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Iavoloha
.... le langage
de l’action terrassé par le bon vieux « kabary
»
La cérémonie de présentation des vœux des
Corps constitués au Chef de l’Etat a permis
au peuple malgache de voir ses Chefs d’Institution
rivaliser dans l’art de la rhétorique. Le président
du Sénat a été le vainqueur, jonglant mieux
avec les dictons malgaches que son homologue
de l’Assemblée nationale. Jacques Sylla et son
langage de l’action, dans le genre « si c’est
impossible, ce sera fait » et sans langue de
bois, n’a pas vraiment convaincu en citant des
références inattendues à l’image du film « Danse
avec les loups ». Voici ce qu’il faut retenir
de ces trois interventions.
Selon le président du Sénat, les réalisations du pouvoir en 2004 ont été ternies
par le fait qu’une partie de la population a
souffert du coût de la vie, notamment de la
hausse du prix du riz. Et lui de rappeler la
célèbre citation du roi Andrianamponimerina
selon laquelle un dirigeant ne sera pas respecté
si le peuple a faim. Rajemison Rakotomaharo
a reproché aux responsables concernés de ne
pas avoir prévu la pénurie de riz à tel point
que ce soit le président qui doit régler le
problème.
Il a rappelé les mots du Chef de l’Etat, qui a soulevé à l’époque une petite
polémique, à savoir, « l’argent existe mais
on ne sait pas comment l’utiliser ». « Utilisez
le maintenant comme il faut… Démontrez que nous
savons utiliser tout cet argent et que les citoyens
en reçoivent les bénéfices » a réitéré le
président du Sénat. Ce dernier a encouragé le
Président de la République à remplacer les «incompétents
» au sein de l’Exécutif.
Lahiniriko Jean a rappelé le rôle de
contre-pouvoir de l’Assemblée nationale. Plus
de 2000 questions ont été posées au gouvernement.
Il y avait des critiques, des témoignages de
reconnaissance, des remerciements et des propositions.
Le président de l’Assemblée a rapporté le souci
des parlementaires concernant les ressources
minières. Il souhaite la venue d’une grande
compagnie internationale pour l’exploitation
rationnelle de ces ressources.
Le président de la Chambre basse propose l’implication des responsables au niveau
des quartiers afin de contribuer à la sécurisation
du territoire. « L’Exécutif a travaillé...
il reste beaucoup à faire » a conclu Lahiniriko
Jean. Il a soulevé des efforts supplémentaires
à entreprendre en faveur des pauvres et des
paysans. La croissance « a fait mentir la
marmite » car elle n’a pas eu d’impact sur
la majorité, a-t-il ajouté, philosophe.
Le premier ministre qui a pris la parole avant les deux Chefs du pouvoir Législatif
ne s’attendait pas à faire l’objet de critiques
parfois acerbes. Il a pourtant rappelé les réalisations
de 2004 et a présenté les grandes lignes de
l’action du gouvernement pour l’année 2005.
Toutes les conditionnalités vis-à-vis des bailleurs
de fonds dans le cadre du DSRP ont été
réalisées, a réitéré Jacques Sylla qui
se félicite de l’atteinte du point d’achèvement.
Le chef du gouvernement rappelle les actions du pouvoir dans la mise en place
d’un Etat de droit. La bonne gouvernance notamment
dans la gestion du budget de l’Etat, la décentralisation
et la lutte contre la corruption est un effort
permanent. Le gouvernement a fait un effort
contre les fraudes à l’exportation des ressources
minérales a affirmé Jacques Sylla. Ce dernier
a fait savoir à l’assistance l’attention particulière
du gouvernement envers les personnes âgées,
les enfants scolarisés et les sans emploi à
travers divers projets.
L’année 2005 sera marquée par l’entrée de Madagascar dans le marché commun
SADC, par la construction d’un backbone national
de fibre optique, ainsi que par l’amélioration
de la stratégie pour la réduction de la pauvreté.
Le taux de croissance sera largement supérieur
à 3%, l’inflation maîtrisée en dessous de 6%
et la fluctuation des taux de change à moins
de 2,5% par mois. Le programme présidentiel
nécessite du courage, de la patience et du travail
et le gouvernement est prêt à relever le défi,
devait conclure Jacques Sylla.
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