée nationale a souhaité une bonne année aux élus. Mieux vaut tard que jamais…

 

 

 

Le mardi 03 mai, le palais de Tsimbazaza a accueilli d’illustres hôtes dont les trois chefs d’institution que sont le Président de la Haute Cour Constitutionnelle, le Président du Sénat et le Premier ministre accompagné des membres du gouvernement. Lors de la séance d’ouverture de la session ordinaire, seul le président de l’Assemblée Nationale prend la parole. Lahiniriko Jean a tenu à commencer la cérémonie par une « minute de silence » tout à fait inédite. C’est ce que le Président de la Chambre basse a trouvé comme compromis à propos de la prière dans l’Assemblée. Durant la minute, il a invité la salle à prier « pour que cette institution apporte le bien au pays ». Cela s’est fait en silence car Lahiniriko Jean a tenu à respecter « ceux qui ne peuvent pas prier ».

 

 

 

Le président de l’Assemblée nationale a défendu le pouvoir et ses institutions face à des politiciens de l’opposition qui sont déterminés à organiser la conférence nationale. Comme un simple militant Tiako i Madagasikara, il a affirmé que « certaines personnes font tout pour semer le désordre en usant des stratégies politiques politiciennes d’un autre temps ». Lahiniriko Jean estime que telle initiative ne mène à rien mais laisse des victimes sur place. Il est convaincu que les gens s’impatientent de bénéficier enfin des actions de développement et de lutte contre la pauvreté à leur niveau.

 

 

 

Le président de l’Assemblée a prêché pour une « sagesse » politique. Il a ainsi invité les politiciens à collaborer avec les dirigeants pour réaliser les projets et les promesses électorales et à ne pas jeter des « peaux de bananes » pour faire tomber le pouvoir car cela ressemblerait à « un acte terroriste », un méfait des agitateurs. Voilà une nouvelle vision de l’opposition politique qui sera difficile à mettre en pratique. Et pourtant, Lahiniriko Jean tient à la démocratie dont il partage sa vision à l’opposition : « on doit laisser travailler, selon le délai fixé par la Constitution, toute institution à qui le peuple a placé sa confiance ». Il a exhorté les opposants au pouvoir à faire preuve de patience et à ne pas faire un forcing. Le président de l’Assemblée de conscientiser les députés sur la nécessité de protéger leur institution.

 

 

 

« Je répète à l’endroit des politiciens que le débat politique se fait à l’Assemblée nationale. On appellera ce lieu le palais de la démocratie », devait déclarer Jean Lahiniriko d’un ton assez ferme. Ce rappel vise les politiciens qui vont participer à la conférence nationale. Le président de l’Assemblée continue dans son offensive en pointant du doigt les députés de l’opposition et en remettant en cause la légitimité de cette rencontre programmée enfin pour juin et à laquelle le pouvoir et ses partisans ne vont pas participer. « Ceux qui portent le débat politique en dehors de l’Assemblée commettent une erreur car les personnalités qui vont y participer n’ont pas obtenu un mandat du peuple. Elles ne peuvent pas représenter le peuple », explique-t-il.

 

 

 

Cette offensive dans le but de contrer ou de dénigrer la conférence nationale dont la motivation originelle est de tourner la page de la crise de 2002 est tout à fait logique de la part du pouvoir. Par contre, la volonté de limiter le débat politique dans les murs des parlements ne sert pas l’intérêt des citoyens. Le président Lahiniriko Jean a profité de sa prérogative pour régler une question politique lors d’une séance où l’on ne risquait d’entendre qu’un seul discours : le sien.

Maherizo - Reproduction et diffusion, même partielle, interdits
© Madanight.com - Madagascar, Mai 2005





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