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Moralité et sécurité obligent
.... douche
froides pour la nuit à Tanà
Mesure de sécurité, prévention contre le
sida, retour vers une bonne moralité… les raisons
sont aussi nombreuses que complexes pour expliquer
les nouvelles limites de la liberté que l’on
veut imposer aux citoyens tananariviens. Alors
que les apparences rappellent des formes de
répression d’un autre temps, il s’agit tout
simplement de faire le ménage.
Les rues de Tsaralalàna, le cœur des quartiers chauds de Tanà, n’ont
plus l’ambiance d’antan. C’est là que les forces
de l’ordre ont commencé le grand nettoyage.
A part le systématique contrôle d’identité,
on a relevé des arrestations pour consommation
de drogue ou d’alcool, attentat à la pudeur,
dégradation de biens publics. La police resserre
aussi l’étau sur les prostituées et rejoint
l’initiative enclenchée par les responsables
des quartiers de Tsaralalàna mais sans grand
succès.
Les responsabilités des parents sont désormais engagées quand leur enfant mineur
est contrôlé par la police dans la rue ou dans
un établissement de loisirs. Par ailleurs, les
responsables de ces lieux sont de plus en plus
vigilants et contrôlent eux-mêmes les jeunes
gens susceptibles d’être des mineurs. Les quartiers
d’Analakely, de Behoririka et
des 67 Ha sont aussi concernés par ce
grand nettoyage. Ces lieux de fortes agitations
nocturnes sont en effet devenus des zones de
non droit. La vente d’alcool illicite était
au centre de diverses activités marchandes.
Il y a aussi les bars qui se transforment en
boîte de nuit en plein quartier d’habitation.
Les barrages de police installés dans les quartiers de la capitale sont parfois
impressionnants. Les forces de l’ordre ne se
contentant pas de faire des rondes, des dizaines
de noctambules sont embarquées chaque week-end
dans le camion dont l’apparition au coin de
la rue fait toujours un peu peur. La répression
et les contrôles créent en effet un désagrément
chez les personnes qui ne sont pas en infraction.
Pour éviter la psychose, la police libère les
gens après vérification de leur identité. En
deux mois, ils sont plus de 350 à avoir
passer au moins une partie de la nuit à l’hôtel
de police.
Ce n’est tout de même pas la fin du monde. Au contraire, nombreux sont ceux
qui apprécient ce grand nettoyage afin que la
nuit à Tanà soit plus saine et sécurisée. Il
faut dire que ceux qui affirment être de vrais
noctambules ont parfois de mauvaises réputations
en créant les rassemblements « sauvages
» qui dégradaient les lieux et mettaient parfois
en danger la vie d’autrui. Il n’est point question
de couvre-feu ! De même, les mineurs ne sont
pas interdits de sortie s’ils sont accompagnés
de leurs parents. L’on s’achemine tout doucement
vers la suppression des loisirs nocturnes en
plein air qui sont difficiles à réglementer.
Si la police a commencé le travail, la pluie
va bientôt prendre le relais. Les nuits à Tanà
risquent d’être froides.
Maherizo
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© MADANIGHT.com., Madagascar, Décembre 2004
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