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Bodyguard
.... le mythe s’en va avec Jean Marc Koumba
C’est avec stupeur et bien d’interrogations que le public a appris dans les médias l’expulsion hors des frontières de Jean Marc Koumba, le charismatique garde de corps du président de la République. L’homme au poing de fer et au cœur d’or est devenu une célébrité grâce à son métier, son charme et ses activités pour la promotion des arts martiaux à Madagascar. Jean Marc est aussi une icône qui a captivé l’attention de la gente féminine malgache, y compris les électrices !
Il n’a même pas eu le temps de dire au revoir à ses amis. Le premier surpris de la décision de l’expulsion de l’un des étrangers les plus connus à Madagascar a été sa propre personne. C’est presque manu militari qu’il a été conduit à l’aéroport. Son visage qui paraît souvent impassible a cette fois-ci eu du mal à cacher son sentiment. Une tristesse, presque un déchirement de devoir quitter un pays que l’on aime. Le plus malgache des gabonais a été prié de rejoindre l’Allemagne où vit sa famille. A l’aéroport, Jean Marc traînait… un pied ! L’Etat malgache, magnanime, a aussi donné un billet d’avion pour sa compagne Lila. Cette dernière n’a pas souhaité partir précipitamment et a différé son départ.
Qui est donc Jean Marc Koumba pour qu’il laisse autant de regret derrière lui ? Il est devenu le garde de corps de Marc Ravalomanana qui était à l’époque candidat à la présidence de la République. Durant la campagne électorale, cet homme aux allures de top model, un trait pas si différent d’un malgache, a commencé à attirer l’attention. On n’avait pas l’habitude de voir un homme habillé d’un gilet… pare-balle. Les premières informations sur le bodyguard de Ravalomanana sont lâchées. C’est un ancien champion du monde de kick boxing qui est devenu par la suite un spécialiste de la protection rapprochée de hautes personnalités. Ce qui ne l’a pas empêché de décrocher une deuxième fois le sacre mondial.
L’aura de son garde de corps a donné plus de prestige au candidat Ravalomanana. C’est sur la place du 13 mai que celui que le public appelle désormais par son prénom a volé la vedette à bien de politiciens. Jean Marc était malgré lui l’attraction qui motivait les jeunes femmes à venir sur la place de la démocratie. On a cru que l’affirmation selon laquelle le garde de corps a influencé le vote des femmes au profit du candidat de Tiako i Madagasikara était une exagération. En tout cas, une étude réalisée par une institution universitaire bien cotée à Tanà l’a confirmé tout récemment.
Jean Marc Koumba a exploité sa notoriété de champion du monde pour organiser deux éditions de La nuit des arts martiaux à Tanà. Il a même fait une petite démonstration lors de la première édition. Ce qui a déjà provoqué bien de remous parce qu’ « un garde de corps ne devrait pas dévoiler sa technique de combat ». Jean Marc avait tellement de projets pour les jeunes malgaches en particulier les pratiquants d’arts martiaux. Il voulait mettre en place un centre d’entraînement qui pourrait accueillir les combattants appartenant à l’équipe nationale, toutes disciplines confondues.
A part les arts martiaux, la moto est la grande passion de Jean Marc. Sur sa grosse BMW, il ne passe pas inaperçue dans les rues Tanà. Les médias font état de la manière spectaculaire avec laquelle le bodyguard s’est sorti indemne d’une collision avec une voiture en sautant de sa moto. C’est finalement cette passion, très mal vue du côté de la présidence, qui lui aurait porté préjudice. Suite à un petit accident, Jean Marc s’est fait mal à un pied. Pouvant difficilement marcher et ayant eu un certificat médical, il ne s’est pas embarqué pour Les Seychelles en compagnie de la famille présidentielle qui allait y passer quelques jours de vacances…
Sans le charisme de Jean Marc Koumba ni celui du sud-africain Adrian Burrow – l’homme blanc au crâne chauve qui a donné sa démission il y a plus d’un mois
– la garde rapprochée du président a perdu de sa superbe. On évoque l’énorme différence de salaire entre ces professionnels étrangers et les éléments issus des forces de l’ordre malgache. D’après sa compagne, Jean Marc est payé en Ariary et touche moins de l’équivalent de 2 000 euros par mois. Quoiqu’il en soit, il ne s’habille pas chez le même tailleur que ses anciens collègues malgaches. Du temps du Président Albert Zafy, des instructeurs français ont formé des gardes de corps professionnels au service de la présidence de la République. Au retour de Didier Ratsiraka au pouvoir, ceux-ci ont réintégré des services administratifs du ministère de la Défense.
Aujourd’hui, la garde présidentielle est composée d’éléments anonymes des forces de l’ordre qui n’ont pas une vie publique. Ils ont un look assez dissuasif et personne ne risque de leur demander un autographe. Jean Marc était supposé être l’ombre de son employeur. A-t-il fini par faire de l’ombre à ce dernier ? En tout cas, les hommes malgaches se sont débarrassé d’un rival virtuel. Ils n’auront plus à supporter les manifestations de sympathie débordante de leur compagne envers celui qui représenterait aux yeux de celle-ci la perfection au masculin. Pour être fair-play, on lui dit : « au revoir champion » !
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