Pour Olivier Robinson, Madagascar ne peut pas envisager le développement sans l’appropriation et la vulgarisation des TIC. «
Il ne s’agit pas de dire oui on va le faire mais pour l’instant on est pauvre. La mondialisation nous le dicte » devait-il affirmer. Selon le DGTIC, le budget ou le financement de l’e-gouvernance ne sera pas un grand problème. «
Ce qui manque c’est la vision commune, la coordination et un plan qui permet aux gens de travailler ensemble ».
Le plan pour l’e-gouvernance sera exécuté pour la période 2005-2007. L’objectif est de «
redonner à Madagascar une connectivité qui existait déjà dans les années 60 mais qui est malheureusement en train de mourir faute de politique adaptée », souligne Olivier Robinson. Après la mise en place de l’infrastructure notamment le backbone en fibre optique, le gouvernement va procéder à la fourniture d’équipement et de connexion pour tous les responsables à partir du chef de service. L’e-gouvernance sera pilotée par une agence centrale qui regroupe plusieurs entités : l’académie de l’e-gouvernance pour la formation et le recyclage, le centre de développement qui traite des contenus, des applications et des portails, le centre informatique qui va abriter les différents serveurs, un laboratoire TIC pour les dépannages et enfin des bureaux et facilités. Le coût de l’installation de cette super-agence est estimé à 7 milliards Fmg. Le budget pour l’achat des équipements peut varier entre 60 et 300 milliards Fmg selon les options. Le matériel acheté sera fonction de l’usage dont il fera objet. Il y aura donc beaucoup de matériel d’occasion. Aujourd’hui, c’est plutôt « qui peut faire plus peut faire moins ».
Internet, téléphone, visioconférence…
la connectivité en démonstration lors du salon
E-Bit 8
La bonne gouvernance figure parmi les trois axes de développement du gouvernement au même titre que l’amélioration de la qualité de vie et la croissance économique. Parmi les enjeux figure l’appropriation et l’utilisation des TIC par l’administration aussi bien dans son fonctionnement interne que dans son interaction avec ses clients qui sont les citoyens et les entreprises. «
Nous sommes dans un secteur qui se développe très vite, les lois doivent évoluer » souligne le DGTIC. Il soulève certaines incohérences comme la détaxation qui concerne les ordinateurs et ne touche pas les pièces et composantes. Le cadre réglementaire et fiscal sera l’un des axes stratégiques. Il est sera accompagné par le développement des infrastructures et des ressources humaines. «
Il faut beaucoup de contenus et d’applications, sinon la mise en réseau sera inutile » prévient Olivier Robinson. A quoi cela nous avancerait de construire des autoroutes si le trafic sur nos étroites routes nationales est loin d’être encombré ?